La bande de Hand à leur départ de Paris

La petite troupe des Hackers Againts Natural disasters (HAND) revient dans la Caraïbe pour son opération Caribe Wave. Cette année, les geeks travailleront sur un « terrain de jeu » plus élargi. De la Guadeloupe à Saint-Martin, en passant par les îles du Sud, l’équipe, emmenée par Gaël Musquet, entend bien sensibiliser encore plus la population antillaise aux risques naturels. Un travail qui résonne fort, dans ces territoires, amochés par une série d’ouragans en septembre 2017. 

Aux Antilles, le risque cyclonique est bien connu, plutôt maîtrisé et tout le monde, ou presque, connaît les consignes de sécurité. Mais concernant les séismes et leurs conséquences, la culture du risque est moins forte. Alors, depuis plusieurs années, les Hackers Against Natural Disasters (Hand) viennent le temps d’une semaine établir un quartier général à Marie-Galante pour simuler une alerte séisme puis un tsunami, dans le cadre de l’exercice Caribe Wave.

Pour mémoire, Caribe Wave, c’est un exercice de l’Unesco, commun à tous les Etats de la Caraïbe qui simule un tremblement de terre très fort, suivi d’une immense vague. Le but ? Préparer les Caribéens à un événement qui, parole de scientifique, s’est déjà produit et se reproduira inévitablement un jour.

En 2017, le séisme imaginaire, de force 8,3 sur l’échelle de Richter, au large de l’île de la Désirade dans l’archipel de la Guadeloupe entraînait en 20 minutes la submersion de Pointe-à-Pitre, de son aéroport et de sa zone industrielle, raffinerie comprise.

Cette année, le 15 mars, jour de déclenchement de l’opération, « le scénario de Caribe Wave prévoit le séisme au large de La Barbade« , détaille Gaël Musquet, météorologue de formation, guadeloupéen et investi dans la sauvegarde de la vie humaine jusqu’en Méditerranée. Dans une telle configuration, la vague du raz-de-marée qui arriverait sur nos côtes ne dépasserait pas les trois mètres. Une paille ? Pas vraiment, au regard de notre géographie : beaucoup de maisons en bord de mer, fonds marins dévastés, littoraux abîmés. Tout cela reste suffisamment inquiétant pour déclencher une action.

Des communes et des associations partenaires

Cette année, quelques communes en Guadeloupe participent à l’exercice : test de système d’alerte, de procédures d’évacuation, notamment d’écoles, réunions d’informations, etc, seront à l’ordre du jour. Même la préfecture déclenchera son centre opérationnel départemental, (COD), dans le cadre du dispositif de l’Organisation de la réponse de sécurité civile (ORSEC).

« Les citoyens peuvent aussi participer à cet exercice en s’inscrivant sur le site internet de Caribe Wave pour choisir les actions qu’ils décideront de mettre en œuvre ce jeudi 15 mars« , indique la préfecture de Guadeloupe. Parmi elles, on peut, par exemple, participer à un exercice public d’évacuation, préparer un kit d’urgence, ou bien encore retweeter les messages d’alertes, élaborer un plan d’urgence familial…

De leur côté, les Hand, qui militent pour une préparation toujours plus grande et une utilisation démocratisée de la technologie, lanceront leurs propres tests de solutions. « Il faut certes être un peu technique pour mettre au point des solutions technologiques« , rappelle Ludovic Daubin, « Ti Ludo » pour les intimes, et président du Fab Lab de Jarry, où codeurs et makers de la Guadeloupe travaillent sur des projets parfois d’avenir, parfois loufoques. Mais savoir se saisir et se servir de ces solutions ne demande pas grand chose d’autres qu’un peu d’intérêt, d’autant qu’elles pourraient être utilisées par le plus grand nombre.

Alors avec Hand, dont ils sont partenaires privilégiés, les Fablabeurs organisent donc déclenchement de sirènes de l’île de la Désirade, pont wifi depuis Marie-Galante, ateliers de radio-amateurs en Guadeloupe, et développement de la Safety Box, un point d’accès wifi hors connexion, à dégainer en cas de catastrophe pour transmettre et recevoir des données. Et la mobilisation essaime : à Saint-Martin, durement touchée par Irma, et encore sensible à la question, quelques citoyens, au travers de l’association Tilt Public prennent les choses en main et évacueront une école, un hôtel emblématique, et lanceront un fablab itinérant pour aider à la réparation des dégâts existants.

C’est un espoir qui guide les troupes : avoir, en une semaine de bidouilles high-tech, marqué et impulsé des nouvelles politiques publiques, mais aussi et surtout de la mobilisation citoyenne sur la prévention des risques.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.