Le Chelsea Film Festival prend ses quartiers dès aujourd’hui dans la ville de New York, aux États-Unis. Le festival cinématographique, qui met en lumière des jeunes réalisateurs du monde entier, présentera vendredi 20 octobre 2017 une sélection de films caribéens francophones, en lice pour le prix du meilleur court métrage. 

Pour la cinquième année consécutive, la ville de New York accueille du 19 au 22 octobre 2017 le Chelsea Film Festival. L’événement cinématographique, co-fondé par Ingrid Jean-Baptiste et Sonia Jean-Baptiste, donne la voix et une exposition à des cinéastes du monde entier.

Pour cette édition 2017, 90 films de 26 pays différents seront projetés à travers la ville et en lice pour récolter une distinction au sein du festival de cinéma. Vendredi 20 octobre 2017, ce sont huit courts-métrages qui seront sous les projecteurs dans le cadre de la deuxième édition du programme « French Caribbean Movies« . Ce volet est en partenariat avec Mediaphore, le ministère des Outre-mer et la Maison de la Martinique. En 2016, le réalisateur martiniquais Nicolas Polixene, figurant dans cette catégorie, avait remporté le prix du meilleur court-métrage pour son film “Papé”.

Bannière Chelsea Film Festival 2017

©ChelseaFilmFestival

Les courts métrages à découvrir :

« VÌRÉ » de Hugo Rousselin (19 min) – Genre : drame – Guadeloupe

L’histoire : Isaac (Julien Béramis), un jeune Guadeloupéen, ne parvient pas à faire le deuil de son frère Legba. Pendant une pêche en apnée, la vision d’un plongeur l’emmène aux frontières de l’inconscient, première exploration d’un ailleurs. Vìré, le parcours initiatique d’un homme renouant avec ses origines.

« J’ai voulu travailler le réel pour l’amener à quelque chose de poétique », détaille Julien Béramis à nos confrères du Parisien. L’acteur et chanteur est le personnage principal et scénariste de « Viré » (Retour en créole guadeloupéen), un court métrage tourné en Guadeloupe et réalisé par Hugo Rousselin. Une collaboration née après la première œuvre d’Hugo Rousselin, « Pays Rêvé Pays Réel », consacrée à l’œuvre poétique et philosophique du Martiniquais Édouard Glissant. « Viré » a déjà reçu plusieurs distinctions dont le prix du meilleur court-métrage au FEMI Guadeloupe, une Mention Spéciale du jury au Festival International de Contis. le prix du meilleur espoir au Prix de Court, festival de courts métrages Antilles-Guyane. La chaîne France Télévisions aurait déjà acheté l’œuvre.

 

« PLANE »  de Jonas Dinal (19 min) – Genre : drame – France

L’histoire : William (Jonas Dinal) encourt une longue peine de prison, suite à un crime qu’il a commis. En cavale depuis plusieurs mois, il décide de retourner chez son père (Michel Dupérial) veuf, policier et autoritaire, afin de rendre visite à Jimmy (Moussa Sylla), son jeune frère autiste, avec qui il entretient un lien fort. Il souhaite profiter de sa dernière journée d’homme libre avec lui. Les deux frères vont s’offrir une dernière virée.

 

Jonas Dinal est un passionné de cinéma. Avec « Plane », le comédien de profession ajoute à son arc les qualités et compétences de réalisateur et de scénariste. Une première qui l’a conduit à fouler les tapis rouges de plusieurs festivals et décrocher des prix comme celui du meilleur court métrage au Baltimore International Black Film Festival et au London Independent Film Awards, le grand prix du jury au Paris Art and Movie Awards, le meilleur scénario au Chelmsford Film Festival en Angleterre.

« SELF »  de C’drick Fremont et Lucas Sousseing (8 min) – Genre : drame – Guadeloupe

L’histoire : Un jeune homme erre dans son propre esprit, à la recherche de réponses à ses interrogations (pourquoi est-il toujours triste). À l’intérieur de cet espace en ruine qu’est son âme, il est pourchassé par une ombre, il entreprend alors de découvrir ce qui se cache derrière ce fantôme.

C’drick Fremont est un cinéaste guadeloupéen, âgé de 19 ans. Son court métrage « Self » a été projeté au Trinidad + Tobago Film Festival, au FEMI et au Festival Nouveaux Regards en Guadeloupe. En 2015, il a remporté le Prix de Court, festival de courts métrages Antilles-Guyane avec son premier film « Missing ».

« PASSAGERS (CROSSING AWAY) » de Nènèb Bépé et Christophe Agelan (22 min) – Genre : drame – Martinique

L’histoire : Depuis le crash du vol Martinique-Panama de 2005, Rigo, jeune martiniquais, est atteint d’un trouble d’anxiété verbale et s’évade ailleurs à la moindre contrariété. A l’occasion du dixième anniversaire du drame, il entreprend pourtant un voyage bien réel au musée Gauguin dans le nord de la Martinique. Sans savoir ce qui l’attend.

