Alexandra Naoum et Benoit Rabillé campent les premiers rôles dans le film de Harry Roselmack. ©Mediaphore

Fractures, le premier long-métrage de Harry Roselmack, devrait sortir en salle à l’automne prochain. La fiction, inspirée des documentaires en immersion du journaliste et producteur martiniquais, montre les divisions de la société française d’aujourd’hui.

Habitué du petit écran, Harry Roselmack débarque sur grand écran avec la réalisation de son premier film Fractures, présenté en avant-première lors de la cinquième édition du Chelsea Film Festival à New-York. Une entrée en scène remarqué, puisqu’il a décroché la mention spéciale du jury au cours de l’événement cinématographique.

Écrit, réalisé et aussi coproduit par le journaliste et producteur martiniquais, le long métrage de 85 minutes suit le face-à-face entre Fariha (Alexandra Naoum), une escort-girl et Youssouf (Benoit Rabillé), un ex-taulard, radicalisé, en réinsertion, réunis à une soirée sur le yacht d’un riche prince arabe, par un concours de circonstances. Tout bascule quand l’une, venue pour le travail, comprend que l’autre s’apprête à commettre une attaque terroriste. C’est la collision de deux mondes (et visions de la France). Les personnages du film sont inspirés des rencontres du journaliste lors de ses documentaires en immersion pendant cinq ans sur TF1.

Un sujet difficile sur l’identité nationale, la radicalisation, avec un message optimiste sur le « vivre ensemble », « essentiel à la cohésion de notre pays », explique le présentateur de Sept à Huit, rencontré à New York. « En France, on n’a pas cette culture de l’introspection collective. On n’aime pas regarder ce qui fonctionne mal chez nous et dans nos modèles ».

Touché par les attentats de Paris en 2015, Harry Roselmack dédie son film à la mémoire de Clarissa Jean-Philippe, la policière martiniquaise assassinée  à Montrouge par le terroriste Amedy Coulibaly.

Production quasi indépendante

La réalisation de Fractures n’a pas été de tout repos pour Harry Roselmack. Éconduit par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) et plusieurs diffuseurs, le journaliste n’a pu compter que sur la collectivité territoriale de la Martinique, dans sa recherche de financement public. La structure administrative a financé à hauteur de 10% le budget du long métrage, estimé à 1,6 millions d’euros (le reste des fonds provient de partenaires privés, ndlr) pour un tournage d’une vingtaine de jours en Bulgarie.

Le Martiniquais a travaillé avec plusieurs antillo-guyanais durant la conception du film comme Cédric Magne de la société Storytellers Agency (sur la réalisation des plans en caméra subjective, ndlr), Lionel Montabord de Anaphi Studio (pour le montage et le mixage), David Poucet (chef-monteur) ou encore Jean-Michel Rotin. Harry Roselmack signe aussi les paroles de plusieurs chansons figurant sur la bande originale du film. Il est aussi passé devant la caméra, dans la peau d’un gendarme du GIGN. Et son épouse, Chrislaine, campe le rôle d’un personnage secondaire.

Fractures a été sélectionné dans le cadre de la Semaine du cinéma positif au Festival de Cannes, en mai dernier et projeté au théâtre Alexandre III, où il a reçu un bon accueil. Le film devrait être présenté au grand public à l’automne prochain. Si le moyen de diffusion n’est pas encore connu, c’est le fruit d’un combat de longue haleine mené par le journaliste et producteur martiniquais.

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