© Twitter/Annick Girardin

La ministre des Outre-mer, arrivée mercredi à la Réunion, a apporté des premières réponses aux « gilets jaunes » de l’île, concernant l’emploi, la fiscalité, la cherté de la vie.

Ras-le-bol, souffrance, mépris… Le mouvement de contestation des « gilets jaunes », en lutte contre la hausse du prix des carburants et la fiscalité, bouscule toute la France. À 9 386 km de la capitale, l’île de la Réunion fait entendre sa colère et entame son quatorzième jour de mobilisation, ce vendredi 30 novembre, pour dénoncer le coût de la vie, la fiscalité, le chômage des jeunes.

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, est arrivée sur l’île de l’océan indien mercredi pour répondre aux Réunionnais mobilisés. À son arrivée, jugée tardive par certains manifestants, elle a été accueillie par près de 200 riverains, désireux d’exprimer leurs revendications. Avec pour mot d’ordre : le dialogue. « Je suis là pour faire avec eux parce que c’est faire ensemble qui permettra à La Réunion de se relever de cette crise de plusieurs jours», a-t-elle déclaré. Elle est accompagnée d’Olivier Noblecourt, chargé de la mise en place du «Plan pauvreté» présenté en septembre par Emmanuel Macron et à qui elle a demandé de suivre plus particulièrement la situation de l’île.

La ministre a ensuite reçu durant plusieurs heures une délégation de « gilets jaunes », composée d’artisans, de demandeurs d’emploi ou encore pères et mères de famille. Leurs doléances ont été retransmises en direct dans les médias locaux. Le site les-gilets-jaunes.re recense par ailleurs plusieurs propositions.

Crèche, formation, hausse de la prime d’activité…

À l’issue de cette rencontre, Annick Girardin a annoncé une série de mesures. Dans un premier temps, la ministre des Outre-mer a rappelé les dispositifs nationaux qui entreront en vigueur le 1er janvier 2019. À savoir : la hausse de la prime d’activité de 360 euros par an, le montant de l’allocation adulte handicapé et celui du minimum vieillesse portés à 900 euros, la baisse de la taxe d’habitation pour 80% des foyers, le remboursement des équipements optiques et d’audition, pas de hausse de la CSG pour les retraités les plus fragiles.

Elle a ensuite divulgué des mesures spécifiques à la Réunion, concernant la famille, les jeunes et l’emploi. Des moyens additionnels seront alloués aux collectivités, en premier lieu, au département, « assortis d’exigence, de suivi et de résultats pour favoriser l’accès aux droits, le soutien aux jeunes et les politiques d’insertion ».

La ministre a également annoncé la création par la CAF de 1500 places de crèches à La Réunion ; quinze nouveaux centres sociaux de proximité, la baisse des produits alimentaires pour les bébés, l’instauration de petits-déjeuners gratuits dans les écoles dès l’an prochain. De plus, une offre de formation à tous les jeunes de moins de 18 ans sera proposée par les acteurs publics, des aides supplémentaires attribuées aux missions locales, la création d’une seconde école de la deuxième chance dans le nord de l’île, un plan d’investissement dans les compétences de 253 millions d’euros pour développer l’offre de formation avec la Région. La ministre a fait part de son souhait de doter le tissu associatif local d’une enveloppe à hauteur d’un million et demi d’euros pour accompagner les personnes en difficulté.

Barrages maintenus, commerces fermés

Jeudi, Annick Girardin s’est rendu dans plusieurs régions de l’île à la rencontre des Réunionnais. Elle était notamment très attendue dans la commune de Saint-Pierre, où des centaines de gilets jaunes rassemblés devant les grilles de la sous-préfecture, n’ont pas été convaincu par ses annonces de la veille. La ministre a plusieurs reprises à la levée des barrages et leurs conséquences sur l’économie locale. «465 entreprises réunionnaises avaient déjà demandé l’activation du chômage partiel pour plus de 6000 salariés», a-t-elle souligné.

À l’instar de la méthode qu’elle a appliquée à Mayotte, l’élu est allée au contact des manifestants malgré les critiques et échanges parfois houleux. « Soit vous me faites confiance, soit vous restez bloqués 3 mois », a martelé Annick Girardin, qui a ensuite reçu une délégation pendant plus de deux heures au sein de la sous-préfecture.

Au terme de sa deuxième journée de visite, Annick Girardin a dévoilé les contours de sa réforme pour les économies d’Outre-mer, chiffrée à 2,6 milliards d’euros. Elle prévoit notamment :
zéro charge autour du SMIC pour générer une économie de 40 millions d’euros en faveur des secteurs de la production locale
La création de 1900 emplois d’ici la fin de l’année, des contrats aidés ou PEC, 500 en CDI dans les entreprises
500 emplois pour les associations, attribués par Pôle Emploi
Le prolongement de la défiscalisation industrielle jusqu’en 2025
– la création d’une zone franche d’activité, où l’imposition sera 2 fois plus faible qu’à l’île Maurice

En somme, 500 millions d’euros bénéficieront au département entre 2019 et 2022 pour relancer l’activité et créer des emplois. Par ailleurs, les agriculteurs se sont engagés à former 200 jeunes par an et 50 dès à présent.

Une vingtaine de barrages resteront maintenus sur les principaux axes de l’île, ce vendredi. La plupart des commerces, des établissements scolaires dont l’université de la Réunion resteront également fermés. La ministre des Outre-mer n’a pas prévu de date de retour dans l’hexagone, à ce jour.

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