© AFP / Alexandre Grosbois

Miguel Diaz-Canel, 58 ans, a succédé à Raul Castro à la présidence de Cuba, jeudi 19 avril, pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois. Le nouveau chef d’État a assuré que son gouvernement s’inscrira dans la continuité de son prédécesseur.

Après plus d’un demi-siècle de règne sur l’île de Cuba, l’ère Castro (Fidel puis Raul) s’achève (nominativement). Raul Castro, 86 ans, a cédé, jeudi 19 avril, sa place à la tête du pays à son ancien numéro 2 : Miguel Diaz-Canel, 58 ans. Cet ingénieur en électronique de formation, premier président de Cuba à ne pas avoir participé à la révolution cubaine, est doté d’une « solide fermeté idéologique », estime Raul Castro.

Lors de son discours d’intronisation à l’Assemblée nationale cubaine, le nouveau chef d’État a assuré aux débuts que son mandat s’inscrira dans la continuité de la politique menée par son prédécesseur. Son vice-président est le syndicaliste Salvador Valdes Mesa, 72 ans. Ce dernier devient le premier Afro-Cubain à occuper un poste aussi élevé.

La nomination de Miguel Diaz-Canel a été approuvée par 603 des 604 députés (99,83 % des suffrages) de l’Assemblée. Le président conduira également le Conseil d’État, l’organe exécutif suprême, composé de 31 membres.

Une élection pas (si) surprenante

À Cuba, les hauts dirigeants sont désignés par une commission du gouvernement, puis approuvés par l’Assemblée. Il n’est donc pas surprenant qu’ils remportent un nombre de suffrages élevés. De plus, Miguel Diaz-Canel était le seul candidat en lice à la présidence.

Le nouveau président cubain a rendu hommage à son prédécesseur, dont l’influence demeure très forte dans le pays, lors de son discours. Raul Castro reste député et secrétaire général du Parti communiste. « Raul Castro présidera aux décisions de grande importance pour le présent et l’avenir de la nation », a d’ailleurs renchéri Miguel Diaz-Canel.

Le nouvel homme au pouvoir a promis de «poursuivre la révolution» et a également annoncé qu’il n’était pas là pour « promettre » mais pour « travailler ». Il suivra donc le plan de 12 ans déjà établi par l’Assemblée et le Parti communiste pour pérenniser les acquis socialistes et moderniser l’économie du pays. Coïncidence ou pas, le 19 avril 2018 à Cuba était aussi la date du 57e anniversaire de la victoire de la Baie des Cochons (invasion militaire de Cuba par les États-Unis.

© Mediaphore

Le scepticisme persiste

Miguel Diaz-Canel est encore inconnu pour une partie des Cubains, qui ont vécu sous le règne des Castro depuis plus de 50 ans. « En 2006, Fidel a cédé la place à son frère Raul. On a pensé que la situation évoluerait, mais tout est resté figé. Puis Fidel, est mort en 2016 et les choses n’ont toujours pas bougé. Depuis, plus personne ne croit au changement », explique un Cubain. Le castrisme semble être entre de bonnes mains.

Pour Jacobo Machover, écrivain cubain en exil, « il n’y a pas de changement » Miguel Diaz-Canel « n’est qu’une marionnette entre les mains du clan Castro », a rapporté l’opposant à nos confrères de Franceinfo. Selon lui, le vrai problème est le communisme dont « il faudrait se débarrasser ».

© Mediaphore

La Russie, fidèle alliée de Cuba, s’est réjouie de cette élection. Le président russe, Vladimir Poutine, a envoyé un télégramme de félicitation au nouveau président cubain, dans lequel il a « exprimé sa confiance dans le fait que le pays continuera à poursuivre les buts qu’il s’étaient fixé après la révolution cubaine et qu’il y aura de nouvelles étapes importantes dans le développement économique et social ». Le Kremlin a également réaffirmé que « la Russie est prête à renforcer encore plus son partenariat stratégique avec Cuba et a mené une coopération constructive dans tous les domaines ».

Du côté des États-Unis, la Maison-Blanche dénonce une transition « anti-démocratique » et invite Miguel Diaz-Canel à mettre fin à la « répression » dans le pays. Le fait que Trump est récemment décidé de faire machine arrière en ce qui concerne les relations entre Cuba et les États-Unis (qui étaient au beau fixe depuis 2015, après plus de 50 ans de relations tendues, ndlr), n’arrange pas tellement la situation. De plus, même si en matière de fréquentation touristique, Cuba s’en sort honorablement bien (plus de 209 600 touristes se sont rendus à Cuba en 2017, ndlr), la situation personnelle des Cubains n’est guère mieux qu’avant le dégel des relations.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.