©Benjamin Sellier

Quarante-huit heures après leur départ de Saint-Malo, les solitaires de la Route du Rhum affrontent les tumultes annoncées de la météo. Blessures, chavirages, échouages et avaries, et mise à l’abri ponctuent la traversée. La fermeture de la ligne d’arrivée a été repoussée au 7 décembre prochain.

Au deuxième jour de course, les avaries se succèdent pour les skippers de la Route du Rhum. Quelques heures après son départ à bord de son voilier, C’ la Guadeloupe-Conseil Départemental (un monocoque de 50 pieds), Willy Bissainte s’est échoué sur l’île Rouzic , au large de Perros-Guirec. Le Guadeloupéen n’a toutefois pas encore renoncé à partir.

D’autres solitaires sont aussi bien mal en poing comme Dominique Rivard, avec une blessure au genou qui l’immobilise au moins quelques jours ou encore la voile avant déchirée de David Ducosson. Les difficultés techniques s’enchaînent pour les skippers, qui affrontent des conditions de mer qui leur compliquent la tâche. « J’ai passé une bonne partie de la nuit à fixer et refixer l’électronique qui, à chaque vague, tentait de rompre ses fixations et ses fils », indique le journal de bord d’Antoine Carpentier, qui navigue sur le Class 40 Beyonds the Sea.

Ce mardi, l’un des favoris de la course, Armel le Cléac’h, a chaviré vers 12h au large des Açores, après « la rupture du flotteur bâbord » de son trimaran Banque Populaire IX. Le skipper a été secouru dans la soirée.

Côté météo, « le front dépressionnaire continue sa route, il est passé ce matin sur un tiers de la flotte, avec des grains de 40-45 nœuds et une houle croisée de 5-6 mètres, explique Jacques Caraës, le directeur de la course. Ces conditions rendent les manœuvres difficiles et provoquent des avaries régulières, notamment au niveau des pilotes automatiques. Les changements de voile sont délicats et c’est pour cela qu’on constate des abattées très fortes.»

De nombreux bateaux sont en escale technique, comme en témoigne la page « où sont nos navires ? » du site de la course du fait d’avaries techniques, comme des démâtages, ou encore des problèmes de safrans ou de voies d’eaux.

Affronter la tempête

Plusieurs skippers se sont réfugiés dans les ports bretons pour affronter la tempête. « Au total, entre ceux qui se sont arrêtés et ceux qui sont en route pour se mettre à l’abri, on compte 36 bateaux, dont trois à Roscoff, deux à L’Aber Wrach, sept à Camaret, sept à Brest, un à Loctudy, quatre à Bénodet, deux à Concarneau, quatre à Lorient et trois à La Trinité-sur-Mer, raconte Jacques Caraës. A noter qu’aucun marin ne nous a signifié jusqu’à présent son abandon. Quand repartiront-ils ? Difficile de le savoir, parce qu’une deuxième puis une troisième dépression sont annoncées en milieu et en fin de semaine.

Mais nombreux restent les voiliers à continuer de descendre vers l’Espagne avant de se lancer vers le grand large pour rallier Pointe-à-Pitre, toujours déterminés. De plus, la fermeture de la ligne d’arrivée prévue le 2 décembre prochain a été décalée de cinq jours.

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