Mayotte connaît une série de séismes depuis plus de deux mois. Une situation inédite, de par sa durée et son intensité, qui angoisse les habitants.

Depuis le 10 mai 2018, Mayotte est en proie à des épisodes sismiques à répétition. Le département a connu pas moins de 1400 tremblements de terre. Si les dégâts sont principalement matériels, ils inquiètent les Mahorais, victimes et impuissants face à la situation. La préfecture de Mayotte a indiqué que l’ « accalmie de l’activité ne signifie pas la fin du phénomène d’essaim (de fortes secousses suivies de répliques, ndlr) que nous observons depuis plusieurs semaines. Le phénomène est toujours en cours de surveillance ». Lundi 18 juin, un séisme notable de magnitude de 5.0 a été détecté par le Bureau des Recherches Géologiques et Minières (BRGM).

20 secousses ont été enregistrées sur une magnitude supérieure à 5 sur l’échelle de Richter et 140 sur une magnitude supérieure à 4. Mais « Il n’y aura pas de tsunami », a rassuré Didier Bertil , ingénieur sismologue au  Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) au journal La Croix. « Il faudrait des magnitudes supérieures à 6,5 et un mouvement vertical lié à la rupture pour provoquer la formation de vagues. Ces conditions ne sont pas réunies à Mayotte. » explique-t-il.

Comment expliquer ce phénomène d’une rare intensité et durabilité ? C’est le fruit d’une activité tectonique avec « une composante volcanique potentielle », à l’origine de secousses dont l’épicentre est situé à environ 50 km à l’est de Mamoudzou, selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Le territoire deMayotte était jusqu’ici classé en niveau 3 de sismicité (modérée). 

Depuis le 1er juin, les secousses sont plus intenses. « Nous sommes incapable de dire combien de temps cet essaim va durer », regrette Didier Bertil. Le sismologue avoue même que « les événements actuels dépassent ce que la communauté scientifique pouvait imaginer et vont l’obliger à une observation plus poussée ».

La délégation Outre-mer interpelle le gouvernement

Une délégation est montée au créneau pour demander « la mise en place d’une cellule d’aide médico-psychologique afin d’aider les Mahorais à surmonter cette nouvelle épreuve ». Elle a été activée au centre hospitalier de Mayotte, 7j/7, de 7h à 19h au 0269 64 71 48.

La délégation a reconnu que les autorités locales ont pris les mesures adéquates en fermant une partie des établissements scolaire. Toutefois, elle craint que ces fermetures n’empêchent les élèves mahorais de passer leurs épreuves de baccalauréat et brevet « dans de bonnes conditions ».

Les parlementaires souhaitent aussi « la mise en place d’une mission scientifique d’ampleur à l’instar de celle envoyée en Guadeloupe par l’Ifremer en avril 2017 » (qui devait étudier les réseaux de failles et les volcans sous-marins entre l’archipel des Saintes et l’île de La Dominique, ndlr). Le bilan des deux missions déjà envoyées sur place a été jugé « peu concluant » par la délégation.

Un capteur sismique a également été installé dans la mairie de Pamandzi (sud de l’île), le 15 juin dernier. Il enregistre l’activité sismique et envoie les données aux observatoires de l’archipel.

La situation à Mayotte doit permettre aux autres territoires des Outre-mer de garder une chose à l’esprit : aucune d’entre elles n’est à l’abri face à tremblement de terre. C’est donc pour cela qu’il est bon de se préparer, tout comme l’on se prépare à une saison cyclonique, et d’adopter dès à présent les bons gestes. Vous trouverez ci-dessous un petit graphique explicatif de l’attitude à adopter en cas de séisme.

© Préfecture de Mayotte

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