© L'ouragan Irma photographié le 6 septembre 2017 par la NOAA / Crédit Photo : NOAA

Selon les prévisions de plusieurs agences météorologiques, la saison cyclonique 2018 sera l’une des plus actives de ces 30 dernières années sur le bassin Atlantique. Toutefois, elle ne devrait pas supplanter la saison 2017.

Même son de cloche chez les météorologues : la saison cyclonique 2018 dans l’Atlantique Nord sera un peu plus intense que la moyenne des 30 dernières années, mais pas aussi active que celle de l’année 2017.

C’est ce qui ressort de l’ensemble des prévisions d’activité pour la saison cyclonique à venir (dans une cinquantaine de jours) dévoilées par l’institut américain Accuweather, Tropical Storm Risk (consortium britannique d’experts en assurances et en prévisions spécialisé dans les tempêtes tropicales) et l’Université d’État du Colorado (la CSU).

Entre juin et novembre 2018, 12 à 15 tempêtes tropicales pourraient se succéder sur le bassin Atlantique, avec la possibilité que 6 à 8 d’entre elles deviennent des ouragans. Il est aussi probable que 3 à 5 d’entre eux deviennent des ouragans majeurs. « Une saison moyenne des cyclones en Atlantique produit 12 tempêtes nommées dont six deviennent des ouragans et trois d’entre eux étant majeurs », indique l’Université d’État du Colorado.

Les trois institutions réputées pour leur expertise justifient cette conjecture par un changement de configuration marine dans le Pacifique: le phénomène La Niña se dissipe du centre à l’est du Pacifique autour de l’Équateur et la phase El Niño s’annonce neutre. Pour rappel, la Niña est un phénomène océanique qui se traduit par des températures de surface de la mer anormalement froides dans les premières dizaines de mètres de profondeur. Cela favorise la formation de tempêtes tropicales et d’ouragans, contrairement à El Niño. Le phénomène opposé à La Niña se traduit quant à lui par des températures de surface de la mer anormalement chaudes dans la même zone géographique.

El Niño empêche la formation de tempêtes tropicales et d’ouragans sur l’Atlantique mais augmente le nombre de tempêtes tropicales qui touchent l’est et le centre de l’océan Pacifique. Une année El Niño neutre ne signifie pas qu’il faille baisser la garde. Vigilance et précautions d’usage seront vivement recommandées durant toute la période cyclonique.

Dix ouragans successifs en 2017

Pas moins de dix ouragans se sont succédés dans l’Atlantique entre août et octobre 2017, causant pertes humaines et dégâts colossaux. Harvey, Irma, Maria résonnent encore dans les esprits marqués par la puissance record des vents dans l’arc antillais, la durée des épisodes et leur vitesse d’intensification.

Aucun expert n’avait anticipé que Maria passerait de catégorie 1 à 5 en moins de dix-heures. Jamais l’île de la Dominique n’avait connu pareil épisode cyclonique. L’ouragan Irma qui a dévasté l’île de Saint-Martin figure désormais parmi les cinq ouragans les plus puissants du monde. Franklin, Gert, José, Katia, Lee, Nate et Ophelia complètent le tableau d’une saison 2017 record.

Aucun satellite météorologique n’avait enregistré une telle activité dans l’Atlantique nord jusqu’à l’an dernier.

Peut-on imputer l’intensité des saisons cycloniques au changement climatique?

La tentation est grande, cependant les chercheurs du CNRS restent prudents. Fabrice Chauvin interrogé par Le Monde indiquait en 2017 que leurs courbes observaient « une forte augmentation du nombre d’épisodes cycloniques depuis 1850 », mais que le CNRS ne disposait de données robustes recueillies par satellites que depuis 1966. « Auparavant, tous n’étaient pas répertoriés ».

Le GIEC (Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, NDLR) simule les évolutions potentielles du climat à partir de données relatives à la concentration de CO2, à partir de l’activité des volcans. Il anticipe une réduction du nombre de cyclones d’ici la fin du XXIe siècle mais une intensification des épisodes avec davantage de cyclones de catégories 4 et 5 et de pluies diluviennes.

Le Comité des Ouragans réuni en Martinique

La Martinique accueille la réunion annuelle du Comité des ouragans de l’organisation météorologique mondiale (OMM) jusqu’au 13 avril. La 40e édition de cette rencontre rassemble une cinquantaine de météorologues, représentant plus de 30 pays et territoires (Amérique du Nord et du Sud, Caraïbes…).

Les spécialistes analysent les phénomènes de la saison cyclonique 2017, les méthodes de suivi des ouragans dans l’Atlantique, l’efficience des réseaux d’observation, les systèmes d’alertes, le partage d’information, et les prévisions émises par le Centre National des Ouragans de Miami (National Hurricane Center) et par Météo France. 

https://twitter.com/meteofrance/status/983691254469988352

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