Présent dans le secteur de l’hôtellerie aux Antilles françaises depuis plus de 25 ans, le groupe Karibea Hôtels et résidences, chaine hôtelière des Caraïbes Françaises, a été fondé en 1991 par le groupe Florence Morgan. A la tête de cette société qui compte six établissements hôteliers en Guadeloupe et en Martinique et emploi plus de 400 personnes, Patrice Fabre, PDG du groupe.

Après quelques années difficiles, depuis début 2017, le groupe retrouve une bonne croissance et c’est pour en parler que nous avons rencontré Patrice Fabre au siège du groupe antillais, en Martinique.

Mediaphore : Tout d’abord, parlez-nous de la saison touristique 2017/2018 qui semble avoir sourit à votre groupe hôtelier ?

Patrice Fabre : D’abord l’année 2017 a été une très bonne année, vraiment une très bonne année, aussi bien en Guadeloupe qu’en Martinique et ce, dans toutes nos activités. La saison 2018 a très bien démarré et est très bien orientée et on a aussi marqué beaucoup de points. Ça fait très plaisir de voir beaucoup de clients et pendant le plus longtemps possible.

Mediaphore : Quand vous dites une très bonne année, sur quelles données vous basez-vous pour justifier cela ?

PF : Des taux d’occupation très élevés, des progressions de chiffre d’affaires très fortes, des progressions à deux chiffres et beaucoup d’activités, de séminaires, d’opérations diverses et variées et toujours autant de clients.

Mediaphore : Après une période difficile, votre groupe hôtelier reprend donc des couleurs ?

PF : On a connu des difficultés liées aux retards dans les travaux. On avait prévu de fermer pendant six mois, tout notre schéma était basé dessus et puis finalement, ça a duré un an et demi. Cette année supplémentaire nous a coûté une fortune. D’autant qu’on a voulu en profiter pour faire de la formation, pour former nos salariés en Guadeloupe et en Martinique. Nous avons voulu effectuer des investissements complémentaires notamment sur le mobilier, sur les parties communes et donc, tout cela a eu un coût. Nous sommes opérationnels depuis début 2017 et c’est vrai que depuis le début de 2017, ça fonctionne plutôt très bien.

« Si on veut se développer, si on veut avoir des touristes, il faut être connecté avec le monde entier. »

Mediaphore : Quels sont les profils des voyageurs qui résident au sein de vos établissements hôteliers ?

PF : Nous avons plusieurs hôtels. Nos hôtels sont des hôtels trois étoiles mais des hôtels loisirs et affaires sur la Martinique et la Guadeloupe. Nous avons aussi bien une clientèle touristique en provenance de la France métropolitaine, de l’Europe, des Etats-Unis, de la Caraïbe, qui vient pour les loisirs et puis beaucoup pour les affaires. Nous avons beaucoup de clients affaires qui résident au Squash, à Valmenière en Martinique et au Gosier, en Guadeloupe.

Mediaphore : Au-delà de la saison touristique, la période estivale semble tout autant importante pour vous ?

PF : Bien sûr. Nos hôtels sont ouverts toute l’année donc nous avons besoin de clients toute l’année. La clientèle métropolitaine vient plutôt en hiver et pendant l’intersaison, nous avons beaucoup de clients des Antilles et heureusement que nous avons cette clientèle qui représente un chiffre d’affaires très important. Proportionnellement, nous aurons bien plus de clients des Antilles en Juillet/Août que de clients en provenance de la France métropolitaine.

Mediaphore : Quels sont vos objectifs pour la prochaine saison touristique 2018/2019 ?

PF : Sur Janvier 2019 par exemple, sur certains hôtels nous avons déjà des réservations importantes en portefeuille qui augure une bonne saison touristique 2019 mais il est quand même un peu tôt pour être sur de soi. Nous nous basons sur des tendances avec des chiffres à date qui nous laissent penser que la prochaine saison sera une très bonne saison.

Mediaphore : Que pensez-vous de l’arrivée de nouvelles compagnies aériennes tels que la Norwegian qui connecte désormais Etats-Unis aux Antilles françaises durant la saison touristique ?

PF : C’est très important. Nous habitons sur des îles et nous devons être connectés avec le monde entier. Si on veut se développer, si on veut avoir des touristes, il faut être connecté avec le monde entier. Bien sûr avec les Etats-Unis, avec le continent nord-américain mais également avec l’Amérique du Sud, l’Amérique Centrale mais également avec l’Europe et donc pour moi, il faut développer le transport aérien. Si on développe le transport aérien, si les projets d’ouverture de lignes ont bien lieu, on parle de l’Argentine, on parle beaucoup de développement de hubs avec l’Europe, tout ça, c’est positif. Pour moi, il n’y aura pas de développement touristique sans développement de l’aérien.

« Il faut qu’on se retrousse les manches. »

Mediaphore : Le secteur de l’hôtellerie fait face depuis plusieurs années à une problématique majeure : l’invasion des algues sargasses. Quel est votre regard face à cette problématique ?

PF : Tout d’abord, il faut noter qu’il y a des sargasses au Mexique, en Floride, dans toutes les îles de la Caraïbe. Il ne faut pas penser qu’il y a des sargasses qu’aux Antilles françaises. Par chance, nos hôtels ne sont pas touchés puisqu’avec les différents courants, nous avons cette chance d’être préservés. Heureusement pour nous. Maintenant je suis très solidaire des collègues qui peuvent être touchés par l’invasion d’algues sargasses.

Mediaphore : Selon vous, quelle serait la meilleure posture à adopter face à cela ?

PF : Je pense que l’on ne peut pas tout attendre de l’État. Il est très important que nous martiniquais, nous guadeloupéens, nous antillais, tous ensemble avec nos collectivités, avec nos entreprises, avec des actions citoyennes, on se mette tous ensemble pour aussi lutter contre les sargasses. Il faut que l’on arrête de tout demander à l’extérieur. Il faut qu’on se retrousse les manches, qu’on fasse ce qu’il faut pour participer à la lutte contre l’invasion des sargasses et à l’amélioration de notre quotidien. On a des concitoyens dans des situations très compliquées, qui ont peu de moyens et qui souffrent. J’appelle vraiment à une solidarité complète, entreprises, collectivités, État, particuliers, tous ensemble, pour faire face à l’invasion.

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