Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale et Pierre Mathiot, chargé de la rédaction du rapport sur la réforme du baccalauréat. © Facebook / Éducation nationale

Jean-Michel Blanquer a présenté mercredi après-midi sa réforme du baccalauréat. Le ministre de l’Éducation nationale confirme la suppression des séries L, ES et S et le contrôle continu comptera dans 40% de la note de l’examen final.

« Le baccalauréat est une grande institution à laquelle nous sommes tous attachés et que nous allons renforcer pour faire réussir les lycéens », a prôné Jean-Michel Blanquer, mercredi après-midi lors d’une conférence de presse. Le ministre de l’Éducation nationale a dévoilé les contours du baccalauréat à l’horizon 2021. Cette réforme, promise par le candidat Emmanuel Macron, vise les bacs généraux et technologiques, soit 70% des candidats.

L’examen de fin de première et de terminale sera composé de quatre épreuves écrites et un grand oral, 40% de la note finale sera soumis au contrôle continu. De plus, le lycée connaîtra des changements majeurs dans son organisation avec la suppression des filières générales et la mise en place d’un « socle de culture commune pour une formation intellectuelle et morale partagée ».

  • La suppression des séries générales L, ES, S

Adieu, filières littéraire, économique et sociale et scientifique… Jean-Michel Blanquer a annoncé la disparition de ces trois séries au profit d’un tronc commun (français, philosophie, histoire-géographie, deux langues vivantes, sport) et du choix de trois spécialités (matières principales). « Nous voulons ainsi offrir plus de choix aux élèves, éviter les hiérarchies artificielles entre les séries », a précisé le ministre.

Les lycéens devront choisir trois spécialités en première (à raison de quatre heures par semaine chacune), et deux en terminale (à raison de six heures hebdomadaires à chaque fois). Au programme : mathématiques, physique-chimie, sciences et vie de la terre, histoire-géographie et géopolitique-sciences politiques, sciences économiques et sociales, littérature et philosophie, langues et littérature étrangère, arts. Les élèves pourront changer de spécialités entre la première et la terminale, en concertation avec leurs enseignants.

De plus, le ministre de l’Éducation nationale souhaite ajouter une nouvelle discipline : les « humanités numériques et scientifiques ». Cette matière mettra « sur une culture scientifique commune, pour tous les élèves de France ». Elle comportera notamment des cours de codages et de bioéthique.

Au total, le volume horaire du tronc commun sera de 16 heures hebdomadaires en première et de 15h30 en terminale.

  • Un choix d’options facultatives

Les options ne quittent pas le bac. En première, les élèves pourront en choisir une ; latin, grec, sport ou une troisième langue vivante. En terminale, ils pourront en suivre deux, à raison de trois heures par semaine. Au choix : « droit et grands enjeux du monde contemporain », « mathématiques expertes » et « maths complémentaires » (utile pour les futurs étudiants en médecine, économie et ingénierie). 

  • Quatre épreuves écrites et un oral

C’est la fin de la dizaine d’épreuves entre la première et la terminale qui ont fait trembler les lycéens. Désormais l’examen sera composé de quatre épreuves : dans un premier temps l’épreuve anticipée de français en première (écrit et oral); puis en terminale, deux écrits au printemps en fonction des spécialités choisies par l’élève. Enfin, à la fin du mois de juin, la fameuse épreuve de philosophie.

Grande nouveauté : un « oral de maturité » présenté comme « la grande innovation » de la réforme par Jean-Michel Blanquer (et inspiré de nos voisins italiens). Il portera sur un projet sur lequel le lycéen planche depuis la première et en lien avec ses spécialités. Devant un jury de trois personnes (un enseignant du lycée, un enseignant extérieur et un non-enseignant), l’élève devra présenter son travail durant 20 à 30 minutes. La seconde partie sera consacrée à des questions du jury. Cela ne concerne pas les candidats au bac technologiques, qui conserveront leur « oral de projet ».

  • Le contrôle continu : 40% de la note finale

Les quatre épreuves et l’oral représenteront 60% de la note du bac. Les 40% restants seront le fruit du contrôle continu. D’une part, les « bacs blancs » (des évaluations semestrielles) passés en première et en terminal compteront pour 30%. Les notes des bulletins scolaires constitueront 10% « afin de valoriser la régularité du travail de l’élève ».

À l’instar du baccalauréat, les copies de « bacs blancs » seront désormais anonymes et corrigées par d’autres enseignants que ceux de l’élève.

  • Maintien du rattrapage

Les rattrapages ne devraient pas subir des changements. Les élèves ayant eu entre 8 et 10 de moyenne au bac, pourront donc repasser deux matières à l’oral.

https://twitter.com/EducationFrance/status/963837381228027906

Le statut des candidats se présentant librement à l’examen du bac n’a pas été abordé lors de la conférence de presse. Jean-Michel Blanquer a fait part de son souhait de rebaptiser la « classe de terminale », optant pour « classe de maturité ». Un « travail sémantique » pourrait être engagé en ce sens, mais n’a pas été officiellement confirmé.

Vendredi, le ministre de l’Éducation national devrait recevoir les conclusions de la mission engagée sur la filière professionnelle. L’intersyndicale opposée aux chantiers du bac a appelé à une nouvelle journée de mobilisation mercredi prochain.

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