Kalash Photograph Koria
© Koria

Double disque d’or, des centaines de milliers de fans, des millions de vues sur les réseaux sociaux… Kevin Valleray alias Kalash s’est taillé une solide réputation dans l’industrie de la musique. Le chanteur martiniquais a célébré son succès dans la salle du Zénith de Paris, jeudi 21 décembre.

L’année 2017 n’a pas été de tout repos pour Kalash, Kevin Valleray à l’état-civil. Le chanteur originaire de la Martinique a sillonné l’Hexagone, l’Europe, les Caraïbes et l’Océan indien. Une tournée de live pour promouvoir ses 3e et 4e albums : Kaos (sorti en mai 2016) et Mwaka Moon (octobre 2017). Deux opus qui ont battu plusieurs records et illustrent surtout le succès de l’artiste de 29 ans.

De la Cité de Dillon de Fort-de-France, des sounds-sytems underground, des showcases dans les boîtes de nuit, aux salles de spectacles parisiennes et européennes… Kalash a pris le temps de se façonner et se perfectionner. Un travail acharné qui a fait ses preuves… Le Général KLH touche aujourd’hui l’or, le platine et le diamant.

Ouverture sur la scène urbaine

Les initiés se souviennent de ses premiers tubes comme Pran Pié ou encore Mama qui ont inondé les ondes dans les années 2009-2010. Mais c’est sa collaboration avec une pointure de la musique caribéenne qui sera son premier tremplin. Kalash rencontre le King du reggae-dancehall, Admiral T. Un coup de foudre amical. Le premier admire le second. Le second encourage le talent du premier. Deux albums et des mixtapes plus tard… le dancehall antillais doit compter sur une nouvelle pépite en provenance de la Martinique. Et elle brille, si bien qu’elle et son single « Bando » attirent le regard d’un autre mastodonte, celui du rap français : Booba.

« Je pense que ses relations avec Booba l’ont aidé. Elles lui ouvert les portes du rap français. Ça lui a permis de quitter l’étiquette ‘communautaire’ pour ‘l’urbain’ », analyse Michèle Beltan, responsable de la distribution des musiques caribéennes chez Believe Digital. « Kalash est un ariste dancehall mais pas que… ». Il n’apure pas, il se renouvelle et se nourrit de toutes ses influences : reggae, dancehall, hip-hop, rap, zouk, etc. Tous les moyens sont bons et maîtrisés pour jouer dans une cour plus grande.

En mai 2016, il met son public Kaos avec un troisième album à la fois éclectique et fidèle à lui-même, signé chez Capitol Universal. « Dans tout ce qui est instrumentalisation, il est passé à un niveau supérieur », explique Michèle Beltan. Le Général KLH travaille avec une flopée de beatmakers talentueux. Et il partage des titres avec des chanteurs de tout horizon avec des flows bien affirmés : Booba, Gato Da Bato, Admiral T.

Dix-sept mois plus tard, il récidive avec Mwaka Moon. Un single de diamant, un disque d’or. Une combinaison qui lui sied à merveille. Un quatrième album, tant attendu, qui semble apaiser apaise les turbulences de son Kaos.  Il explose les compteurs avec Damso. Il touche avec Satori. Il ambiance avec Mavado. Il s’offre Vybz Kartel. Il envoie avec Niska et Lacrim… pour ne citer que ces featuring, loin d’être innofensifs. Kalash surprend, Kalash sublime et surtout épate par tout le travail abattu.

« Mwaka » sans tricher

Ce sont ses fans qui le disent le mieux. Kalash est authentique. Signé dans une major française, le chanteur martiniquais ne louvoie pas. Pas de palinodie. Le chanteur garde son créole, car « il fait partie de son identité », affirme Michèle Beltan. « Regardez le travail qu’il a fait avec le mot ‘Mwaka’ », à l’origine péjoratif pour désigner les Antillais. Le Martiniquais le clame haut et fort, ce qui n’est pas sans rappeler l’œuvre d’un Aimé Césaire avec le mot « nègre » pour se réapproprier et affirmer son identité. Sur les réseaux sociaux, il échange avec son public sur l’histoire des Antilles, pousse des coups de gueule. « Après l’automne », il ne snobe pas la politique et les changements de notre société.

A l’instar de nombreux artistes, il a engendré les codes de la communication 2.0. Avec son équipe, ils ont pris d’assaut les réseaux sociaux. « Aujourd’hui pour faire de la musique, il faut entretenir son environnement professionnel et son environnement social », souligne Michèle Beltan. Kalash ne cache pas sa consommation de stupéfiants, il partage un peu de son quotidien.

Le nombre de vues sur YouTube est désormais un critère à ne pas négliger. La consommation de la musique a changé la donne. Il faut compter sur le streaming musical (Spotify, Deezer, Apple Music) et les communautés de fans qui font un bouche-à-oreille par moment plus efficient qu’une campagne de pub.

Kalash garde la tête haute, aussi face à la justice – qu’il devra affronter de nouveau. Le père de famille fixe l’horizon, préparant l’avenir. Le Général s’occupe de sa boutique officielle et a fondé son propre label, Mwaka Moon Music. De nouveaux challenges pour une autre année prometteuse à venir.

Welcome To Mwaka Moon

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