Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé que l’école va être obligatoire dès 3 ans au lieu de 6 ans à partir de la rentrée 2019, lors des Assises de la maternelle. La France est le premier pays européen à imposer l’abaissement de l’instruction à un tel âge.

C’est la mesure phare annoncée par Emmanuel Macron lors des Assises de la maternelle, les 27 et 28 mars 2018 à Paris : l’abaissement de l’instruction obligatoire à 3 ans, dès la rentrée 2019. Aujourd’hui, la scolarité n’est obligatoire qu’à partir de 6 ans.

Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a désigné le neuropsychiatre Boris Cyrulnik chef d’orchestre de ces assises. Lors des Assises de la maternelle, 400 acteurs et partenaires de la communauté éducative se sont réunis pour penser l’école maternelle de demain. « Une « école du langage et de l’épanouissement ».

Pourquoi abaisser l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans ?

À ce jour, l’école maternelle accueille 2 522 282 élèves, dont 788 070 élèves de 3 ans. 466 903 d’entre eux sont scolarisés en Rep et Rep + (Réseau d’éducation prioritaire, NDLR). À l’âge de 4 ans, il est prouvé qu’un enfant issu de milieu défavorisé a entendu 30 millions de mots de moins qu’un enfant issu d’un milieu social favorisé (Betty Hart et Todd Risley, The Early Catastrophe, Education Review, 2004, NDLR).

Des études révèlent aussi que 80% des élèves qui sortent du système scolaire à 16 ans sans savoir bien lire, écrire, compter (les décrocheurs scolaires, NDLR) étaient déjà en difficulté au CP. Mettre l’accent sur le langage dès l’école maternelle apparaît donc déterminant pour favoriser l’égalité des chances.

Même si l’école maternelle jouit d’une excellente réputation, le public a beaucoup évolué d’un point de vue biologique ou sociologique. S’adapter à ce nouveau public s’impose donc pour accompagner au mieux les jeunes élèves dans leurs apprentissages. Après avoir dédoublé les classes de CP dans les établissements défavorisés, mis en place le système « Devoirs faits au collège » et lancé la réforme du bac, le ministre de l’Éducation nationale s’attaque à l’école maternelle.

Avec déjà 97% d’élèves de 3 ans inscrits à l’école maternelle, le gouvernement souhaite mettre l’accent sur l’importance qu’il accorde aux missions menées par les personnels qui encadrent les élèves à l’école maternelle (professeurs des écoles et ATSEM, NDLR).

Quelles conclusions tirer des Assises de la maternelle ?

Pendant deux jours, enseignants, scientifiques, personnels de service et parents ont partagé connaissances et expériences pour nourrir une réflexion sur la formation des enseignants, l’acquisition du langage, le sommeil, la mémoire, les pratiques musicales… Voici quelques pistes qui devraient faire évoluer les pratiques éducatives dès la rentrée prochaine :

  • Former les professeurs aux théories de l’attachement
  • Réformer le CAP petite enfance pour former les Atsem aux théories de l’attachement
  • Favoriser l’affect dans l’éducation aux arts et le jeu pour développer les compétences intellectuelles
  • Augmenter les postes pour dédoubler les classes de maternelle
  • Enseigner une deuxième langue, facteur de résilience
  • Supprimer tablettes et ordinateurs jusqu’à 6 ans. Ces outils altèrent l’empathie chez le jeune enfant et favorisent des troubles du développement.

Que se passe-t-il dans les autres pays d’Europe ?

La France est le premier pays européen à imposer le début de la scolarisation obligatoire dès 3 ans. L’enseignement pré-élémentaire débute vers 2-3 ans dans la majorité des pays européens et dès 1 an en Suède ou en Espagne. Deux pays ont instauré l’âge de scolarisation obligatoire à partir de 4 ans : la Suisse et le Luxembourg.

D’après Boris Cyrulnik, les pays qui ont réformé l’accueil de la petite enfance ont observé un excellent « retour sur investissement ». En France, les écoles maternelles comptent un encadrant pour 23 enfants contre 14 en moyenne dans les pays de l’OCDE. La Norvège qui compte 1% de personnes illettrées (contre 10% en France) a observé une diminution des psychopathies et 40% de suicides en moins chez les adolescents.

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