Un Musée de l’esclavage, de la traite et de ses abolitions sortira bientôt de terre à Paris. Le projet a été officialisé ce lundi par la mairie de Paris.

L’annonce de la création d’un musée de l’esclavage à Paris était particulièrement attendue notamment par le Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN), ses membres ont désormais le sourire puisque ce projet verra bien le jour. Sur proposition de Nicolas Bonnet-Oulaldj, Raphaëlle Primet et les élus du groupe communiste-front de gauche, le Conseil de Paris a donc émis le voeux que « le projet de création d’un Musée de l’esclavage, de la traite et de ses abolitions à Paris soit travaillé entre l’État, la Ville de Paris, les associations concernées et le Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage. »

Dans un communiqué, le président du Cran, Louis-Georges Tin a fait part de sa satisfaction. « Le Cran tient à remercier et à féliciter le groupe communiste-front de gauche, qui a proposé et fait voter ce voeu. En mars 2016, en effet, le Cran avait rassemblé plus de 150 associations pour demander réparation. Les deux premières revendications concernaient la fondation et le musée de l’esclavage. Le 10 mai 2016, François Hollande avait répondu à cette double demande et s’était engagé en ce sens. Le 10 mai 2017, il avait lancé la fondation pour la mémoire de l’esclavage (le président du Cran est d’ailleurs membre de son Conseil d’orientation, ndlr), mais jusqu’ici, le musée était resté en suspens. »

« Ce musée s’inscrit dans le cadre de notre campagne pour les réparations. Nous avons obtenu la Fondation, et maintenant le musée. C’est une victoire historique pour le Cran. Cette réparation est due non seulement aux descendants d’esclaves, mais à tous ceux qui croient à la liberté, et à la justice, a déclaré Louis-Georges Tin. […] Il n’y a pas de grandeur sans conscience de ses fautes. C’est pourquoi nous le disons, la réparation est en marche, et c’est une bonne nouvelle pour la France », a conclu le président du Cran.

© Edhral / Wikipedia

Par ailleurs, dans la foulée de cette annonce historique, le Conseil de Paris a décidé que l’enseigne « Au Nègre Joyeux », ultime vestige d’une ancienne chocolaterie parisienne et rappel des « crimes de l’esclavage » doit quitter sa façade du Ve arrondissement. Au coeur de multiples polémiques, cette peinture sur toile représentant un Noir debout, serviteur ou esclave, et une Blanche de la haute société sera décrochée du 14 rue Mouffetard puis restaurée avant d’être exposée au musée de la ville de Paris.

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