Emmanuel Macron l’avait promis. La rentrée des classe serait réellement effective au retour des vacances de la Toussaint à Saint-Martin, deux mois après le passage de l’ouragan Irma. Pour l’occasion, une délégation ministérielle s’est déplacée sur l’île pour assister au retour des élèves sur les bancs de l’école. Reportage à Quartier d’Orléans, où le Premier ministre Édouard Philippe s’est rendu.

La cloche vient de sonner et Maliska, 7 ans, arborant fièrement son uniforme, se regroupe avec ses petits camarades de classe, au son des tambours qui jouent un air de fête pour la rentrée. Elle revient à l’école, pour de vrai, pour de bon cette fois, deux mois après le passage d’Irma qui a « cassé sa maison« . « Je suis contente de revenir à l’école« , dit-elle en souriant, avant de gambader vers ses copines, un peu impressionnée par la foule de journalistes venus scruter les pas du Premier ministre Édouard Philippe, dans l’école Clair Saint Maximin de Quartier d’Orléans .

Le Premier ministre arrive dans une école de Saint-Martin – A. Ascensio

Arrivé à Saint-Martin depuis la veille, le Premier ministre est venu constater que « même s’il n’y a rien de normal en ce moment à Saint-Martin, la vie recommence et que la rentrée s’est bien passée, malgré les circonstances« . La rentrée au retour des vacances de la Toussaint, c’était une promesse faite par le président de la République au lendemain du passage de l’ouragan. C’est donc chose faite. Ou presque.

Des situations encore complexes

Sur les 21 écoles publiques que compte la collectivité, 6 ne sont pas encore en état de fonctionnement et ont été relocalisées sur d’autres établissements. « Il y a des rotations entre les classes, pour que tout le monde puisse avoir cours dans la journée » précise Camille Galap le recteur de l’académie de Guadeloupe. Avec 90% du personnel opérationnel, les 4300 enfants recensés avant les événements devraient avoir retrouvé le chemin de l’école. Quant aux autres, les situations divergent : certains élèves que les parents ont souhaité faire passer de l’école privée à l’école publique juste après Irma ne sont pas encore inscrits et donc, encore non scolarisés. Certains ne sont pas encore revenus de leurs refuges métropolitains ou de Guadeloupe, d’autres n’ont pas été recensés et certains d’origine étrangère, ne sont pas comptabilisés dans la population, dont le nombre total reste très imprécis. « On sait combien de personnes sont parties, mais on ne sait pas vraiment sur quel chiffre on se base« , note-t-on au rectorat.

Les élèves de l’école Clair Saint-Maximin (Quartier d’Orléans) – A. Ascensio

Ateliers thématiques et psychologie

Mais la plupart des écoles ont rouvert depuis le 2 octobre dernier. C’est le cas de celle de Quartier d’Orléans, finalement peu abîmée où les enfants ont été accueillis, malgré leurs traumatismes et ceux des personnes encadrantes. « Il y avait une petite souffrance chez les enfants, qui s’est relativement rapidement effacée face à la joie de retrouver leurs copains ; tout le monde se parlait dans toutes les langues« , se souvient en souriant Joelle Petchy-Dorville, directrice de l’école depuis plus de 13 ans. Ce matin, certains parents ont les larmes aux yeux en laissant, soulagés, leur progéniture revenir dans un cadre normal. Car les classes reprennent un fonctionnement classique, mais jusqu’alors, les cours étaient assurés sous forme d’atelier pédagogiques, tout niveaux et toute matières, un peu comme dans certains établissements de métropole où des expériences de la sorte sont menées, parfois contestées, souvent concluantes. « Cela a bien fonctionné : nous avons mis en place des ateliers de sciences, de musiques, de sport, et autres thématiques pour maintenir une activité« , raconte la directrice.

Joëlle Petchy-Dorville

Dès la reprise début octobre, des psychologues scolaires ont arpenté les établissements pour assurer un suivi des enfants, des enseignants. C’est notamment le cas Maryse, présente dans l’école de Quartier d’Orléans. « Les petits ont fait preuve d’une certaine résilience, pour ceux qui sont restés« , explique-t-elle. Pour les autres, ceux qui viennent de revenir, ou reviendront dans les semaines à venir, il faudra encore être là. « S’ils sont partis c’est que leurs parents, ou même eux, ont eu un vrai traumatisme. Il faudra donc rester à l’écoute des signes de traumatisme« , confie Maryse. Elle a aussi parlé aux plus grands, collégiens et lycéens, qui eux, dit-elle, s’inquiètent de leur avenir, de la présence de leur professeurs ou de la suite de leur études dans un territoire où tout est à reconstruire.

 

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