L’épéiste Yannick Borel s’est imposé au Grand Prix de Doha le 27 janvier 2019. Le champion du monde et triple champion d’Europe raconte son retour au plus haut niveau après six mois d’absence pour blessure. 

Le champion guadeloupéen a signé son retour à la compétition de la plus belle des manières. Invaincu depuis mai 2016, Yannick Borel a brillé lors de la finale du Grand Prix de Doha. Il a remporté la médaille d’or sur un score sans appel : 15 touches à 4 face à l’Espagnol Yulen Peirera. L’épéiste ultramarin revient sur son parcours et sa dernière victoire au Qatar.

https://twitter.com/YannickBorel/status/1089846102667476992

Mediaphore : Une blessure au poignet vous a éloigné de la compétition durant quelques mois. Dans quel état d’esprit avez-vous abordé ce Grand Prix de Doha?

Yannick Borel : Cette manche de la Coupe du monde a un coefficient important pour le classement mondial. J’ai beaucoup de points à la fin de la saison donc j’ai pratiquement la certitude d’être n°1 mondial jusqu’à la fin. Je n’avais pas de pression à ce niveau-là. J’avais plus de pression au niveau de mes sensations, parce que je n’avais pas pu faire de semaines complètes d’escrime. Mais comme m’a bien dit ma femme: “l’escrime c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas”. En effet, ça s’est vérifié à Doha. Une fois sur la piste, je me suis concentré sur ce que j’avais à faire et j’ai réussi à exprimer mon meilleur niveau.

Yannick Borel © Bizzi - FIE
Yannick Borel, Doha l © Pizzi, FIE

Mediaphore : Avez-vous eu des moments de doute durant ce Grand Prix au Qatar?

Yannick Borel : Le doute on l’a toujours un peu. Tant qu’on n’a pas mis la dernière touche, on ne connaît pas l’issue du match. Le doute m’a sans doute fait me concentrer encore plus pour assurer le résultat, pour assurer la victoire. J’avais un petit doute aussi au niveau de mon poignet. Je me demandais s’il allait tenir sur toute la compétition. Finalement oui. Ça montre donc que je me suis remis à ce niveau-là, même si je ne suis pas encore à 100%. C’est normal, les blessures au poignet mettent du temps à se résorber complètement. J’ai eu des doutes oui, mais pas assez pour flancher.

Yannick Borel © Bizzi - FIE
Yannick Borel, Doha l © Pizzi, FIE

Mediaphore : Votre palmarès est stupéfiant : champion du monde en titre, triple champion d’Europe. De quoi rêvez-vous, actuellement? Quels sont les prochains challenges à relever?

Yannick Borel : J’ai encore envie de gagner les médailles que j’ai déjà remportées. C’est l’amour de la compétition qui me fait continuer. C’est l’amour de l’escrime. J’aime l’épée, j’aime ce que je fais. Me confronter aux meilleurs, c’est aussi montrer aux meilleurs que j’en fais partie. Il y a cette médaille olympique que je n’ai pas encore obtenu en individuel et que je veux aller chercher. D’abord il y aura Tokyo, et puis derrière Paris. Ce sont deux challenges que j’ai en ligne de mire. Ce sont mes horizons. Tout ce que je fais avant, ce sont des étapes pour être le meilleur là-bas.

Mediaphore : Les jeunes Guadeloupéens ont des étoiles plein les yeux face aux victoires de champions ultramarins tel que vous. Comment avez-vous découvert cette discipline?

Yannick Borel : J’ai découvert l’escrime à l’école. Ça m’a tout de suite beaucoup plu. Il y avait déjà Laura Flessel qui était une grande championne en Guadeloupe. Je ne sais pas si ça m’a influencé, mais ça montrait en tout cas qu’en étant Guadeloupéen, on avait sa chance. Si elle y était arrivé, d’autres pouvaient y arriver aussi. Je me suis pris de passion pour ce sport, donc ça a été facile pour moi de rêver que je pouvais intégrer l’Equipe de France. Une fois que j’avais ces rêves-là en tête, j’ai été bien accompagné par mes parents et par une série d’entraîneurs en Guadeloupe qui m’ont permis d’accéder au plus haut niveau national. Après cette étape, il fallait transférer tout cela au niveau international. Ça n’a pas été simple au début, mais ça s’est construit petit à petit et aujourd’hui j’en suis là.

Mediaphore : Si vous aviez un message à faire passer aux jeunes générations qui rêvent de devenir champions d’escrime comme vous, lequel serait-il?

Yannick Borel : Je leur dirais que quel que soit le domaine, en escrime et dans tout ce qu’ils auront envie d’entreprendre dans la vie, il faut y croire. Il faut y aller. Par contre il faut savoir se sacrifier.

Il faut beaucoup travailler et tout est possible.

 

On n’a pas de temps à perdre. Ce n’est pas parce qu’on est sur une île à 8h d’avion de Paris qu’on ne peut pas y arriver. On n’a pas de limite, et ça il faut se mettre ça dans la tête. Si j’ai une ambition, je dois tout donner pour y arriver.

 

 

 

 

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