L’Outre-mer toujours autant exposée à la délinquance violente

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Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure, a dévoilé le bilan de la délinquance enregistrée par les services de police et de gendarmerie en 2017 en France et en Outre-mer. Une fois n’est pas coutume, les territoires ultramarins sont toujours plus exposés à la délinquance violente que la métropole.

Le constat est sans appel : les infractions violentes restent plus nombreuses en Outre-mer qu’en métropole. Dans son bilan statistique de la délinquance en 2017, les forces de sécurité enregistrent, dans l’ensemble, plus d’infractions violentes dans les Outre-mer qu’en métropole, alors que les vols non violents sont plutôt moins nombreux et en diminution. Chacun des territoires ultramarins a cependant ses propres spécificités. Dans les Antilles, à la Guyane et à Mayotte, le nombre de vols violents par habitant est nettement plus élevé qu’en métropole. Depuis deux ans, ce type de délinquance diminue cependant dans tous les outre-mer : le nombre de victimes en 2017 a été plus faible qu’en 2016 et en 2015.

Les coups et blessures volontaires, ainsi que les violences sexuelles, sont particulièrement fréquents dans les territoires ultramarins. Dans les départements français des Antilles, à la Réunion, et surtout en Nouvelle Calédonie et en Polynésie, les violences intrafamiliales sont particulièrement nombreuses. Leur nombre augmente fortement depuis deux ans en Nouvelle-Calédonie. Hors de la sphère familiale, le nombre de victimes de violences a augmenté, ces deux dernières années, à la Réunion et à Mayotte. Il reste deux fois plus élevé qu’en métropole en Guyane, à la Guadeloupe et en Nouvelle-Calédonie. Les cambriolages restent nombreux à la Guyane, à Mayotte et en Nouvelle-Calédonie et les vols sans violence contre les personnes sont rares, sauf en Polynésie.

Malgré une baisse en 2017, les vols violents restent plus présents dans les Antilles qu’en métropole

Mayotte en tête et dans les trois départements français d’Amérique (Guadeloupe, Martinique et Guyane, ndlr), le nombre de vols violents pour 1 000 habitants est nettement supérieur à ce qu’on observe en métropole. Avec 7,7 vols pour 1 000 habitants en 2017, la Guyane est le département le plus concerné, suivi de Mayotte (3,3), de la Guadeloupe (3,3) et de la Martinique (2,1). A la Réunion, le nombre de victimes est égal à la moyenne métropolitaine (1,4). En Polynésie et en Nouvelle Calédonie, en revanche, il est très inférieur à cette moyenne. Dans certains de ces vols, l’auteur est armé, dans d’autres -plus nombreux- il use de violence ou de menace sans être armé. Quel que soit le mode opératoire, la hiérarchie entre les territoires est la même, précise le bilan. Ces spécificités ne sont pas propres à l’année 2017 : elles ont cependant tendance à se réduire car ce type de délinquance diminue depuis deux ans, notamment en Guadeloupe (-27 % entre 2015 et 2017) et en Guyane (-16 %). A Mayotte, la baisse est plus modeste (-12 %).

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Plus de victimes de violences physiques et sexuelles dans les territoires ultramarins

Le nombre de victimes de crimes ou délits de coups et blessures contre des personnes de 15 ans et plus est spécifiquement élevé dans l’ensemble des outre-mer : alors qu’il est de 3,5 pour 1 000 habitants en métropole, il est supérieur à 5 à la Martinique, en Guadeloupe, à la Réunion, à Mayotte et en Polynésie. Il est même supérieur à 8 en Nouvelle Calédonie et en Guyane. Là encore, ces particularités ne sont pas propres à l’année 2017 : les chiffres étaient du même ordre en 2015 et en 2016. En métropole, les forces de sécurité ont enregistré 0,6 victime de violences sexuelles (viols, tentatives de viols, harcèlements et attouchements sexuels) pour 1 000 habitants en 2017. Ce taux est beaucoup plus élevé en Guyane (1,3) ainsi que dans les territoires de l’Océan Indien et de l’Océan Pacifique (entre 0,8 et 0,9), mais l’écart avec la métropole n’est pas très important pour les DOM antillais.

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Dans les territoires où la violence est élevée, le nombre d’homicides est fort

Si on synthétise les indicateurs sur les vols violents, les coups et blessures volontaires et les violences sexuelles, cinq territoires se distinguent : les trois départements français d’Amérique, Mayotte et la Nouvelle Calédonie. Dans ces cinq territoires, le nombre d’homicides est également beaucoup plus élevé qu’en métropole : en moyenne sur 3 ans (2015-2017), on déplore en métropole 0,13 victime pour 1 000 habitants. Ce taux est de 0,2 à Mayotte, 0,5 en Martinique, 0,6 en Nouvelle Calédonie, 1,0 à la Guadeloupe et 1,5 en Guyane. La Réunion et la Polynésie, en revanche, ne se distinguent pas des territoires métropolitains.

Il n’en est pas de même dans les petites Antilles de Saint-Barthélemy et Saint-Martin. A Saint-Barthélémy (9 000 habitants), il n’y a pas plus de violence qu’en métropole, et plutôt moins de cambriolages. En revanche, les vols de voiture sont particulièrement nombreux : 6,5 pour 1 000 habitants (en moyenne sur 3 ans) contre 2,5 en métropole. Les vols de véhicules sont également nombreux dans la partie française de l’île de Saint-Martin (35 000 habitants) : 9,5 pour 1 000 habitants chaque année. Mais ce territoire se caractérise surtout par une importante délinquance violente : chaque année, les forces de sécurité enregistrent 4,5 vols violents pour 1 000 habitants et 9,5 victimes de coups et blessures volontaires. Ces indicateurs sont très supérieurs à ce qu’on observe en métropole et dans la plupart des autres territoires ultramarins. Les autorités précisent par ailleurs que ces spécificités sont antérieures aux ravages causés par l’ouragan Irma en septembre 2017.

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