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Selon une enquête de l’Insee, la « fuite des cerveaux » antillais vers l’Hexagone aurait des conséquences dans plusieurs secteurs de métiers, notamment la santé.

Les jeunes Antillais sont de plus en plus nombreux à partir dans l’Hexagone à la recherche d’un emploi. Selon une enquête de l’Insee réalisée en décembre dernier, cette « fuite des cerveaux » pourrait devenir problématique en Guadeloupe et la Martinique, dans certains corps de métier, notamment celui de la santé – causant des difficultés pour les soignants.

  • État des lieux en Guadeloupe 

Il ressort tout d’abord qu’en Guadeloupe, le corps médical compte dans ses effectifs des personnes âgées de 55 ans et plus. Or, l’Insee estime que « le métier, considéré comme physiquement et psychologiquement exigeant, entraîne une part élevée de départs à la retraite consécutifs à des problèmes de santé ». Pour l’Insee il faut donc impérativement mettre l’accent sur le renouvellement de ces effectifs. Cette demande est d’autant plus pressante qu’il y a une stagnation démographique et le départ conséquent de beaucoup de jeunes vers l’Hexagone. Mais est plus complexe qu’il n’y paraît. Ainsi l’Insee relève que le métier d’aide-soignante est perçu comme « peu attractif » et cela « pourrait accentuer les difficultés d’embauches ».

Pour ce qui est des infirmiers, là encore la situation est différente. Ce sont ceux travaillant dans le milieu hospitalier qui souffrent le plus d’un manque d’effectifs. Ainsi, depuis 2013 l’emploi salarié n’a augmenté que de 3% contre 11% pour le non-salarié, c’est-à-dire le libéral.

Le libéral attire donc plus que le travail en hôpital, ce qui amplifie les difficultés du secteur hospitalier. En dépit de cela, l’Insee note que le métier d’infirmier est relativement dynamique. En Guadeloupe, les embauches ont progressé de 4,8 % par an entre 2008 et 2013. L’institut précise également que « la Guadeloupe figure parmi les régions françaises ayant la plus forte proportion d’infirmiers libéraux ».

À noter que pour l’Insee , les infirmiers sont en général plutôt âgés. En 2013, 23% d’entre eux avaient plus de 55 ans. Leur non départ à la retraite, pourrait aussi expliquer les difficultés de renouvellement d’effectifs auxquelles est confrontée la profession.

© Insee Guadeloupe

 

  • État des lieux en Martinique 

La situation de l’île sœur est quasiment la même qu’en Guadeloupe. En effet, l’emploi dans le domaine de la santé est en légère progression sur l’île (1,3% par an ces cinq dernières années en Martinique, contre 3,6 % en Guadeloupe sur la période 2008-2013). Le vieillissement croissant de la population n’y est pas étranger. D’ailleurs, selon l’Insee, « en 2030, un tiers de la population serait âgé de 65 ans ou plus selon les projections de population ». En outre, les maladies tropicales, épidémies et autres pathologies chroniques (type diabète), auxquelles pourra être confrontée cette population augmenteront le besoin en terme de professionnels de santé.

De plus, la Martinique se trouve face à un autre problème : un manque accru de médecins généralistes. « 33 médecins généralistes pour 100 000 habitants en Martinique contre 155 au niveau hexagonal », estime l’Insee. Cela vient se rajouter aux manques d’effectifs dans les autres branches.

Pourtant, tout n’est pas perdu. L’emploi dans le domaine des aides-soignants a connu une hausse de 2,2 % entre 2008 et 2013. En outre, à l’instar de l’Insee Guadeloupe, l’Insee souligne qu’en Martinique, « ce besoin pourrait s’accentuer, les effectifs d’aides-soignants étant particulièrement vieillissants et proches de la retraite. La moitié est âgée d’au moins 48 ans en 2013 et un sur quatre a 55 ans ou plus en 2013 ». Bien que le métier soit difficile et même éprouvant, les départs à la retraite en cascade et l’image peu glamour dont souffre le métier, il a besoin d’effectifs pour s’occuper d’une population de plus en plus vieillissante.

© Insee Martinique

À contrario, chez les infirmiers, la situation semble au beau fixe. L’Insee explique dans son enquête que « cette évolution résulte du vieillissement général de la population martiniquaise pour laquelle les besoins en personnels de santé s’amplifient. Les perspectives d’embauches semblent favorablement orientées. Entre 2015 et 2017, en moyenne, 170 projets de recrutement ont été annuellement dénombrés ».

Cependant, le nombre d’emplois infirmier connaît une moins forte hausse en Martinique (2,6 par an entre 2008 et 2013) qu’en Guadeloupe. Cette hausse est principalement due aux professions libérales, car tout comme en Guadeloupe, la Martinique de grosses difficultés au niveau des embauches en milieux hospitaliers. Mais le métier a encore de beau jour devant lui et cela, à cause (ou grâce) au manque de structures disponibles pour les personnes âgées. Tout comme la Guadeloupe, la Martinique est l’une des régions françaises possédant le plus d’infirmiers libéraux.

Une loi santé pour répondre aux besoins de la population

Pour pallier les besoins des populations en matière de santé, une loi a été lancée le 26 janvier 2016. Elle « introduit la pratique avancée en soins infirmiers » et inclut « des activités prévention ou de dépistage, des actes d’évaluation et de conclu soin clinique, des prescriptions d’examens complémentaires et des renouvellements ou adaptations de prescriptions médicales ».

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