Certains départements d’Outre-mer sont plus exposés à certains types d’allergies, selon un rapport de l’agence nationale française chargée de la sécurité sanitaire. Elle déplore, par ailleurs, le manque de données pour évaluer l’impact des pollens et moisissures de l’air ambiant sur la santé de la population.

Quel est l’impact des pollens et moisissures allergisants de l’air ambiant sur la santé des habitants des départements d’Outre-mer ? C’est la question sur laquelle s’est penchée l’agence nationale française chargée de la sécurité sanitaire (Anses), sur la demande des ministères de l’Écologie et la Santé.

L’Anses constate dans son rapport que certains départements d’Outre-mer sont plus exposés à certains types d’allergies que d’autres. C’est notamment le cas de La Réunion et la Guadeloupe où les cas de rhinites allergiques sont plus nombreux que dans l’Hexagone. Même constat pour l’asthme. Il y aurait plus de personnes asthmatiques en Guadeloupe, à La Réunion ou en Martinique, que dans l’Hexagone. Ainsi, dans les départements d’Outre-mer, il y aurait plus de collégiens asthmatiques, qu’au niveau national (entre 11 et 12 % dans les DOM, contre 8,6 dans l’Hexagone).

Néanmoins, l’Anses avertit que « des données ne sont pas suffisantes pour établir un lien entre ces pathologies et l’exposition aux pollens et moisissures de l’air ambiant ». De plus, l’absence de tests allergologues spécifiques et fiables, ne permet pas de savoir précisément quel est le niveau de sensibilité de la population aux pollens et autres moisissures.

Aucun dispositif de mesure en Outre-mer

En effet, l’agence précise en préambule que les départements d’Outre-mer ne possèdent actuellement aucun dispositif permettant de mesurer la quantité de pollens et autres moisissures présents dans l’air. Les données actuellement disponibles, sont « ponctuelles et très localisées qui ne permettent pas de dresser un inventaire précis des espèces présentes dans les DROM ou d’évaluer précisément l’exposition de la population à ces agents biologiques ». Cependant, selon l’Anses, certains pollens seraient plus allergisants que d’autres, notamment ceux présents dans le filao ou dans la canne à sucre.

En outre, selon l’Anses, le lien entre les conditions météorologiques (ou la pollution atmosphérique) et la production des pollens et autres moisissures n’est pas (encore) avéré. Mais, leur développement et leur dispersion sont favorisés par certains facteurs, notamment :

  • l’humidité
  • la température
  • le vent
  • les cyclones tropicaux

Le lien entre brume de sable, pollution atmosphérique et pollens et moisissures, n’a pas encore été prouvé.

Les préconisations de l’Anses

Les recommandations de l’Anses sont nombreuses. Parmi elles :

  • La mise en place d’un dispositif de mesure des pollens et des moisissures présents dans l’air ambiant prenant en compte la répartition de la population, la biodiversité végétale de ces territoires et les conditions climatiques. L’implantation de capteurs de mesure devra se faire, en priorité, dans les zones à forte densité de population comme le milieu urbain.
  • La poursuite de la recherche et du développement de nouvelles méthodes de capture et d’analyse, qui permettraient d’identifier des espèces spécifiques des DROM
  • Le développement de tests allergologiques spécifiques aux pollens et moisissures des DROM
  • Limiter la plantation de végétaux déjà connus comme allergisants en France et dans d’autres pays

Sensibiliser et informer la population sont aussi des missions primordiales. Pour cela, l’agence appelle tous les acteurs à se coordonner (Agences régionales de santé, Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air, médecins, pharmaciens, biologistes, botanistes, etc), afin d’encourager l’émergence d’actions communes.

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