Lycinaïs Jean à l'Élysée Montmartre, le 4 novembre 2017. © Mediaphore

À 24 ans, Lycinaïs Jean est une étoile montante de la musique caribéenne. Un premier album, un premier concert solo à Paris, un public fidèle… des atouts gagnants pour cette artiste déterminée.

Lycinaïs, ce n’est pas commun comme prénom. À vrai dire, c’est un nom de scène fabriqué de toutes pièces. Un nom d’artiste en hommage aux parents de la chanteuse de 24 ans. Martiniquaise de par son père, Guadeloupéenne de par sa mère, elle a usé d’une composition des lettres de son prénom, celui de sa mère et son patronyme. Elle ajoute que Jean se prononce comme Billie Jean, le morceau de Michael Jackson. Astucieux.

Le 4 novembre 2017, elle entame un nouveau chapitre de sa carrière : son premier album, intitulé « L’Arc-en-Ciel ». Elle signe l’ensemble des titres, y confie une part d’elle-même. Des bribes de la jeune fille timide qui a séduit des milliers de fans sur YouTube avec ses covers et ses freestyles. Ce public avec qui elle entretient une relation particulière. Elle adore converser avec ses admirateurs sur ses réseaux sociaux. “On me le fait souvent remarquer”, sourit-elle. “Moi je ne m’en rends pas compte, parce que ça se fait naturellement”. Une habitude qu’elle espère encore garder longtemps.

 

Son deuxième single « Mwen Enmé’w » n’est pas passé inaperçu. Il déborde d’amour. Un sentiment que la jeune artiste autodidacte sait bien exprimer. Au-delà de ses notes et sa voix mélodieuse s’est glissée une révélation. Celle de son homosexualité. Un sujet dont il ne faut pas faire tout un plat. “Je l’ai fait parce que j’avais envie de le faire et que je suis plutôt du style à ne pas me soucier du regard des autres”, précise-t-elle. Elle se contente d’être honnête et si ça peut faire évoluer les mentalités, tant mieux. Dans le cas contraire, elle n’est pas là pour militer – elle respecte “ceux qui se battent pour la cause – , mais pour être elle-même.

Lycinaïs Jean, un premier album dont on devine les influences pop, zouk, dancehall, pop rock, r&b. De la “pop caribéenne”, répond l’artiste multi-instrumentiste quand on lui demande de définir son style. Accompagnée de sa guitare – qui donne envie de l’écouter des heures en live – la jeune compositrice livre un premier opus de toute beauté, éclectique… un truisme à son image. Elle sera en concert le 22 décembre prochain au Flow à Paris.

De Youtube à l’Elysée Montmartre… quel regard portez-vous sur votre parcours ?

Un regard très positif ! Tout va super vite. Si j’en suis déjà là au bout de six ans, c’est qu’il y a certainement d’autres choses qui m’attendent. Il y a d’autres choses au bout du chemin. Je continue l’aventure, toujours avec la positive attitude.

Vous avez sorti votre premier album et fait votre premier concert à Paris, le même jour (le 4 novembre, NDLR). Comment vous l’avez vécu ?

À quelques heures de mon premier concert, je me sens bien mais je suis stressée. Mais comme je l’ai dit, je garde la positive attitude. Le stress deviendra une bonne pression. Une pression qui va faire que je vais exploser sur scène et me donner. Concernant mon album, j’ai écrit tous les titres. Il y a un morceau que j’ai co-composé avec mon guitariste Jean-Michel Mahi (« Parfait Tourment », NDLR). Il y a la chanson « Aimer » qui est sortie en 2014 que j’ai décidé de reprendre en acoustique, avec la participation de Joël Jaccoulet et Ralph Lavital. L’album, ça fait environ quatre ans que je le promets et bosse dessus. Il y a eu des ratures, des rectifications. On a retiré des morceaux. On en a remis d’autres. Et j’ai beaucoup composé entre temps. Ensuite on a comparé tous les sons et gardé le meilleur.

Quand vous n’êtes pas en train de composer ou faire des freestyles sur les réseaux sociaux, que faites-vous ?

C’est vrai que ma vie tourne autour de la musique. (Rires) J’avoue que je ne suis pas très sortie, sauf avec des amis. Je suis plutôt plan posé, pizza devant la télé. Sinon la plupart du temps je suis une grande travailleuse. C’est vrai que je peux ne pas avoir de limites et travailler de jour comme de nuit selon l’inspiration. Donc oui, je ne fais que de la musique. C’est mon métier. Un métier qui demande beaucoup de travail, donc forcément beaucoup de temps. Et puis c’est ma passion donc je ne m’en plains pas. (Rires).

 

« Quand on veut quelque chose, il faut se battre et travailler pour. »

 

Vous faites partie de la nouvelle génération d’artistes qui défendent la musique caribéenne. Quel regard portez-vous sur notre industrie ?

Comme on le sait, le marché de la vente d’albums est en train de s’effondrer. Ce n’est pas quelque chose qui me fait peur en soi, puisque je sors mon premier album. Il va me permettre de partir en tournée, à mon public de rentrer dans mon univers. À ce niveau, je ne m’inquiète pas trop. Après tout reste relatif, il faudra s’adapter. Oui il y a des difficultés qu’on n’avait pas avant, mais il faut composer avec. Trouver des solutions. Concernant les jeunes artistes qui émergent sur notre scène. Je les encourage. J’avoue que je suis un peu déconnectée ces derniers temps, mais si je devais avoir un message pour eux : ce serait persévérance et travail. Il n’y a pas de secret, pas de recette pour faire des clips et pour avoir de l’empathie avec le public. Quand on veut quelque chose, il faut se battre et travailler pour.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

On peut me souhaiter d’être toujours aussi déterminée, et de garder la santé surtout. Parce qu’une bonne santé permet de faire beaucoup de choses. La santé, la détermination, la motivation… chose que je ne suis prête de perdre mais on peut quand même me le souhaiter.

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