La qualité de l’air respirée est un soucis majeur en Martinique et les martiniquais en ont bien conscience. Une récente étude réalisée par Madininair confirme que la pollution de l’air est le phénomène le plus préoccupant pour la population martiniquaise.

Ce 20 septembre, se tient la 3ème édition de la Journée Nationale de la Qualité de l’Air. Au delà de cette journée, le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire invite tous les acteurs de la qualité de l’air à se mobiliser lors de la semaine du 16 au 24 septembre afin de montrer les bonnes pratiques existantes pour améliorer notre qualité de l’air au quotidien.

A cette occasion, réalisons un focus sur une enquête intitulée « La qualité de l’air en Martinique et vous » menée du 29 mai au 21 juillet dernier, réalisée par Madininair. Grâce aux données collectées par l’association de surveillance de la qualité de l’air en Martinique, on apprend ainsi que 73% des martiniquais considèrent la pollution atmosphérique comme « très préoccupante » ou encore, que la qualité de l’air est perçue plutôt mauvaise voire très mauvaise en Martinique, à plus de 72%. En Martinique, l’air n’est pas le plus pollué dans le monde mais l’est suffisamment pour attirer l’attention des martiniquais.

La pollution de l’air contient plusieurs problématiques notamment d’ordre sanitaire puisque de nombreuses personnes en Martinique souffre de pathologies respiratoires. Selon l’étude, 8 martiniquais sur 10 estiment que la pollution atmosphérique a un impact fort à très fort sur leur santé (les allergies, l’asthme et les irritations des yeux et de la peau étant les symptômes les plus fréquemment cités). Dans le même temps, les martiniquais attendent particulièrement des actions dans le secteur des transports : 59% affirment ne jamais utiliser les transports en commun ; 71% se disent insatisfaits des prestations des transports en commun (principalement, en raison de l’organisation, des horaires et des attentes).

Les transports en Martinique, coupable numéro un ?

Lorsque l’on vit en Martinique, on réalise à quel point la pollution est importante notamment dans le zone centre aux abords des zones industrielles. Si en Martinique, les brumes de sable sahariennes sont une des principales sources d’émission, la pollution automobile et le dioxyde d’azote qu’elle dégage ne sont pas exempts de tous reproches. En Martinique, l’axe le plus impacté par la pollution automobile est la rocade. En effet, cet axe est le plus fréquenté du territoire, avec plus de 100 000 véhicules/jour. De plus, l’aménagement de la rocade, relativement encaissée par les monts et les bâtiments hauts, est défavorable à la dispersion des polluants.

Pour les martiniquais les principales sources de pollution de l’air sont les transports (44,7%) devant les brumes de sable (42,4%).

Les concentrations les plus élevées sont donc mesurées dans les communes qui enregistrent la densité de population la plus élevée et concentrent l’activité économique de la Martinique. Comprenez : Le Lamentin, Fort-de-France, Schoelcher ou encore, Le Robert. En effet, la fréquentation importante de ces communes est à l’origine d’un trafic dense et de nombreux ralentissements.

Les brumes de sable, l’ennemi (quasi) invisible

Autre facteur à prendre en considération, la présence quasi-permanente des brumes de sable au-dessus de la Martinique. Une problématique majeure qui impacte fortement la santé des martiniquais.

La Martinique est régulièrement touchée par le phénomène naturel de « brume de sable ». Les épisodes de brume de sable désertiques proviennent essentiellement du désert du Sahara. Ces brumes de sable véhiculent des particules fines qui, lorsqu’elles sont inhalées par l’homme, ont des conséquences sur sa santé. Lors d’un épisode de brume de sable, les concentrations de particules fines dans l’air augmentent sur l’ensemble du territoire martiniquais.

Les résultats complets de l’enquête menée par Madininair :

 

© Madininair

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