En entrant sur le marché du travail en Guadeloupe, quatre actifs sur dix sont en situation de déclassement scolaire. Leur niveau de formation initiale dépasse le niveau normalement requis pour l’emploi occupé. D’après l’Insee, cette surqualification pour les postes occupés s’explique par des facteurs divers. 

On retrouve une plus grande proportion de jeunes actifs en situation de déclassement scolaire dans les catégories socioprofessionnelles les plus modestes. Ainsi les cadres, les professions intellectuelles supérieures et les professions intermédiaires sont relativement épargnées. En revanche, les ouvriers, employés, artisans, agriculteurs, commerçants ou chefs d’entreprise souffrent davantage de ce phénomène.

Face aux obstacles pour accéder à un premier emploi, une part des plus diplômés occupe un emploi inférieur à leur qualification. D’autres se lancent dans une activité indépendante. D’autres encore s’envolent vers l’Hexagone ou à l’étranger. Malgré ces éléments, un diplôme qualifiant reste une clé déterminante pour décrocher un premier emploi en Guadeloupe.

Des déclassements plus importants parmi les CSP modestes

Les non-diplômés représentent 30% des actifs en Guadeloupe contre 14% en Métropole. Ils sont majoritaires dans trois catégories socioprofessionnelles (CSP) sur cinq. Il faut savoir que dans une catégorie donnée, lorsque les personnes non-diplômées sont nombreuses, toutes les personnes titulaires d’un diplôme sont mécaniquement considérées comme déclassées. Cet effet s’avère notable dans la catégorie des ouvriers, des agriculteurs, des artisans, des commerçants et des chefs d’entreprises.

Déclassement scolaire

Le marché de l’emploi est restreint, en Guadeloupe. Seulement la moitié des 15 – 64 ans est en activité, lorsque les deux tiers de cette tranche de la population travaillent dans l’Hexagone (hors île de France). La concurrence entre diplômés est par conséquent rude. Les offres d’emplois insuffisamment variées, les jeunes actifs n’ont pas toujours l’opportunité d’exploiter toutes leurs compétences. Le déclassement scolaire s’explique aussi par un autre phénomène non mesurable. Certains qui préfèrent occuper un emploi en Guadeloupe, acceptent que ce poste soit en-deça de leurs qualifications.

Une génération plus touchée par le déclassement scolaire 

Autrefois, la génération senior trouvait du travail même sans diplôme. Les nouveaux titulaires de diplômes de niveau CAP ou BEP sont invités à choisir un diplôme qualifiant pour s’insérer plus aisément dans la vie active. En 2014, une étude de l’INSEE révèle que 37% des actifs en poste et des chômeurs ayant déjà travaillé en Guadeloupe occupent un emploi pour lequel ils sont surqualifiés. Dans l’Hexagone, cela représente cinq points de moins. L’accès à l’enseignement supérieur généralisé a augmenté la part des diplômés de niveau Bac et au-delà chez les personnes âgées de 21 à 64 ans. Les détenteurs du Bac, les actifs de niveau Bac + 2 et Bac + 5 sont ainsi les plus touchés par le déclassement scolaire.

Déclassement scolaire Guadeloupe
Taux de déclassement des Guadeloupéens selon le diplôme initial (en %), INSEE

La part des seniors sur le marché de l’emploi impacte aussi le déclassement des jeunes actifs. La vie active des plus de 55 ans s’allonge depuis la réforme des régimes des retraites de 2010. Les départs à la retraite ainsi repoussés ralentissent le renouvellement des générations sur le marché de l’emploi. La mutation économique de la Guadeloupe a également transformé l’offre de premier emploi pour les jeunes. Moins diversifiée qu’il y a 30 ans, elle propose une majorité d’emplois dans le secteur tertiaire. Certaines professions qui connaissent un essor ces dernières années demeurent peu attractives pour les jeunes : maçon, aide-soignant, infirmier, services d’aides à la personne.

Des opportunités à saisir pour les professions intermédiaires

L’accès aux emplois de cadres et aux professions intellectuelles supérieures s’avère limité en Guadeloupe. La mobilité y est moins élevée que dans d’autres catégories socio-professionnelles. Deux-tiers des professionnels de cette catégorie entament et achèvent leur carrière dans cette CSP.

Les titulaires de diplômes de niveau Bac + 3 ou Bac + 4 bénéficient quant à eux d’opportunités d’emploi dans la catégorie des professions intermédiaires. Il s’agit là d’une spécificité ultramarine. Leur déclassement n’est que de 6%. Les postes offerts par cette catégorie coïncident avec les diplômes des postulants. Un meilleur niveau de qualification que les Bac +2 permet aux débutants de décrocher leur premier emploi. Cette catégorie bénéficie, en outre, d’un taux de mobilité professionnelle élevé.

Déclassement scolaire Guadeloupe
Matrice de mobilité professionnelle – INSEE, 2014 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.