Voilà deux mois jour pour jour, Irma, l’ouragan majeur qui a frappé les Antilles en septembre dévastait Saint-Martin. Retour sur l’île, qui se relève, doucement mais sûrement de la catastrophe. Reportage.

Pour un dimanche, Marigot, chef-lieu de la partie française de Saint-Martin, est vivante. La rue est animée, quelques restaurants sont ouverts, on fait des grillades devant chez soi. Demain, lundi 6 novembre 2017, ce sera la rentrée officielle pour les enfants de Saint-Martin, dans les écoles remises en état. Mais pour l’heure c’est Carline, taxi-woman à Saint-Martin qui nous fait faire le tour de l’île dans son taxi, pour nous montrer l’évolution de l’île, deux mois après le passage d’Irma.

Le Taxi de Carline, à Saint-Martin – A. Ascensio

Alors qu’en septembre dernier, les collines étaient brunes, brûlées par les vents et le sel, elles sont aujourd’hui reverdies. Seuls les arbres arrachés et les palmiers décharnés témoignent, pour la végétation, de la catastrophe. « On pourrait croire que rien ne s’est passé », souligne Carline en pointant du doigt le Pic Paradis, le point culminant de l’île, qui darde son sommet vers les lagons entourant Saint-Martin.

Les collines de Saint-Martin reverdissent  – A. Ascensio

Pourtant, le territoire garde encore les stigmates d’Irma. Des montagnes de déchets encombrent encore les abords des routes. Certains tas sont triés : d’un côté les tôles des toits arrachés, de l’autre les déchets organiques. « Il reste encore du tri et du recyclage à faire », constate Carline, qui assure qu’une société de métropole est arrivée pour gérer les déchets, et autres gravats.

Des montagnes de tôles sont triées pour une meilleure gestion des déchets – A. Ascensio

En partie hollandaise

En suivant la route des Terres Basses, un quartier du bout de Saint-Martin, on arrive sur la partie hollandaise, frontière ouverte. Les hôtels du quartier, réputés pour leurs vues imprenables sur la mer, affichent des façades crevées et restent encore dans l’impossibilité de recevoir des touristes alors que la saison commence dans la zone Caraïbe. « Le cyclone n’a pas été sélectif, tout le monde a pris des coups », note Carline, en haussant les épaules. « Maintenant, ça ne sert à rien de s’apitoyer sur son sort il faut se relever et relever ses manches. »

Même scénario sur le terminal de croisière, à la physionomie encore bouleversée par les séquelles du cyclone. En passant à côté de l’aéroport international Princess Juliana, il est facile de distinguer les restes de l’inondation qui a chamboulé l’organisation du terminal, rouvert pourtant depuis le 28 octobre dernier. Côté lagon, des bateaux sont encore coulés au fond de l’eau, et seuls les mâts émergent de la mer. D’autres sont encore sur la quille en bord de route, emportés par les flots et les vents il y a deux mois.

Les bateaux sont encore échoués sur le rivage de Saint-Martin – A. Ascensio

Il faudra un moment, encore, avant que les touristes, dont certains courageux ne se sont pas démontés et bronzent sur une plage quasi-déserte, réintègrent les hôtels qui faisaient la réputation de l’accueil touristique de l’île. C’est aussi le cas sur la partie française, où les établissements hôteliers ont été pour beaucoup, détruits.

Mais, petit-à-petit, l’île se répare : les bars et les restaurants rouvrent, parfois un peu brinquebalants, sous bâches, mais la vie reprend pour les Saint-martinois, qu’il n’est pas rare de voir une bière dans une main, un marteau dans l’autre, affairés à rafistoler leur île par un dimanche ensoleillé.

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