Noël créole
Conté Nwèl, © Ka Fraternité

L’association ultramarine Ka Fraternité fait vivre l’esprit de Noël créole en Métropole depuis une dizaine d’années. Créée en 2000 pour rassembler des Guadeloupéens autour du ka en région parisienne, l’association promeut aujourd’hui Gwoka (musique traditionnelle) et Gwo siwo (tradition carnavalesque) dans l’Hexagone.

L’association Ka Fraternité a fêté ses 18 ans en avril dernier. Au départ, l’idée était de réunir des personnes originaires de Guadeloupe autour du Gwoka. L’objectif était de partager des moments de convivialité. Le Gwo siwo est venu se greffer au projet avec les « groupes à po » en période de carnaval. Le président de l’association « Ka Fraternité » Rony Lengrai nous a accordé un entretien à quelques heures du réveillon. Il revient sur l’esprit de Noël créole, sur l’essor de la culture créole en Métropole et sur les ambitieux projets de l’association en 2019.

Mediaphore : De nombreux ultramarins vont fêter Noël loin de leurs territoires d’origine. Ici ou « là-bas », quels sont les ingrédients d’un Noël créole traditionnel réussi d’après Ka Fraternité ?

Rony Lengrai : Pour un Noël créole réussi,  il faut une base culinaire traditionnelle avec notamment notre boudin, notre jambon créole. Ensuite, il faut un bon « Chanté Nwèl », ce qu’on sait très bien faire à Ka Fraternité. Après, Noël c’est surtout le partage, la réconciliation. Je me souviens qu’avec les voisins, même si on était fâché toute l’année, Noël c’était une période qu’on passait ensemble. Ka Fraternité a ce même esprit de partage pour être bien ensemble.

Mediaphore : Les « Chanté Nwèl » connaissent un essor dans l’Hexagone durant les fêtes de fin d’année. Quel est le regard de Ka Fraternité sur la place accordée aux cultures régionales en métropole et plus spécifiquement sur la place accordée à la culture créole?

Rony Lengrai : Il y a plus de « Chanté Nwèl » grâce à un projet monté avec la région Ile-de-France. Ils financent les associations ultramarines ou autres qui veulent organiser un « Chanté Nwèl » traditionnel. La région organise un concours et ça incite de nombreuses associations à faire leur « Chanté Nwèl ».

Nous à Ka Fraternité, ça fait des années qu’on organise nos « Chanté Nwèl » dans l’esprit traditionnel. Les gens ramènent à boire et à manger, comme on dit en créole « kanari kolé ». On a notre groupe de musiciens. Nous nous sommes inscrits parce que ça rentrait dans le cadre de l’esprit Ka Fraternité : un vrai Chanté Nwèl traditionnel, pas d’entrées payantes …

Chanté Nwèl Ka Fraternité, © Ka Fraternité 

Et sinon, pour la place de la culture créole, il y a eu un événement majeur : l’entrée du Gwoka au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Mediaphore : Nous savons la place déterminante qu’occupe le Gwoka dans la tradition guadeloupéenne, à Noël, notamment. Avez-vous observé un essor du Gwoka hors des territoires ultramarins depuis cette inscription au Patrimoine mondial de l’Unesco?

 Rony Lengrai : Ça commence à venir, mais c’est encore timide par rapport au titre « Patrimoine mondial de l’UNESCO ». Les autres communautés ici sont encore un peu réticentes. Dès que les gens découvrent le Gwoka ils sont joyeux parce que c’est festif. C’est vrai qu’avec le Gwoka on a tout ce qu’il faut : joie, peine. C’est timide mais ça progresse.

Comme vous le voyez, il y a maintenant des écoles de Gwoka partout, il y a des choses qui se développent. A l’association Ka Fraternité, on met en place des cours avec des enfants, des débutants; nous avons aussi des confirmés.

Mediaphore : Que peut-on souhaiter à Ka Fraternité pour 2019?

Rony Lengrai : Eh bien, que ça perdure. Je souhaite ça pour Ka Fraternité, mais pas seulement. Avec l’esprit qu’on a à l’association, je souhaite ça pour tout le monde en fait. Il n’y a pas que nous. On n’est pas dans un combat. On est justement dans le partage des choses. Je souhaite que ça se passe très bien pour tout le monde pour l’année 2019, et que tout le monde réussisse dans les projets entamés.

Nous on en a pas mal à développer. En 2019, on a un projet de comédie musicale créole. On l’a fait en 2015 à Bussy-Saint-Georges mais on va le faire bouger dans les régions, il va se déplacer en province. Si on arrive à avoir les moyens pour les Antilles aussi, on va essayer d’honorer chaque demande. On a aussi un projet d’album à mettre en place. C’est déjà pas mal. En 2019, on veut continuer à partager la culture créole, faire évoluer les enfants et tous ceux qui débutent.

Noël créole
© Ka Fraternité

 

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