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Expert réputé en rhum, Ian Burrell était de passage en Guadeloupe à l’occasion de la Rum Factory Road*. L’«ambassadeur des rhums», basé à Londres, en a profité pour livrer son analyse de la filière dans le département.

Ian Burrell est un influenceur de la « rhumosphère », basé à Londres. Le jeune homme qui se définit en tant qu' »ambassadeur des Rhums », et dont l’expertise est reconnue de part le monde, était en Guadeloupe à l’occasion de Rum Factory Road. Il livre son analyse de la filière rhum en Guadeloupe.

Connaissiez-vous le rhum guadeloupéen avant de venir ici ?

La première fois que j’ai bu un rhum d’ici c’était il y a 12 ans.  Et c’était un rhum qui venait de la distillerie du Père Labat, un vieux rhum de 15 ans. À cette époque, le chef de mon restaurant m’avait dit « tu dois tester les rhums guadeloupéens », et je ne savais même pas que cela existait. Et ce Père Labat était complètement fou. Ce fut une révélation. Aujourd’hui c’est ma première fois en Guadeloupe, ma première expérience du rhum guadeloupéen en Guadeloupe. Et je dois dire que j’apprécie.

Alors quel est votre regard sur ces rhums ?

Eh bien je connais désormais les rhums martiniquais mais aussi guadeloupéens. Ce ne sont pas vraiment les mêmes d’un point de vue gustatif. Une autre différence c’est que les rhums guadeloupéens sont moins connus, on trouve moins d’informations à leur sujet que ceux produits dans l’île sœur.

Autrement dit, la Guadeloupe ne promeut pas ses rhums suffisamment ?

Ce que je dis c’est que la Guadeloupe pourrait en vendre plus à l’extérieur. La promotion de la production rhumière guadeloupéenne est importante en local et en France mais hors de ce périmètre, pas du tout. Hors, les amateurs de rhums apprécieraient fortement ces productions. Mais ils ne connaissent pas.

Mais en cas de marché important à l’export, la production serait-elle suffisante pour alimenter le marché local et le commerce extérieur ?

Oui bien sûr, parce que l’important n’est pas la quantité mais la qualité. Et la demande pour la qualité est forte. De plus, vous êtes sur une île : impossible de faire plus sous peine d’avoir des problèmes de réserves foncières. Donc si vous faites peu mais de qualité, la loi de l’offre et la demande fonctionnera : les prix monteront. D’autant que les amateurs de rhum sont prêts à mettre le prix dans certaines bouteilles. J’ai déjà vu des rhums se vendre à 10 000 euros la bouteille.

Cette augmentation des prix pourrait avoir une incidence sur la consommation locale…

Non, je ne pense pas parce qu’il y a un marché pour le local, avec des prix adaptés et une production adaptée : ici tout le monde boit du rhum agricole, du rhum dit « blanc », et le vieux entame à peine son entrée dans la popularité. Par ailleurs, la vente en local coûte toujours moins cher. Il existe aussi un marché pour l’export et pour des rhums premiums. Qui trouveront aussi leurs amateurs ici, sans aucun doute.

*Mediaphore est partenaire de la Rum Factory Road.

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