Nous poursuivons notre focus sur une discipline sportive en Outre-mer avec la gymnastique en Martinique. Sur l’île, le vivier est intéressant et prometteur. La gymnastique, une discipline encore discrète que la Présidente du Comité Régional de Gymnastique de Martinique tend à mettre en lumière. Rencontre avec Lucienne Charles, Présidente du CREGYM.

Mediaphore : Avant d’en apprendre plus sur vous, pouvez-vous nous parler du CREGYM. Qu’est-ce donc ?

Le CREGYM est l’organisme représentatif de la Fédération Française de Gymnastique en Martinique et assure la liaison officielle entre celle-ci et les associations affiliées. Le Président régional est le représentant officiellement mandaté par le comité régional pour toutes les actions relevant de sa compétence sur le territoire de son comité et il participe au moins une fois par an à une réunion nationale.

Le comité régional a pour objectif l’accès de tous à la pratique des activités physiques et sportives. Il s’interdit toute discrimination. Il veille au respect de ces principes par ses membres, ainsi qu’au respect de la charte d’éthique et de déontologie de la Fédération Française de Gymnastique.

Mediaphore : Que pouvez-vous nous dire sur le CREGYM ?

Le CREGYM est affilié à la Fédération Française de gymnastique. Elle est son représentant  sur le territoire martiniquais. Le CREGYM c’est : 18 clubs affiliés sur l’ensemble du territoire, 1356 licenciés : meilleurs score depuis sa création avec 34% d’augmentation des licencies pour la saison 2016-2017, 4 salariés jusqu’en juin 2017 et 3 salariés cette saison. A venir, l’ouverture de trois nouveaux clubs : Melting sport à Sainte-Luce, Bel Gym à Bellefontaine et Kreyol gym à Fort-de-France et la réouverture de la section gymnastique de la Gauloise de trinité et de l’UGS de Rivière Salée.

Le CREGYM a mis en place le Pôle Outre-mer de gymnastique qui permet de développer la gymnastique de performance. Ce n’est pas un pôle espoir et les gymnastes ne figurent pas sur la liste ministérielle. Ce n’est pas non plus un pôle France qui pourrait permettre au gymnaste d’accéder au haut niveau. Le pole est amené à accueillir des gymnastes de différentes disciplines. À ce jour, seule la gymnastique féminine (GAF) y est représentée. Ces gymnastes peuvent intégrer un pôle France quand elles sont détectées. Les compétitions organisées par le CREGYM permettent aux gymnastes de participer aux compétitions nationales. L’aérobic, la Gymnastique Rythmique, la gymnastique féminine et la gymnastique masculine sont pour le moment les disciplines accédant aux compétitions nationales.

Mediaphore : Avant de devenir présidente du Comité Régional de Gymnastique de Martinique, avez-vous pratiqué cette discipline ?

J’ai eu une pratique scolaire de la gymnastique. Je me souviens que mon professeur de sport Monsieur Luc Cayrol souhaitait que je parte en France après le bac car j’avais de réelles aptitudes. Mais ce n’était pas à l’époque le projet de mes parents pour moi. J’ai toujours aimé le sport : j’ai commencé par le karaté, puis la natation. Et je pratique le sport-santé.

Mediaphore : Avant le CREGYM, aviez-vous déjà travaillé dans le domaine sportif ?

Mon implication dans le sport est bénévole. J’étais membre du conseil d’administration du club Tesla Gym avec  la précédente présidente. J’ai rejoint le comité directeur du CREGYM en 2012  en qualité de secrétaire générale.  Cela m’a permis de mieux comprendre le fonctionnement du CREGYM. En 2013, j’ai assuré l’intérim du poste de présidente puis cumulé les postes de secrétaire générale, vice-présidente et présidente suite au décès de cette dernière. Ce cumul de poste est dû au fait qu’il n’y avait pas de membres volontaires pour assurer ces fonctions administratives. Il était évident pour moi de m’engager ainsi pour nos clubs, nos bénévoles et nos partenaires. Il fallait maintenir les activités et préserver la confiance de nos partenaires. Professionnellement, je suis directrice d’établissement à l’ADAPEI.

Mediaphore : Vous avez donc proposé spontanément votre candidature ? 

Lorsqu’il a fallu réélire le nouveau comité directeur pour continuer le mandat en cours âpres le décès de la présidente, j’ai fait acte de candidature pour œuvrer au comité directeur mais pas comme présidente. L’insuffisante implication des membres du comité directeur que j’ai connu avec la précédente présidente et après son décès avaient motivé ma démarche. Les membres du nouveau comité directeur m’ont désigné pour être présidente ; en effet il manquait une voix lors du dépouillement des bulletins de vote pour le poste de président c’était le mien.

J’ai accepté la fonction de présidente à condition que les scénarios de défection vécus par l’ancienne présidente et moi même ne se reproduisent pas. Il y a eu une intention collective de s’impliquer d’avantage et d’être présents dans les instances. L’assemblée a accepté ce choix et m’a élu présidente. Ce fut le début d’une belle expérience humaine et sportive. J’y ai pris beaucoup de plaisir et m’y suis dévouée. Les résultats des deux ans témoignent du travail réalisé avec tout le monde. Malheureusement, chasser le naturel il revient au galop ; le désinvestissement d’un grand nombre a refait surface.

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