Le syndrome FOMO ou nomophobie, symbolise la peur de rater quelque chose et un besoin irrépressible d’être constamment en relation avec les autres, d’être au courant des dernières actualités, d’être joignables à tout moment sur son téléphone portable.

Avec l’arrivée des téléphones portables dans notre quotidien, il est indéniable qu’aujourd’hui, le besoin de jeter un oeil à son téléphone, de vérifier si l’on a pas reçu un message, un email ou encore, un appel alors que le téléphone portable était sur le mode silence est devenu presque vital. Chez certaines personnes, ce besoin est devenu régulier voire obsessionnel. On dit de ces personnes qu’elles sont atteintes du syndrome FOMO, pour « Fear Of Missing Out », en français, cela signifie « la peur de rater quelque chose ».

FOMO est un acronyme choisi par les scientifiques pour symboliser ce que l’on appelle également la nomophobie soit la phobie liée à la peur excessive d’être séparé de son téléphone mobile. L’appellation provient d’une contraction de cette phrase : « no mobile-phone phobia » qui donne nomophobia, en français, nomophobie.

L’angoisse d’être coupé du monde

Ne vous est-il pas déjà arrivé de vous surprendre vous même à allumer votre téléphone, le vérifier alors que vous venez de le faire il y a quelques secondes voire 2/3 minutes avant, histoire de vérifier si aucun message n’est apparu sans que vous ne vous en rendiez pas compte ? Autre exemple, l’impossibilité de résister à la tentation de jeter un oeil à son écran de smartphone qui se serait subitement allumé ou aurait vibré alors que vous n’êtes pas à proximité. Une problématique qui pourrait être accentué par l’avènement des smartphones et des forfaits illimités.

Autant de gestes qui selon les scientifiques, symbolisent un stress lorsque nous n’avons pas notre téléphone portable à portée de mains ou encore, une anxiété lorsque notre téléphone est perdu, à court de batterie ou de crédit, ou qu’il n’y a pas de couverture réseau.

Le smartphone, source d’anxiété et de stress ?

En Angleterre, environ 58 % d’hommes et 48 % de femmes souffrent de nomophobie, et 9 % se sentent stressés lorsqu’ils n’ont pas leur téléphone portable. C’est ce qui ressort d’une étude menée par YouGov, une organisation de recherche basée au Royaume-Uni, mandatée en 2008 par la UK Post Office.

Cette étude révèle des chiffres particulièrement surprenants mais ô combien inquiétants. 55 % des personnes interrogées ont cité le fait de garder le contact avec leur famille ou leurs amis comme étant la principale raison pour laquelle ils sont anxieux sans leur téléphone portable.

L’étude montre par exemple, que le niveau de stress induit par les cas de nomophobie est comparable à celui du trac éprouvé lors du jour de son mariage ou à une consultation chez le dentiste. Selon une étude commandée en 2010 par le fabricant Nokia, les utilisateurs consulteraient leur smartphone 150 fois par jour, soit en moyenne toutes les 6 minutes et 30 secondes, au cours d’une journée de 16 heures.

Un risque pour les conducteurs

En France, les derniers chiffres sur l’utilisation du smartphone montrent l’attachement, mais aussi la dépendance à cet objet d’hyper-connectivité : chaque Français envoie en moyenne 156 SMS par semaine (contre 19 en 2009), selon la Sécurité routière.

Pour 38% des conducteurs, regarder son smartphone lorsqu’il émet un son (appel, SMS, alertes, mels) est un réflexe. Le pourcentage s’élève à 67% pour les moins de 35 ans.

Quand le marketing exploite la « nomophobie »

Les spécialistes du marketing vous diront que ce n’est rien de nouveau car il est bien connu que le marketing est connu pour s’appuyer sur nos sens, nos habitudes et mêmes nos peurs. Preuve en est avec le FOMO, utilisé par les professionnels du marketing comme un moyen efficace d’aboutir à une vente d’un produit car ils vous inciteraient à consommer en jouant sur la peur de rater quelque chose donc logiquement, vous pencher sur votre smartphone ou votre ordinateur pour déclencher chez vous un acte d’achat ou encore, d’abonnement.

« Partagez des offres spéciales ou des expériences exclusives que vos followers sur les médias sociaux ne pourront pas refuser. Faites-en quelque chose pour lequel ils vont ressentir le besoin de participer ou d’en prendre avantage, faute de quoi ils manqueraient quelque chose ! », explique Alisa Bartash, spécialiste du marketing.

Ainsi, les années 2000 et 2010 ont vu exploser les offres commerciales formulées sous la forme « après minuit il sera trop tard » ou « plus que 3 exemplaires disponibles » jouant sur l’urgence de l’offre, et le risque pour le consommateur de passer à côté. La rareté induite est généralement complètement artificielle, et, après une période d’indisponibilité plus ou moins courte, la même offre pourra ré-émerger afin de faire passer à l’action un nouveau lot de clients. Un ressort psychique bien maîtrisé et utilisé par de nombreuses firmes mondiales spécialisées dans la vente en ligne de vêtements ou privées.

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