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L’île a enregistré une forte construction de logis entre 2010 et 2015, selon une récente étude de l’Insee. Mais la moitié de ces demeures restent inoccupées, en raison de la baisse de la population.

Il y a de plus en plus de logis en Martinique. Mais ils sont à moitié… vides. Selon un récent rapport de l’Insee, le nombre d’habitations construites a doublé en trente ans. L’île, qui compte 210 000 logements, est d’ailleurs l’une des cinq régions françaises (derrière la Guyane, la Corse, La Réunion et la Guadeloupe) où la croissance annuelle du nombre de logements est la plus forte. Entre 2010 et 2015, la Martinique a enregistré la construction de 15 200 logis supplémentaires, soit plus de 3000 par an (soit + 1,5% par an).

Cette hausse résulte de l’augmentation du nombre de résidences principales (+3,6) population. En Martinique : 8 logements sur 10 sont des résidences principales, 64% sont des maisons (seuls 56% des logis sont de ce type en France hexagonale).

Moins d’occupants par logement

Cette recrudescence s’explique par deux facteurs : la démographie et la « décohabitation » (processus par lequel un individu quitte le logement qu’il partageait avec d’autres personnes, ndlr). On recense moins de familles nombreuses en Martinique et plus de personnes âgées seules dans leur domicile.

Entre 2010 et 2015, sur 100 nouveaux logements, 76 sont dus à la « décohabitation », 51 logements vacants et 11 résidences secondaires et logements occasionnels. En 2015, une résidence principale n’abrite plus que 2,25 personnes en moyenne contre 2,42 en 2010.

Dans son rapport, l’Insee indique que la baisse de la population aurait dû entraîner la perte de 38 résidences principales sur 100 nouveaux logements, mais elle a largement été compensée…  

32 600 logements vacants

La construction de « logements supplémentaires nécessaires pour loger les nouveaux habitants si la taille moyenne des ménages restait inchangée » a eu un effet négatif pour la Martinique. En effet, la baisse de la démographie reste soutenue depuis cinq ans. C’est la plus importante en France.

L’île enregistre le taux de logements vacants le plus élevé du pays, deux fois plus important que la moyenne hexagonale. Entre 2010 et 2015, il a bondi de 15% et s’élève à + 7 700. Le parc de logements martiniquais concentre ainsi 32 600 logements vacants en 2015.

La baisse de la population n’est pas le seul fait mis en cause. La vétusté des logements explique aussi cette forte vacance structurelle : 6 logements vacants sur 10 « ont plus de trente ans et 44% des logements vacants ne possèdent pas l’eau et/ou l’électricité ». De plus, de nombreux logements sont abandonnés à cause de travaux inachevés.

Autre problème : l’« indivision » (situation dans laquelle plusieurs personnes sont propriétaires ensemble d’un même bien ou d’un même ensemble de biens, ndlr). Par exemple, lors d’une succession. Fort-de-France, le chef-lieu de la Martinique, est particulièrement touché par ce cas. Des logements restent vacants plusieurs années avant de tomber en ruine.

Quelles sont les villes attractives ?

Toutefois, Fort-de-France reste une ville très prisée par les constructeurs de logements. Elle concentre 22,4% du parc martiniquais. Mais elle accuse une baisse de 0,6 point au profit du Lamentin limitrophe (+0,5 point), car elle perd des habitants tandis que son voisin en gagne. En 2015, 1 nouveau logement sur 3 est construit dans l’une de ces villes.

Du côté de Sainte-Anne et les Trois-Îlets, les communes situées dans la « zone touristique », le nombre de logements accuse une diminution, à l’instar de la baisse de la population. En revanche, ces « lieux de villégiature, se partagent 30 % des résidences secondaires martiniquaises ».

L’Insee indique également le taux de ménages propriétaires est actuellement de 54 % (il a baissé d’un point entre 2010 et 2015). À titre de comparaison, le taux dans l’Hexagone est de 58 %. Deux facteurs sont à l’origine de cette baisse d’après l’Insee : la difficulté d’accès à un crédit et le prix de l’immobilier. De plus, elle est renforcée par la politique Résorption de l’habitat insalubre (RHI), qui conduit au relogement de propriétaires en locataires. Par ailleurs, le taux de personnes logées gratuitement est en hausse. En cinq ans, il est passé de 6,9 à 7,5% et est supérieur à celui de l’Hexagone (3,5 fois plus en Martinique).

© Insee Martinique

 

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