© drapeau indépendantiste de la Nouvelle-Calédonie / Pixabay

Ce dimanche 4 novembre, tous les regards seront tournés vers la Nouvelle-Calédonie. 174 574 électeurs devront se prononcer en faveur ou contre l’indépendance de l’archipel.

Cent soixante-cinq ans après sa colonisation, l’histoire de la Nouvelle-Calédonie et la France s’apprête à connaître un nouveau tournant. Les 174 574 électeurs du territoire vont se prononcer en faveur ou contre l’indépendance de l’archipel, dimanche 4 novembre lors de la tenue d’un référendum d’autodétermination.

● Pourquoi la tenue de ce référendum d’autodétermination en Nouvelle-Calédonie?

Dans les années 80, la Nouvelle-Calédonie est le théâtre de violences surnommées sobrement « les Événements » (en référence à la guerre en Algérie), entre les loyalistes (les Caldoches désignés comme les descendants des premières générations de colons européens), les indépendantistes (les Kanaks) et les forces de l’ordre. La prise d’otages d’Ouvéa sera le point culminant de la situation.

Du 22 avril au 5 mai 1988, C’est pendant cette période qu’à lieu la prise d’otages d’Ouvéa : 22 gendarmes et un magistrat sont pris en otage dans la grotte de Gossanah (au nord de l’île d’Ouvéa). Le bilan de l’assaut donné par la gendarmerie pour libérer les otages sera lourd : 19 Kanaks tués et 2 militaires.

Suite à ces événements traumatisants sont conclus les accords dits de Matignon, signés le 26 juin 1988. Plusieurs partis sont signataires de cet accord, dont le FLNKS représenté par son président, le Kanak Jean-Marie Tjibaou et la délégation loyaliste dirigée par le député Jacques Lafleur sous l’égide du gouvernement français de Michel Rocard, dans la volonté de « bâtir un destin commun » entre toutes les communautés du territoire. Ces accords prévoient la tenue d’un référendum dix ans plus tard et amnistient par la même occasion les massacres d’Ouvéa, interdisant tout procès sur la mort des 2 gendarmes et des 19 indépendantistes kanaks.

Le 5 mai 1998, un nouvel accord sera conclu : « l’Accord de Nouméa », sous l’égide du Premier ministre de l’époque, Lionel Jospin. Il prévoit la tenue du référendum d’autodétermination entre 2014 et 2018. Le texte indique que : « au terme d’une période de vingt années, le transfert des compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité seront proposés au vote des populations intéressées ». D’où la tenue du référendum dimanche 4 novembre.

Qui sont les électeurs de ce référendum ? 174 154 personnes pourront voter ce dimanche car elles font partie de la liste électorale spéciale pour la consultation (LESC). Il faut savoir qu’en Nouvelle-Calédonie, il existe deux autres listes qui sont exclues de ce vote : la liste électorale générale (LEG) qui permet de voter aux élections municipales, législatives et présidentielles et la liste électorale spéciale provinciale (LESP) aux élections provinciales.

● Et si le « oui » l’emporte ?

Si le « oui » est majoritaire le 4 novembre prochain, le « Caillou » passera de l’autonomie à la « pleine souveraineté ». Cela se traduira par « le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité ». Le gouvernement explique également qu’« en tant que nouvel État, la Nouvelle-Calédonie devra poser les fondements du nouvel État et adopter sa Constitution afin de définir ses institutions et de garantir les libertés individuelles. »

Cependant, attention, une fois le « oui » voté, la Nouvelle-Calédonie ne deviendra pas indépendante immédiatement. Ainsi, « les autorités de la France et celles de la Nouvelle-Calédonie se mettront d’accord pour fixer un calendrier et les modalités du transfert des compétences de la France au nouvel Etat », précise le gouvernement calédonien. En outre, la date qui marquera la fin de l’appartenance de la Nouvelle-Calédonie à la France sera choisie d’un commun accord entre les deux pays. Suite à cela, le gouvernement de Nouvelle-Calédonie devra déclarer publiquement son indépendance, ce qui permettra d’établir de nouvelles relations diplomatiques avec les autres États.

Que se passerait-il en cas du victoire du « non » ?

C’est aujourd’hui l’issue la plus probable, selon les derniers sondages. La Nouvelle-Calédonie restera un territoire français. Les Calédoniens conserveront la nationalité française ainsi que la citoyenneté française et européenne.

Toutefois, l’accord de Nouméa prévoit la possibilité d’organiser une deuxième consultation deux ans après le référendum du dimanche 4 novembre.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.