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En visite aux Antilles, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a annoncé plusieurs mesures visant à « redémarrer » l’économie de Saint-Martin, frappée début septembre par l’ouragan Irma.

« Faire redémarrer l’activité économique et le respect des droits des salariés », voici la tâche que s’est donnée Muriel Pénicaud. La ministre était samedi et dimanche en visite sur l’île de Saint-Martin, frappée début septembre par l’ouragan Irma qui a fait onze morts sur les îles françaises des Caraïbes et causé des dégâts matériels chiffrés à 1,2 milliard d’euros. Elle a annoncé dans un communiqué la mise en place de plusieurs mesures pour redynamiser l’économie de Saint-Martin. Ainsi plusieurs amendements au projet de loi de ratification des ordonnances seront déposés par le gouvernement en janvier. Certaines actions se prolongeront dans le temps.

La ministre du Travail a annoncé une exonération du financement du contrat de sécurisation professionnelle (CSP) pour les entreprises. Un dispositif qui prévoit en cas de licenciement économique que le salarié bénéficie d’un accompagnement renforcé (formation, suivi par Pôle emploi), ainsi que d’une allocation à hauteur de 75% de son ancien salaire. Selon la ministre, l’exonération « permettra de sauver plusieurs entreprises et plusieurs centaines d’emplois ».

S’adapter à la situation

Muriel Pénicaud envisage également d’accorder aux entreprises saint-martinoises « une aide supérieure à 1000 heures d’activité partielle par salarié, afin de faire la jonction avec la saison prochaine ». Avec le soutien des OPCA (organismes finançant les formations des salariés du secteur privé, ndlr), les salariés pourront bénéficier de formations (via un plan de formation dédié). De plus, durant cette période l’entreprise n’aura rien à débourser et les salariés continueront à être payés à 100 %.

La ministre du Travail prévoit d’étendre cette mesure jusqu’à fin 2018. Cependant, pour les employés ne suivant pas de formation ) aucune mesure n’a été annoncée par la ministre, ce qu’a regretté Daniel Gibbs, le président de la collectivité de l’île : «Nous devons gérer les effets d’une crise et prévenir une explosion sociale. Nous avons 13 000 personnes qui risquent de se retrouver sans emploi d’ici quelques mois. Beaucoup auront le choix entre partir et être au chômage. Après un cataclysme climatique, nous voulons éviter l’apocalypse sociale». Il a quand même salué cette initiative de l’Etat, ainsi que les efforts fournis.

Création d’un CFA 

Autre engagement pris par Muriel Pénicaud, celui de créer un centre de formation d’apprentis (CFA), sur l’île. L’établissement sera consacré aux métiers du tourisme (le poumon économique de l’île, ndlr) et aussi dans le BTP (notamment au vue des grands chantiers de reconstruction qui s’annoncent) .

« La qualification est la meilleure protection contre le chômage. Il y a une corrélation entre le taux de chômage et le niveau de qualification » a déclaré la ministre. Selon elle, Irma ne doit pas être vue comme une « fatalité » économique mais comme une opportunité. Muriel Pénicaud estime donc qu’il faut « profiter de la crise pour élever les compétences dans les entreprises ». « Monter le niveau de qualification » est primordial. Néanmoins, à l’heure actuelle, aucune information n’a été donnée concernant la date d’ouverture de ce centre, ni concernant son financement ou encore sa gestion. Affaire à suivre donc…

Renforcement des moyens pour les organismes dédiés à l’emploi

Ce renforcement passera notamment par la création d’une antenne régionale de la DIECTTE (déjà présente en Guadeloupe, Martinique, Guyane , Réunion et Mayotte, ndlr). Une autre antenne consacrée à la jeunesse sera également mise en place au Pôle Emploi local. Il traitera de problématique en matière de santé ou de logement et collaborera avec la Collectivité. « J’ai décidé en étroite collaboration avec la Collectivité d’adapter très rapidement les règles et les programmes, gérés par le ministère du travail, nécessaires au contexte spécifique de St Martin pour mieux répondre aux défis et aux besoins de court et long terme des salariés, des demandeurs d’emploi, des jeunes et des entreprises. Le but est de pouvoir transformer cette crise en opportunité pour préparer l’avenir » a annoncé Muriel Pénicaud.

Le Premier ministre, Édouard Philippe, avait annoncé lors d’une visite en novembre un moratoire sur les cotisations sociales des entreprises en difficulté jusqu’en novembre 2018

 

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