Du 15 au 17 novembre se tiendra en Guadeloupe le Caribbean Location Road Show, un événement sensé rassembler autour d’un même décor, celui de l’archipel, les professionnels du cinéma de la Caraïbe et d’ailleurs. L’objectif ? Développer le ciné-tourisme mais aussi la production cinématographique en Guadeloupe.

C’est une opération conjointe du Bureau d’Accueil des Tournages de Guadeloupe (BAT), du comité du tourisme des îles de Guadeloupe (CTIG) et de la Région : le Caribbean Location RoadShow se tiendra du 15 au 17 novembre et réunira les professionnels du cinéma autour d’un événement que l’organisation veut majeur. « L’ensemble des commissions des films se retrouvent sur trois grands rendez-vous annuels : Los Angeles, Paris et Londres, indique Tony Coco-Viloin, le directeur du BAT. Nous voulons créer le quatrième. ». Pas moins. Avec une visée claire : faire connaitre la destination Guadeloupe aux cinéastes d’un peu partout, et vendre le territoire comme un décor de film, de fiction, ou de postproduction.

« Pas de décor, pas de film », martèle-t-il, en présentant l’un des dispositifs de l’événement : un cyberbus où tout un chacun pourra venir inscrire sa maison, son jardin ou son salon comme décor potentiel à louer. L’événement prévoit aussi de faire faire un tour de l’île aux invités pour prouver le potentiel local d’accueil de scènes de cinéma : distilleries, infrastructures, parcs, forêt, plages, etc… « Par ailleurs, on vise les 300 jours de tournage par an sur le territoire », rappelle Tony Coco-Viloin, qui en compte pour l’heure 220.

Le B to B du cinéma

La réflexion qui précède cet événement business to business ? Un article de The Verge qui met sur le podium de la plus large variété du catalogue Netflix la Guadeloupe et la Martinique… juste derrière les États-Unis. « Les fournisseurs de programmes pistent la consommation de contenu à plus de 50 millions de téléspectateurs », avance-t-il, prenant comme exemple la série Death in Paradise, dont les 8 saisons ont été tournées dans le Nord Basse-Terre.

L’événement, qui se veut sélectif, et haut de gamme, entend bien favoriser les retombées économiques, notamment touristiques. « On ne sait jamais ce que l’on va ramener lorsqu’on lance une canne à pêche », analyse Tony Coco-Viloin, qui parle d’un investissement. Au total le budget investi pour l’événement est de 145 000 euros, répartis entre partenaires publics et privés. Une paille, au vu des ambitions des acteurs régionaux du cinéma qui souhaitent valoriser la filière guadeloupéenne, caribéenne, lancer des partenariats, créer de l’emploi, des formations, développer des entreprises, des circuits touristiques et faire augmenter les 8% de touristes d’affaires qui viennent chaque année poser leur attaché-case en Guadeloupe. Un projet appuyé par l’étude du Centre national de la cinématographie dont les chiffres viennent étayer le bien-fondé du ciné-tourisme.

Attention, risque de bévue culturelle

Avec quelques bémols tout de même : selon une étude réalisée par Alain Grenier, de  l’université du Québec au Québec, le ciné-tourisme n’a de retombées réelles et durables que si la production cinématographique devient culte, à l’instar de Sex and the City à New York ou du Seigneur des Anneaux en Nouvelle Zélande, ou encore Harry Potter en Grande-Bretagne, et que le flot de touriste ainsi appelé est maîtrisé. Par ailleurs souhaiter le succès des productions à tous prix, peut vite orienter les budgets vers un seul type de production au détriment de la diversité culturelle des oeuvres dites d’auteurs. Enfin la population doit s’approprier l’image véhiculée par le film et recherchée par les fans. « Le fan, devenu ciné-touriste, visite le lieu réel à la recherche de tous signes de l’irréel gravé sur la pellicule », écrit-il. Avec le risque dénaturer le patrimoine de la culture originelle du territoire d’accueil du tournage, ou d’enfermer celui-ci, dans une représentation perpétuelle qu’il ne sera plus autorisé à modifier, au risque de décevoir ses ciné-touristes.

 

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.