La ville américaine de New York accueille du 19 au 22 octobre prochain la 5ème édition du Chelsea Film Festival*. Un festival de cinéma qui braque ses projecteurs sur des jeunes réalisateurs du monde entier. Une initiative née de la détermination et la passion d’Ingrid Jean-Baptiste.

« Faire du monde un endroit meilleur » (“Make The World A Better Place”). C’est le slogan du Chelsea Film Festival… et l’objectif dans le viseur de sa co-fondatrice Ingrid Jean-Baptiste. Pour la cinquième année consécutive, la ville de New York accueille du 19 au 22 octobre 2017 ce festival dont elle est commande, avec sa mère et associée, Sonia Jean-Baptiste. Cet évènement cinématographique place sous les feux des projecteurs des cinéastes du monde entier. L’occasion pour ces pépites du 7ème art de dévoiler leurs œuvres sur la scène internationale et aux spectateurs de découvrir les richesses de l’industrie cinématographique de certains pays et régions.

Ingrid Jean-Baptiste est originaire de la Martinique et du Pakistan. Elle est de nationalité française, a grandi entre Paris et Londres et posé ses valises aux États-Unis, il y a 9 ans. Depuis sa tendre enfance, elle a soif de découvrir le monde et a déjà visité plus de 100 pays à son actif.

Diplômée en journalisme à La Sorbonne, elle s’envole faire carrière Outre-Atlantique en Californie, durant l’année 2008. Deux ans plus tard, elle change de voie, plus attirée par les scripts que les colonnes de journaux. Elle s’installe à New York pour suivre une formation complète de théâtre et d’acting. En 2012, l’actrice en herbe est victime d’un grave accident de la route qui la tiendra éloignée des caméras. Mais la jeune femme ne baisse les bras. Ce sont les plateaux et les tapis rouges qui viendront à elle. Elle lance son propre festival de cinéma : le Chelsea Film Festival. En 2017, elle est lauréate des Trophées des Français de l’étranger.

Mediaphore : Bonjour Ingrid, avez-vous déjà repris le chemin des plateaux ?

Ingrid Jean-Baptiste : Oui, je suis toujours actrice. J’ai récemment joué dans des courts-métrages, mais j’ai très peu de temps en ce moment avec le festival qui approche. Mais dès que le Chelsea Film Festival sera terminé, je vais me remettre à l’acting.

Mediaphore : Alors d’où vous est venue l’idée de ce festival ? 

I.J-B : Elle s’est tenue à la suite de mon accident de voiture [un accident très grave dans lequel son pronostic vital était engagé, NDLR]. J’étais dans l’incapacité de me rendre à des auditions, de jouer. J’ai dû réfléchir à ce que j’allais faire ensuite… et j’ai toujours eu envie d’entreprendre. J’organisais déjà des évènements quand j’habitais encore à Paris.

Trois mois après mon accident, j’ai eu l’idée et un an après, on a lancé la première édition avec ma mère et associée Sonia (Jean-Baptiste, NDLR). L’idée c’était vraiment de mettre en avant les jeunes talents du monde entier, avec un aspect très sociétal et de faire découvrir un autre cinéma au public américain. Un cinéma qui vient d’ailleurs, des histoires qui viennent d’ailleurs. On a des films qui viennent du Costa Rica, on a des films qui viennent de Hong Kong. J’ai beaucoup voyagé et je trouve qu’on offre un autre regard aux spectateurs.

Mediaphore : Pouvez-vous nous parler du thème de cette année ?

I.J-B : Le thème de l’édition 2017 est le changement climatique. On a un grand forum qui s’appelle le Climate Change Day. C’est une journée consacrée à comment protéger la planète, pas de manière vraiment scientifique mais plutôt individualiste : comment changer notre consommation en termes alimentaire, en termes de mode ; comment réduire les déchets quand on est sur un plateau de film. On a différents panels avec des stylistes qui utilisent des matériaux spécifiques, des personnes qui établissent des chartes pour protéger l’environnement.

70% des festivals arrêtent leur production après la deuxième année à New York.

Le programme est très intéressant cette année, c’est la deuxième édition du programme « French Caribbean Movies ». Nous lançons notre premier programme dédié aux films israéliens. Ce sera également la première édition du « Women In Power » event. Il y a aura un panel avec des femmes remarquables comme Michelle Rodriguez (Fast & Furious, Avatar, Lost) et Dascha Polanco (Orange Is the New Black). Il y aura aussi un grand cours de vélo elliptique super dynamique dans les prémices du festival.

Mediaphore : Ça fait cinq ans que vous organisez le Chelsea Film Festival. Quels sont les changements que vous avez observés au fil des années ?  

I.J-B : Il y a eu énormément de changements, déjà en termes de financement. C’est certes plus facile, mais ça reste toujours un challenge, il faut toujours aller chercher les sponsors. L’argent ne tombe pas comme ça. On a un maintenant un nom, notre professionnalisme est reconnu dans le monde du cinéma. 70% des festivals arrêtent leur production après la deuxième année à New York. Nous, après cinq ans on a réussi à se faire une place. En concerne la programmation, le changement est beaucoup plus divers. Maintenant on fait des programmes parce que les spectateurs veulent savoir d’où viennent nos films. Cette année, on compte 90 films de 26 pays différents.

Mediaphore : Et comment souhaiteriez-vous qu’il évolue ? Par exemple, créer une « franchise » en France…

I.J-B : On organise déjà des évènements en France. On a organisé un événement avec une marque de champagne à Paris, durant les fêtes l’an dernier. On a l’intention de mettre en place d’autres événements dans d’autres états et dans d’autres pays et régions comme les Antilles. On a déjà reçu plusieurs propositions, mais on avait déjà prévu des choses, de voyager.

Mediaphore : Est-ce que vous accompagnez les lauréats après le festival ?   

I.J-B : Oui ! On a créé une communauté Chelsea Film, on a également un groupe sur Facebook qui rassemble tous les anciens (les alumnis). On les suit, on peut lors donner des contacts. Il y a vraiment un accompagnement après le festival. Et certains participants avaient déjà présenté une œuvre lors des éditions précédentes.

Mediaphore : Il y a de plus en plus de jeunes réalisateurs de la Caraïbe et l’Océan indien qui s’illustrent sur la scène internationale. Est-ce que vous ressentez ce bouillonnement créatif ?

I.J-B : Il y a vraiment un renouveau. Avec les moyens de communication qu’on a aujourd’hui, il n’y a pas de décalage avec la production américaine. Les réalisateurs sont plus gérés, plus en avance par rapport à d’autres en Hexagone. On voit qu’avec la proximité avec le continent américain, l’inspiration est vraiment présente. Et puis les histoires, elles sont vraiment complètes. C’est un cinéma qu’on ne voit pas ailleurs. Ça raconte les histoires antillaises et parfois non. Parmi les productions qu’on a reçues, il y a un côté américain, et ce n’est pas négatif.

Mediaphore : Vous vous rendez dans d’autres événements cinématographiques au cours de l’année ?

I.J-B : Oui en janvier, on se rend au Festival du film de Sundance. En février, j’étais au festival de courts-métrages Antilles-Guyane, le Prix de Court, en Martinique. En avril, nous étions avec le réalisateur martiniquais Nicolas Polixene, un de nos anciens lauréats, au NAB Show à Las Vegas. En mai, on se rend au Festival de Cannes en France. Toute l’année, on essaie de se déplacer et de se rendre dans des festivals qui sont importants pour nous, pour voir ce qui se fait de nouveau.

The Co-Founders attending China Night at #Cannes2017

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*Mediaphore est partenaire du Chelsea Film Festival.

 

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