L'Habitation Bisdary à Gourbeyre en Guadeloupe. © gourbeyre-tourisme.fr

Le ministère de la Culture et la Fondation du patrimoine ont choisi 18 monuments emblématiques dans le cadre du loto du patrimoine. Parmi les sites emblématiques « en péril », qui bénéficieront des gains de cette loterie pour financer leur rénovation, cinq bâtiments sont situés en Outre-mer.

La maison d’Aimé Césaire en Martinique, l’Habitation Bisdary en Guadeloupe, la Maison rouge de Saint-Louis à La Réunion… Le ministère de la Culture a dévoilé, dans les colonnes du Figaro, la liste des 18 « sites emblématiques » prioritaires qui seront aidés par le nouveau loto du patrimoine, sur un total de 270 projets de restauration de « monuments en péril ».

Cinq des sites retenus sont situés en Outre-mer. Le concept de cette loterie – pour préserver des biens constituant l’héritage national – a été importé de Grande-Bretagne, par Stéphane Bern, nommé à la tête de la mission pour la sauvegarde du patrimoine en péril par Emmanuel Macron.

« Nous voulions avoir un monument emblématique par région, en métropole et Outre-mer », a expliqué Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, au Figaro. Autre critère de sélection : la diversité. « Les monuments choisis devant refléter les différentes facettes du patrimoine français: religieux, industriel, architectural, monumental… », précise la ministre. Enfin, « un critère d’urgence » en fonction de l’état de péril du bâtiment. 

Les sites prioritaires figureront sur les billets de loterie vendus 15 euros l’unité – le ticket le plus cher de l’histoire du loto en France -, le 3 septembre prochain. Un « super loto » aura lieu le vendredi 14 septembre prochain, avec un gain de 13 millions d’euros à l’occasion du week-end des Journées du Patrimoine. Pour chaque « ticket patrimoine » acheté, 1,52 euro sera reversé à la Fondation du patrimoine. L’État espère récolter de 15 à 20 millions d’euros. « Si le succès est au rendez-vous, cela pourra même s’étendre » et l’idée renouvelée.

Quels sont les cinq sites retenus en Outre-mer pour le Loto du patrimoine ?

  • La maison d’Aimé Césaire, à Fort-de-France en Martinique
© FRANCK FIFE/AFP/Getty Images

La demeure de l’homme politique et de lettres martiniquais est située à Redoute, à Fort-de-France (capitale de la Martinique). La Ville a fait de don de la maison à l’Institut Aimé Césaire. Avec les gains de la loterie, « l’aspect de la propriété datant des années 30 – jardins, véranda, murs, toiture – qui deviendra un musée » seront rénovés, détaille Raymond Saint-Louis Augustin, le président de l’Institut Aimé Césaire à L’officiel Martinique. Une bibliothèque serait également construite pour permettre aux visiter de « consulter des études produites sur la pensée d’Aimé Césaire ». La réalisation de ces travaux, estimés à un million d’euros, participera à la mise en place de la Fondation Aimé Césaire.

Deux autres projets en Martinique ont été reconnus « monuments en péril » par le ministère de la Culture : la maison Telle au Saint-Esprit et le fort de l’îlet à Ramiers aux Trois-Îlets. Ils bénéficieront de financements publics et privés, nationaux et locaux pour leur restauration.

  • L’Habitation sucrière Bisdary à Gourbeyre en Guadeloupe
L’Habitation Bisdary à Gourbeyre en Guadeloupe. © gourbeyre-tourisme.fr

Cette exploitation agricole est située à Gourbeyre sur la Basse-Terre. Elle a été bâtie au XVIIIe siècle par les Jésuites, grands propriétaires d’habitations et d’esclaves qui ont acquis le terrain en 1704.  L’habitation compte plus de 300 esclaves et s’étend sur près de 250 hectares. Elle devient une usine sucrière au début du XIXe siècle. L’habitation Bisdary est inscrite aux monuments historiques depuis 2007.

  • La maison du receveur des douanes à Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane
©Guyaweb

Cette propriété, située au bord du fleuve du Maroni, est classée monument historique depuis 2016. À l’origine, elle est composée d’un bâtiment principal et de dépendances (en ossature de bois, remplissage brique) et d’un jardin « à la française ». Touchée par un incendie, la maison est dans un état de dégradation avancée.

  • Sucrerie Soulou à L’Tsangamouji à Mayotte

Bâti en 1856, le domaine de Soulou, situé au nord-ouest de l’île, s’étend sur 400 hectares. L’exploitation et l’usine ont été en partie détruites par le passage d’un cyclone en 1898.

  • La Maison rouge de Saint-Louis à La Réunion
© Jean-Pierre Dalbéra/Flickr/CC

Le domaine de Maison rouge a été édifié au XVIIIe siècle. Il a abrité jusqu’en 1827, la famille Desforges Boucher, liée à la culture du café. Puis, une sucrerie jusqu’en 1896. Désormais propriété de la Région Réunion, le site a été classé monument historique en 2004. Depuis 2008, le Musée des Arts Décoratifs de l’Océan Indien (Madoi), labellisé Musée de France, est installé sur cet ancien domaine agricole.

La liste complète des autres monuments :

  • Maison de Pierre Loti, Rochefort (Charente-Maritime) ;
  • Fort-Cigogne, Fouesnant (Finistère) ;
  • Villa Viardot, Bougival (Yvelines)
  • Théâtre des Bleus de Bar, Bar-le-Duc (Meuse)
  • Château de Bussy-Rabutin, Bussy-le-Grand (Côte-d’Or)
  • Aqueduc romain du Gier et pont-siphon de Beaunant, Chaponost et Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône)
  • Pont d’Ondres, Thorame-Haute (Alpes-de-Haute-Provence)
  • Couvent Saint-François, Pino (Haute-Corse)
  • Ancien Hôtel-Dieu, Château-Thierry (Aisne)
  • Rotonde ferroviaire de Montabon, Montabon (Sarthe)
  • Eglise Notre-Dame, La Celle-Guénand (Indre-et-Loire)
  • Hôtel de Polignac, Condom (Gers)
  • Château de Carneville, Carneville (Manche)

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