Un poisson-perroquet bicolore. © Wikipedia / Richard Ling

Les jours passent et les fonds marins de la Caraïbe subissent chaque jour les assauts de l’homme. Parmi ses victimes collatérales : les récifs coralliens, qui pourraient tout simplement disparaître d’ici 20 ans.  En cause ? La surpêche des poissons-perroquets.

Objet de toute l’attention, les récifs coralliens pourraient bien disparaître et plus vite que prévu. C’est le constat que dressait déjà l’Organisation des Nations Unies et et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), il y a quatre ans déjà.

Selon l’étude publiée à l’époque, dans la Caraïbe, il ne reste actuellement qu’un sixième des récifs coralliens d’origine.

Depuis les années 1970, plus de 50% de la surface occupée par les coraux dans les Caraïbes a déjà été perdue. En cause, l’explosion démographique et des conséquences comme la surpêche ou la pollution des côtes. Les chercheurs avertissent donc que « la majorité des récifs coralliens des Caraïbes pourraient disparaître ces 20 prochaines années ».

« Menace sérieuse »

Le changement climatique a pendant longtemps été tenu pour principal responsable de la dégradation de l’état des coraux. S’il représente toujours une « menace sérieuse » car il favorise l’acidification des océans et le blanchissement des coraux, ce qui entraîne un ralentissement ou un arrêt de leur croissance, il n’est désormais plus dans la ligne de mire des experts.

Le rapport montre en effet que la quasi-disparition des poissons-perroquets, surpêchés depuis des décennies par les hommes, et celle des oursins, morts en masse en 1983 du fait d’une maladie non identifiée, sont les principales causes du déclin des coraux des Caraïbes. Les poissons-perroquets et les oursins sont en effet considérés comme les principaux mangeurs d’algues qui envahissent les coraux.

Or, pour Carl Gustaf Lundin, directeur du Programme du milieu marin et polaire de l’UICN, « s’il y a trop d’algues, il est très difficiles de rétablir les coraux », d’où la nécessité de changer le mode de gestion de la pêche dans ces pays en luttant contre la surpêche, en empêchant de pêcher trop près des côtes et en interdisant la pêche avec des cages.

Selon le rapport, les coraux qui se portent le mieux sont ceux qui hébergent les plus grandes colonies de poissons-perroquets. C’est le cas dans le Secteur Marin National américain dans le nord du Golfe du Mexique, aux Bermudes et à Bonaire (Antilles néerlandaises), où les autorités ont restreint ou interdit les pratiques de pêche qui nuisent aux poissons-perroquets. D’autres récifs, non protégés, sont eux en revanche en grand danger, comme en Jamaïque, mais aussi en Floride, entre Miami et Key West, et sur îles Vierges américaines.

(Mediaphore avec AFP)

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