Le CHU de Martinique reçoit une aide financière de l’Etat de 11 millions d’euros

© architecture-hospitalière

Placé sous administration provisoire depuis le 3 janvier 2018, le Centre Hospitalier Universitaire de Martinique se voit concéder une aide de 11 millions d’euros par le gouvernement.

Une bonne nouvelle pour la direction, les personnels et les patients du Centre Hospitalier Universitaire de Martinique (CHUM). Le ministre des Solidarités et la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé aux administrateurs de l’établissement médical, le 30 décembre dernier, une aide exceptionnelle de 11 millions d’euros, en complément du budget annuel de 93 millions.

Un soutien financier, destiné à payer les fournisseurs et à approvisionner les services, dont le CHUM bénéficiera pour combler son déficit annuel qui atteint aujourd’hui 30 millions d’euros. En outre, l’établissement hospitalier a été placé sous administration provisoire mercredi 3 janvier, pour une durée de six mois. Trois membres de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) : Claude Dagorne, Pierre Lesteven et Angel Piquemal, ont été nommés pour mener cette opération de redressement sans précédent.

Le CHUM financièrement « sinistré »

Dans un rapport publié le 20 décembre dernier, la Cour régionale des Comptes (CRC) a sévèrement épinglé le CHUM pour sa situation économique catastrophique. La juridiction financière de l’ordre administratif en France a étudié la « santé » de l’hôpital entre 2009 et 2015. Elle pointe notamment du doigt de la qualité des soins : « Sur le plan médical, la haute autorité de santé (HAS) a fait été en avril 2015 d’un nombre important de réserves majeures et de réserves sur la qualité et la sécurité des soins ». 

En outre, elle juge que les agents administratifs sont trop nombreux par rapport au personnel médical. Ils coûteraient 188 000 millions d’euros tandis que 54 millions d’euros sont consacrés aux soignants. Et pour la Cour des comptes, « la distribution de revenus a donc pris le pas sur la performance dans la qualité des soins au service de la population martiniquaise ».

De plus, la fusion qui devait avoir lieu entre le CHU Pierre Zobda-Quitman au Lamentin, la Maison de la Femme de la Mère et de l’Enfant (MFME) à Fort-de-France et l’hôpital Louis Domergue à Trinité n’a toujours pas eu lieu, alors qu’elle avait été décidée en 2013. Néanmoins, ce projet avait permis de mettre en lumière la situation alarmante dans laquelle se trouve le CHU de Martinique. Après ce constat, l’Agence régionale de Santé (ARS) avait décidé de mener un plan de retour à l’équilibre. Ce plan prévoyait (entre autres) la suppression de 900 postes. Mais, d’après le CRC, jusqu’à présent rien a été fait. Selon eux, en 2015, « les rémunérations versées ont atteint 134,4% des recettes d’activité, hors dotations ». 

Il n’y pas que la Cour régionale des Comptes qui s’inquiète de la situation au CHUM, les syndicats également. Ils sont d’ailleurs relativement sceptiques face à la dotation de l’État. Ainsi, Bruno Charles Achille, secrétaire général de la CDMT santé, estime que cette aide ne sera pas suffisante, le déficit étant trop important. « Aujourd’hui quand on vous donne 10 millions d’euros et que vous avez un déficit abyssal vous ne pouvez rien faire » a-t-il déclaré.

En Guadeloupe, le CHU de Pointe-à-Pitre se reconstruit

Le Centre Hospitalier Universitaire de Pointe-à-Pitre-Abymes en Guadeloupe poursuit sa reconstruction, après l’incendie qui a ravagé l’établissement le 28 novembre dernier. Il a conduit à l’évacuation de plus de 500 patients et 700 membres du personnel. Un hôpital de campagne, l’ESCRIM (Elément de sécurité civile rapide d’intervention médicale), avait été érigé quelques jours plus tard afin d’accueillir les cas les plus urgents.

Le Centre Hospitalier de Basse-Terre a accueilli de son côté 90 patients, auxquels s’ajoutent une soixantaine de patients transférés de la clinique des Eaux Claires, à Baie-Mahault. Le CHU de Martinique a également pris en charge 52 patients. Du personnel a également été appelé en renfort.

Après cet incident, la vétusté de l’établissement a été mise en question. Mais pour Pierre Thépot, le directeur du CHU « ce n’est pas le sujet ». « On construit un nouveau CHU et dans cinq ans on y sera. Il est vétuste, certes, mais n’importe quel établissement confronté à ce type de situation est obligé de prendre ces mesures-là », a-t-il expliqué.

Bien que l’on se doute que la reconstruction complète prendra du temps, certains services de l’hôpital ont quand même réussi à rouvrir leurs portes. C’est notamment le cas du service de réanimation. Cependant, l’ESCRIM reste toujours présente sur place.Par ailleurs, la direction du CHU de Guadeloupe a annoncé que des mesures de sécurité seraient mises en place pour pallier les dysfonctionnements suite à une visite de la commission de sécurité.

Une « aide transitoire » pour la Réunion

En visite à la Réunion, en octobre dernier, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé que le Centre Hospitalier universitaire de l’île recevra une « aide transitoire » de 50 millions d’euros, répartis sur quatre ans, dont 14 millions dès 2017.

Le CHU de la Réunion accuse un déficit de 35 millions d’euros en 2016, Agnès Buzyn a annoncé une aide de 50 millions d’euros à la structure.

 

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