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Les deux pays collaborent sur un projet de traitement expérimental. Un vaccin, baptisé CimaVax, pour aider les malades atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules.

On n’arrête pas le progrès. Et la médecine en est l’illustre exemple. Des scientifiques cubains et américains travaillent de concert dans le développement d’un traitement contre le cancer du poumon non à petites cellules.

Son nom n’est pas inconnu puisqu’il a été plébiscité par le chef de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Mais le CimaVax, que le député a qualifié de « vaccin contre le cancer du poumon » n’en est pas un. Il s’agit en fait d’un traitement expérimental qui vise à freiner le développement de tumeurs cancéreuses existantes.

« La tumeur du cancer de poumon a besoin de l’EGF pour croître et proliférer, et ce que nous avons fait dans notre centre, c’est développer un produit qui génère des anticorps contre cette protéine », détaille Orestes Santos, chercheur au centre d’immunologie moléculaire à La Havane. « C’est une arme de plus dans la lutte contre le cancer, qui se combine avec d’autres armes thérapeutiques comme la chimiothérapie ». Et il ne concerne qu’un type de cancer : le cancer du poumon non à petites cellules.

Un partenariat avec un centre de recherche américain

En 2015, un centre de recherche contre le cancer basé à Buffalo (aux États-Unis) s’est associé à l’institut cubain pour travailler sur ce traitement « d’immunologie active ». Le partenariat devrait permettre à une coentreprise, installée près de la Havane (près du port de Mariel, ndlr) de voir le jour. « L’entreprise cubano-américaine vise à financer le développement (du traitement) et mener de nouveaux essais cliniques plus complets, plus grands sur le territoire nord-américain », explique Kalet Leon Monzon, vice-directeur du centre d’immunologie moléculaire de La Havane.

Le CimaVax est un traitement administré sous forme d’injections mensuelles, dans divers centres de santé cubain depuis 2011. Il a déjà fait ses preuves au Paraguay, au Pérou, au Sri Lanka, en Malaisie ou en Bosnie. Il aurait permis d’augmenter les chances de survie de plusieurs patients à un stade avancé de la maladie. « Plus de 5.000 patients dans le monde utilisent l’immunothérapie active avec le CimaVax » , indique le docteur Soraida Acosta Brooks, présidente du département d’essais clinique de l’hôpital de Santiago de Cuba.

« Un mécanisme unique »

Pour Nils Graber,  doctorant en anthropologie à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris et auteur d’une thèse sur l’innovation scientifique cubaine, Cuba est l’un des pays au monde les plus les plus novateurs dans la lutte contre le cancer. Néanmoins, « le traitement médiatique par rapport à Cuba est toujours binaire et manichéen, avec des annonces de découverte d’un traitement miracle (…) et de l’autre côté, des articles qui cherchent tout de suite à disqualifier les recherches cubaines » .

Selon le chercheur, il ne faut pas qualifier de « miraculeux » le traitement développé actuellement à Cuba. Pour lui, le CimaVax est « similaire à ce qui se fait ailleurs » en matière d’immunothérapie. D’autres scientifiques comme Doug Plessinger, responsable de développement scientifique à Roswell Park préfère qualifier  le CimaVax de « mécanisme unique » car, selon lui, le traitement « affame les cellules cancéreuses ».
Actuellement, les premiers tests menés sur des patients américains sont « très encourageants ». Mais, les scientifiques savent bien « qu’il faut produire beaucoup plus de données » pour que le traitement soit jugé comme étant efficace.

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