 

Nènèb Bépé et Christophe Agelan se retrouvent pour une nouvelle collaboration après leur court métrage « Chapeau bas, quoi ! » sorti en 2015. Dans « Passagers », le duo s’est entouré des jeunes acteurs Guillaume Rufin-Bayardin et Gloriah Bonheur pour revenir sur deux faits historiques liés à la Martinique : le crash du vol 708 de la West Caribbean entre le Panama et la Martinique dans lequel ont péri 160 personnes dont 152 Français, le 16 août 2005 ; et le passage en Martinique des peintres français Paul Gauguin et Charles Laval en 1887, après leur participation à la construction du Canal de Panama. « Il me semblait indispensable d’introduire, dans ce court métrage ancré dans les réalités martiniquaises, un véritable espace au verbe (à la parole libérée), à la couleur et à la danse, car ce sont trois ingrédients de la démarche thérapeutique entreprise en art thérapie », détaille Nènèb Bépé sur le site de touscoprod.

 

« THE SMELL OF DEATH: AN INTRUDER IN PARADISE » de Cariba Party (20 min) – Genre : documentaire – Martinique

L’histoire : Des radeaux d’algues sargasses, des kilomètres de large, envahissent les Caraïbes depuis 2011. Les résidents près des plages sont exposés à un danger pernicieux, disent les scientifiques, à cause des fumées émises par les algues en décomposition. L’odeur chasse les touristes et l’économie touristique s’effondre. La pollution et le changement climatique semblent être la cause des invasions cycliques d’algues. Virginie Mark, habitante du Robert en Martinique, se débat avec sa santé, ses finances et sa psychologie. Depuis 2011, l’algue n’a jamais été enlevée devant sa maison, qui par le passé ressemblait à un paradis.

La journaliste et documentariste, Cariba Party dévoile en avant-première au Chelsea Film Festival son premier documentaire, consacré aux algues brunes sargasses. Un fléau odorant, sur lequel des experts tirent la sonnette d’alarme qui menace la santé et l’environnement de nombreuses îles de la Caraïbe dont la Martinique d’où la lauréate du prix du Club de la Presse de New York (catégorie documentaire vidéo pour le web) est originaire. Le film, tourné à la Pointe La Rose au Robert en Martinique, est produit par son frère Tayino Party.

Tayino Party, Ingrid Jean-Baptiste et Cariba Party

Tayino Party, Ingrid Jean-Baptiste et Cariba Party, à la cérémonie d’ouverture du Chelsea Film Festival le 19 octobre 2017. ©Mediaphore

 

« OÙ EST LE MÂLE ? (WHERE IS THE MALE ?) » de Teddy Albert (7 min) – Genre : comédie – Martinique

L’histoire : Persuadée qu’il lui est infidèle, Marina qui se sent trahie décide de suivre son compagnon au milieu de la nuit avec l’aide de sa meilleure amie.

 

Le réalisateur guadeloupéen établi en Martinique, Teddy Albert, dévoile son court-métrage en avant-première mondiale au Chelsea Film Festival. Documentariste pour Ushuaia, France Ô, il a réalisé ce court métrage dans le cadre du concours Chronofilm-Afro-fiction, qu’il a remporté. Particularité du concours : le tournage a eu lieu dans des conditions marathons (consignes données le vendredi 17 mars et remise le dimanche 19 mars et après un tirage au sort incluant un genre imposé : comédie dramatique; un thème imposé : Amour/Haine; et un personnage : activiste/ militant. ).

 

« LA TRAVERSÉE (THE CROSSING) » de Laurent Tanguy (19 min) – Genre : drame – Guadeloupe

L’histoire : Aurélie (Laurence Joseph) est une jeune femme de 30 ans qui habite en Guadeloupe. Un matin, alors qu’elle arrive à la plage du Gosier et qu’elle s’apprête à se mettre à l’eau, un jeune homme, Lucas, l’aborde pour qu’ils fassent ensemble la traversée à la nage…

Auteur, scénariste et comédien, Laurent Tanguy présente son premier court métrage « La Traversée » en tant que réalisateur et auteur. Le Breton établi en Guadeloupe, passionné de théâtre, est connu aux Antilles dans son rôle dans la série télévisée (adaptée au théâtre) « Domino ». « La Traversée » a été sélectionné pour participer au FEMI Guadeloupe et a remporté le prix spécial du Jury au Prix de court, festival de courts métrages Antilles-Guyane.

« Fractures », le premier film d’Harry Roselmack

Le journaliste et producteur d’origine martiniquaise Harry Roselmack présente vendredi soir en avant-première mondiale son premier film « Fractures » (dans la catégorie long métrage, NDLR), écrit, réalisé et coproduit. Le long métrage de 85 minutes raconte l’histoire de Fariha (Alexandra Naoum), une escort-girl qui assume ses choix et Youssouf, converti à l’islam radical pour nourrir son vide intérieur et sa frustration. Ces deux Français, à la vision opposée du monde vont se retrouver coincés à la même soirée, avec deux motivations différentes (le travail pour la première, commettre une attaque pour le second).

À la tête de la société de production HTO Productions et présentateur de l’émission Sept à Huit, Harry Roselmack a travaillé sur plusieurs documentaires pour l’émission Reportages sur la chaîne TF1, un documentaire sur le judoka guadeloupéen Teddy Riner avec la société de production Black Dynamite.

 

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