L'affiche du FEMI 2018 ©FEMI, Festival Régional et International du Cinéma de Guadeloupe

Rendez-vous annuel des amateurs et professionnels du cinéma dans les Caraïbes, le Festival Régional et International du Cinéma de Guadeloupe (FEMI) commence ce vendredi 11 mai 2018. Pour sa 24e édition, l’événement braque ses projecteurs sur le cinéma afro-américain et accueille l’acteur américain Gary Dourdan en qualité d’invité d’honneur.

Institution dans les Caraïbes, le Festival Régional et International du Cinéma de Guadeloupe (FEMI) donne le coup d’envoi de sa 24e édition, du 11 au 19 mai 2018, en Guadeloupe. Créé en 1992 par Patricia Lavidange et Felly Sedecias, « le FEMI est un festival d’origine caribéenne, ouvert sur le monde », résume Jean-Claude Barny, parrain du FEMI 2018. « Les réalisateurs y montrent leurs talents et savoir-faire aux spectateurs et professionnels des Antilles et de l’étranger ».

Cette année, une cinquantaine de films (courts-métrages, longs-métrages, documentaires, etc) seront projetés dans tout le département. Le festival a reçu 1500 films, 33 ont été sélectionnés pour la compétition (5 longs métrages, 11 documentaires, 5 courts docs, 12 courts métrages), réalisés par des cinéastes venus des Antilles, la Réunion, la Guyane, l’Europe, l’Afrique ou encore l’Inde. À l’instar des années précédentes, un thème a été retenu pour cette édition : le cinéma afro-américain.

Une thématique qui résonne à l’ère de Black Live Matters, Black Panther et le manque de visibilité des Afro-descendants au cinéma. « Nous avons une histoire différente, mais commune avec le cinéma “africain-américain” qui existe depuis le XIXe siècle », explique Patricia Lavidange, co-fondatrice du FEMI.

À cette occasion, le Festival a convié l’acteur et chanteur américain Gary Dourdan (Les Experts, Being Mary Jane) à découvrir les films en compétition. « Les choses sont en train de changer dans le cinéma », note l’artiste de 51 ans. « Participer au FEMI, c’est dans la continuité du rassemblement de la diaspora africaine-américaine ». Il présentera en avant-première le dernier film dont il est à l’affiche : All She Wrote de Nikki Iliev.

Jean-Claude Barny et Gary Dourdan, à la conférence de presse du FEMI 2018, le 7 mai à Paris. ©Mediaphore

S’exporter à l’international

Pour Jean-Claude Barny, le choix de ce thème est un retour à ses premières découvertes. Le cinéaste guadeloupéen cite avec plaisir le mouvement des Blaxploitation (courant culturel et social propre au cinéma américain des années 1970 qui a revalorisé l’image des Afro-Américains, NDLR) ou des œuvres qui l’ont influencé comme Sidewalk Stories de Charles Lane. « Dans les Caraïbes, il y avait la même image de préjugés à combattre… Je me suis dit que moi aussi je devais faire un cinéma qui porte notre vision. C’est pour ça que j’ai fait “Nèg Maron” », se souvient-il. Raconter notre histoire, être.à la fois devant et derrière caméra, « c’est ça la force du cinéma afro-américain ».

Que peuvent tirer les jeunes réalisateurs de cette thématique ? « Être tenace, ce n’est pas seulement avoir une œuvre à proposer, c’est savoir comment la proposer », répond Jean-Claude Barny. Il encourage la jeune génération à s’exporter à l’international, pas seulement dans les Caraïbes. « Ils ont toutes les cartes en main : des thématiques très profondes, une vision moderne du monde, des sujets jamais encore été exploités », estime le réalisateur du Gang Antillais. Il prend l’exemple de Mike Horn, réalisateur et producteur du documentaire Mai 67, ne tirez pas sur les enfants de la République.  

Le réalisateur du Gang des Antillais est impatient de découvrir les diverses « pépites » qui seront présentées, aux trois jurys composés de professionnels, choisis dans le milieu du cinéma, et de l’éducation nationale. Il souhaite que ces rencontres soient déterminantes pour les réalisateurs dont les productions sont en lice.

Au-delà des projections au ciné-théâtre du Lamentin et dans les communes partenaires (Deshaies, Gosier, Morne-à-l’Eau), plusieurs master class et conférences-débats dont celle sur le cinéma afro-américain, animée par le réalisateur et écrivain, Régis Dubois, sont au programme de cette 24e édition. Un documentaire de 26 sera aussi réalisé sur le FEMI par la productrice, réalisatrice et animatrice Coumba Fofana-Koné.

Un festival en manque de mécènes

Patricia Lavidange, co-fondatrice du FEMI, à la conférence de presse du FEMI 2018, le 7 mai à Paris. ©Mediaphore

« Le FEMI a vocation à soutenir nos jeunes cinéastes », souligne Patricia Lavidange. Mais cette année, le Festival a connu des difficultés d’ordre financier qui ont altéré son fonctionnement. Initialement prévu du 26 janvier au 3 février, il a dû être reporté au mois de mai.. en même temps que le Festival de Cannes. « À cause de ce report, il y a des invités qui n’étaient plus disponibles », regrette Patricia Lavidange. Mais l’équipe a tenu à ce que cette édition ait lieu, en faisant « au mieux ». Investisseurs privés et dotations publiques sont toujours les bienvenus, précise la co-fondatrice. 

De plus, se tiendra dans le cadre du Festival International du Cinéma de Guadeloupe, du 12 au 15 mai 2018, la 9e édition Marché International du Film et de la Télévision caribéens (MIFTC). Son objectif : tisser et renforcer les liens entre les opérateurs culturels et l’ensemble des acteurs socio-éonomiques œuvrant dans le domaine du cinéma et originaires des îles de la Caraïbe anglophone, francophone et hispanophone. 

Les fondatrices du FEMI ont à coeur d’encourager « notre » cinéma. Fely Sedecias, a, d’ailleurs participé à « l’impulsion de la création du Bureau d’accueil des tournages », relate Patricia Lavidange. Une aubaine pour le département qui a accueilli ces dernières années plusieurs productions nationales et européennes comme Le Rêve Français, Minuscules 2 ou encore Meurtres au Paradis.

Des collaborations, sources d’accords financiers et de revenus pour l’archipel que Jean-Claude Barny espère voir réinvestir dans la formation et la mise en avant de réalisateurs locaux. « Il ne faut pas que les productions étrangères vampirisent tous les tournages », indique le parrain du FEMI 2018. Cette année, le Festival Régional et International du Cinéma de Guadeloupe espère attirer 15 000 spectateurs.

Conférence de presse du FEMI 2018, le 7 mai à Paris. ©Mediaphore

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