La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a annoncé les grandes lignes de la réforme de l’audiovisuel public français, lors d’une conférence de presse, le 4 juin. Ainsi, la chaîne France 4 devrait disparaître et France Ô est sur la sellette.

Les changements se poursuivent dans le paysage audiovisuel public français. À l’échelle locale, la chaîne ATV (Antilles Télévision) en Martinique vient d’être fixée sur son sort. La société Wipa, ex-propriétaire du média, a été liquidée par le tribunal de commerce de Fort-de-France. 10 des 16 journalistes seront gardés au sein de la rédaction. Pour les autres sociétés du groupe, il faudra attendre le 19 juin prochain. Au plan national, c’est la chaîne France Ô, diffusée sur le canal 19 de la TNT, qui est en sursis. La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a présenté, lundi 4 juin, les grandes orientations de la réforme de l’audiovisuel public. 

« Il faudra interroger nos concitoyens d’outre-mer et leurs élus pour déterminer si l’avenir est au maintien de France Ô sur le canal hertzien ou au contraire au renforcement des offres numériques des Outre-Mer Première », a déclaré la ministre de la Culture. Cette annonce, a eu l’effet d’une bombe, déclenchant la colère de plusieurs personnalités. En novembre dernier, le journal Le Monde avait déjà révélé des « pistes de travail » pour réformer l’audiovisuel public.

Renforcer la présence des chaînes Outre-mer 1ère

Invitée sur le plateau de nos confrères d’Outre-mer Politique sur France Ô, Annick Girardin, ministre des Outre-mer, souhaite que la chaîne soit conservée : « France Ô doit être préservée et son évolution doit être réfléchie. Il n’y a pas de disparition programmée. Les 1ere Outre-mer sont des chaînes d’excellence. On ne les utilise pas suffisamment ». La ministre a d’ailleurs évoqué la mise en place d’un « quota sur les chaînes nationales pour pouvoir parler des territoires d’Outre-mer et pas à 4 heures du matin. »

Dans son programme, le président de la République, Emmanuel Macron, avait fait part de sa volonté de « concentrer les moyens sur des chaînes moins nombreuses mais pleinement dédiées à leur mission de service public ». Mais il avait écarté la suppression de France Ô, lors de sa rencontre avec les associations ultramarines de l’Hexagone le 8 avril 2017, rappelle le sénateur guadeloupéen Dominique Théophile. Il estime que la disparition de la chaîne TV n’est pas « une voie envisageable » : « Depuis sa création en 2005, France Ô constitue un lien indispensable entre la métropole et l’Outre-mer, qui n’a cessé de se renforcer puisque la chaîne est désormais accessible sur l’ensemble du territoire » souligne-t-il, dans un communiqué.

Pour le Conseil représentatif des Français d’Outre-mer (CREFOM), la présence de France Ô sur le canal hertzien , « n’est […] nullement contradictoire avec un renforcement des offres numériques des Outre-mer Premières […]. » Dans un communiqué, signé par son président Jean-Michel Martial, l’organisme soutient que « c’est au contraire la synergie entre les Premières et France Ô qui peut renforcer la qualité des programmes et la place de l’Outre-mer sur l’ensemble des chaînes de France Télévisions ».

D’autres personnalités politiques sont vent debout contre la suppression de la chaîne. « Les Français d’Outre-Mer bénéficient déjà d’une offre audiovisuelle gratuite largement inférieure à la France Hexagonale (…) Il est dès lors essentiel que l’offre de télévision gratuite ne soit pas davantage réduite lors de la réforme portant sur l’audiovisuel public », souligne la sénatrice réunionnaise Nassimah Dindar.

La cheffe et conseillère régionale (LR) d’Ile-de-France, Babette de Rozières, s’est-elle aussi exprimé sur cette possibilité : « Quand on regarde la télévision française, il n’y a pas la couleur de la France à la TV. On ne voit pas nos compatriotes. Je crois que pour donner bonne conscience à la chaîne généraliste, ils ont mis tous les Antillais sur France Ô. Donc il y a une raison d’avoir cette chaîne-là et je ne vois pas maintenant pourquoi on veut l’éliminer, parce que nous avons notre place ici. Je suis tout à fait pour que l’on garde France Ô. Il faut peut-être l’améliorer, peut-être revoir les programmes, la rendre plus dynamique, mais s’ils la suppriment ça va être une erreur. » 

Pour la députée Frédérique Dumas, « le problème de France Ô, c’est que l’objectif c’est soi-disant qu’il y ait une visibilité plus importante pour les Ultramarins. Ce qui est faux et je trouve que l’on se moque du monde ultramarin. Le devoir est que sur les antennes nationales il y ait plus de place pour les minorités mais de manière attractive et visible, qu’à un moment donné on intègre la société. »

« Courant 2019 »

Autre annonce choc de la réforme de l’audiovisuel public : la disparition de la chaîne France 4, diffusée sur le canal 14 de la TNT, centrée sur les programmes de jeunesse. « Nous allons bâtir un champion industriel du numérique pour reconquérir le jeune public », a affirmé la ministre de la Culture. 

François Nyssen a aussi annoncé que les lois seraient attendues pour “courant 2019” avec trois chantiers : « la réforme de la gouvernance, la régulation à l’heure du numérique et le financement avec la réforme de la contribution à l’audiovisuel public ».

De plus, la ministre a créé une mission pour mener à bien la concertation entre les différents acteurs du secteur. Elle aura pour but de trouver des solutions pour les Outre-mer, l’audiovisuel extérieur et améliorer la coopération entre France Télévisions et Radio France.

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