Selon une étude réalisée par l’Insee, les femmes représenteraient la moitié des cadres en Martinique. Toutefois, elles restent peu nombreuses à atteindre les plus hautes fonctions.

En Martinique, les femmes entreprennent et gravissent les échelons. Selon une étude de l’Insee sur la mixité professionnelle, publiée en septembre 2017, le Martinique est l’unique région française à compter une majorité de femmes parmi ses cadres – 81% de professeurs du primaire, 62% de professeurs du secondaire, 85% de cadres féminins dans la fonction publique hospitalière. Ces dernières représenteraient la moitié des cadres en fonction sur l’île. Des résultats encourageants selon l’institut. Cette analyse est toutefois tempérée car les femmes restent malheureusement peu nombreuses à occuper de hautes fonctions (à briser le plafond de verre), seulement 30%.

Réussite dans les études, mais insertion difficile

Concernant l’environnement scolaire, les filles réussissent mieux que les garçons, en Martinique. En outre, elles sont davantage scolarisées (93 % contre 91 %). Les auteurs de l’étude précise que ce « léger déséquilibre est lié au départ de nombreux jeunes, majoritairement masculins » pour poursuivre leurs études ou trouver un emploi. « Les velléités de départ des jeunes femmes sont souvent contrecarrées par une maternité plus précoce qu’en moyenne nationale », ajoute la synthèse analytique.


De plus, le chômage reste persistant sur l’île, ce qui conduit certaines jeunes diplômées « à accepter des emplois faiblement qualifiés ou faiblement rémunérés plutôt que de n’avoir aucun emploi. Ce décalage entre formation initiale et emploi, touche une femme de moins de 35 ans sur trois, contre un homme de moins de 35 ans sur quatre ».

À l’instar des autres régions françaises, les femmes sont davantage exposées au chômage que les hommes. Du côtés de la Martinique, 24 % des femmes âgées de 25 à 54 ans sont au chômage contre 20 % d’hommes en 2013. Les femmes sont 80 % contre 84 % d’hommes à avoir un contrat à durée indéterminée et 19 % contre 15 % d’hommes à avoir un contrat à durée déterminée, l’intérim ne représentant qu’une faible part de l’emploi. En 2013, les trois quarts des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes et près de la moitié de ces emplois sont le fait de femmes chefs de famille monoparentale.

Forte ségrégation professionnelle

À cela s’ajoute l’éternelle question des écarts salariaux. En effet, « en 2014 en Martinique, les hommes salariés du secteur privé gagnent en moyenne 26 % de plus que les femmes salariées ». Sur l’ensemble des départements français, la Martinique figure à la 5e place dans l’indice de ségrégation professionnelle, avec une valeur de 0,57. Les cinq premiers métiers salariés du secteur privé exercés par les Martiniquaises font partie des métiers dits « peu qualifiés » et représentent 40 % des métiers féminins : employées de maison, vendeuses, secrétaires, employées administratives d’entreprise et caissières ou employées de libre-service.

Source: Insee

Les Martiniquaises sont aussi nombreuses à être cheffes d’entreprises. « Parmi les créateurs d’entreprise, 37 % sont des femmes soit quatre points de plus qu’en moyenne dans les DOM », relate l’étude. Et d’ajouter qu’en France hexagonale et en Corse, 28% des femmes créent leurs entreprises. « Parmi ces créatrices d’entreprises, 52 % proposent des services aux particuliers et 41 % d’entre elles évoluent dans le commerce, le transport, l’hébergement et la restauration« , détaille les auteurs de cette synthèse analytique.

Source: Insee

Parmi les Martiniquaises qui ont endossé de hautes fonctions – notamment dans la fonction publique – voire de très hautes fonctions, on recense Thérèse Yoyo, première femme bâtonnière de Martinique, Josette Manin, première femme députée de la Martinique, Marie-Thérèse Casimirius Maire de Basse-Pointe et bien d’autres.

 

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