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La distillerie martiniquaise Neisson a décroché le label d’État « Entreprise du Patrimoine vivant » pour sa maîtrise et son savoir-faire d’excellence. Un gage de qualité qui promet un bel avenir au secteur du spiritourisme, en voie de développement sur l’île.    

Le rhum martiniquais est de nouveau récompensé pour son savoir-faire*. La distillerie Neisson, située dans la commune du Carbet, a obtenu le label des Entreprises du Patrimoine Vivant (EPV). Une grande première en Outre-mer.

« C’est un honneur pour notre maison, mais c’est aussi un honneur pour toute la filière canne, sucre, rhum. J’espère que ce label bénéficiera en termes de rayonnement et de résultats à toute la filière et à la Martinique », s’est réjouie Claudine Vernant-Neisson, la gérante de l’entreprise.

Attribué pour une durée de cinq ans, ce label d’État, décerné sous l’autorité du ministère de l’Économie et des Finances, récompense les entreprises françaises pour leur savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence et d’exception.

Pour prétendre à cette distinction ce fameux sésame, la Rhumerie devait répondre à trois critères : la détention d’un patrimoine économique spécifique issu de l’expérience manufacturière,la mise en œuvre d’un savoir-faire rare reposant la maîtrise de techniques traditionnelles ou de haute technicité,l’attachement à un territoire.

AUX CÔTÉS DE BACCARAT OU HERMÈS

Neisson joue maintenant dans la cour des grands. En effet, avec ce label, la distillerie se retrouve au même rang que les cristalleries Baccarat ou le sellier Hermès. Le label EPV regroupe 1400 entreprises d’exception, cumulant à elles seules plus de 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

« Nous y voyons la marque de reconnaissance de notre sens de l’innovation et de notre savoir-faire en matière de production de rhums agricoles AOC Martinique », ont indiqué Claudine et Grégory Vernant-Neisson, les dirigeants de la distillerie. En effet, il y a deux ans, la distillerie a commercialisé  le premier rhum bio AOC (pour « appellation d’origine contrôlée », ndlr) du monde.

Les propriétaires de la Rhumerie voient cette récompense d’un bon œil non seulement pour leur distillerie (ils espèrent protéger les terres sur lesquelles ils cultivent la canne à sucre nécessaires à l’élaboration du rhum), mais aussi pour la filière – en favorisant l’export des rhums de Martinique.

Le marché du rhum représente un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros en Martinique. En 2017, plus de 16 millions de litres de rhum ont été produit sur l’île. 80 % de la production est destinée à l’Hexagone.

MISER SUR LE « SPIRITOURISME »

Le rhum, un levier d’attractivité majeur pour la Martinique ? Les professionnels du secteur y comptent bien, en développement le secteur du « spiritourisme » : un type tourisme développé autour de la filière des boissons spiritueuses.

Leur but : faire connaître aux touristes le savoir-faire martiniquais en matière de spiritueux à travers diverses activités cultuelles, gastronomiques, économiques : découvertes des distilleries de l’île, des leurs outils de production, des procédés de fabrication, des dégustations, des métiers rattachés à une distillerie… Cette pratique (à ne pas confondre avec l’œnotourisme : le tourisme vitivinicole et œnologique), récente en France, constitue depuis plusieurs années un levier économique de taille pour des pays producteurs de spiritueux comme l’Écosse avec le whisky.

Conscientes de ce potentiel, les entreprises martiniquaises ont réalisé des investissements importants : restauration de sites, construction de nouveaux bâtiments, amélioration du parcours de visite ou encore formation d’un personnel dédié à ce nouveau tourisme.

« Nous sommes l’un des promoteurs essentiels de la Martinique agricole, industrielle, du savoir-faire. Nous sommes très attachés à la préservation du patrimoine et surtout à sa valorisation culturelle, économique et sociale », souligne Charles Larcher, président du Comité martiniquais d’organisation et de défense du marché du rhum (Coderum). Selon l’organisme, la dizaine de distilleries présentes sur le territoire devraient recevoir en 2018 plus de 700 000 visiteurs. Et la filière espère attirer que le spiritourisme aura attiré un million de visiteurs supplémentaires en Martinique, à l’horizon 2021-2022.

*L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, consommez avec modération.

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