A la tête de le la sélection de la Martinique et de l’Aiglon du Lamentin, Jean-Marc Civault ne chôme pas. Après une dernière campagne convaincante en Gold Cup, le coach des Matininos s’est confié à Mediaphore.

Mediaphore : Pouvez-vous présenter ?

Jean-Marc Civault : Jean-Marc Civault, entraîneur actuel de l’Aiglon. Je ne vais pas revenir à mes débuts mais je dirai que les sept dernières années, je les ai passé au Club Franciscain. On a quand même tout gagné. On a fait ce qu’il fallait pour maintenir le club à son rang. Cette année, j’ai pleins de nouveaux challenges avec l’Aiglon du Lamentin avec lequel j’aimerai au moins essayer de tirer cette équipe vers le haut.

Mediaphore : À partir de quelle période, le football s’est invité dans votre quotidien ?

JMC : Très, très, très, très jeune ! J’ai eu la chance de connaître des gens, mes parents adoptifs au Carbet qui m’ont permis de pratiquer ce sport que j’aime beaucoup. C’est vraiment dès le plus jeune âge, époque où je faisais de l’athlétisme en même temps et il a fallu à un moment choisir, le football en l’occurence et ça a donné, le joueur que j’ai été et l’entraîneur que je suis aujourd’hui.

Mediaphore : Vous rêviez d’en faire votre activité professionnelle ou c’était un à côté ?

JMC : Le football était un loisir. A l’heure actuelle, c’est grâce au football que je suis ce que je suis.

Mediaphore : Vous évoluez depuis de nombreuses années dans le milieu et connaissez parfaitement bien le football local et régional. Quel regard portez-vous sur la discipline à ce jour ?

JMC : Le football est devenu, je ne dirai pas plus facile mais plus abordable. Ca manque d’amour du maillot. Au temps où je jouais, on défendait une couleur avec plaisir, on se battait pour cette couleur. Mais maintenant, on a l’impression que les jeunes d’aujourd’hui jouent au football parce que très souvent, ils ont des amis qui y jouent. Ils jouent pour le fun et imiter les footballeurs stars.  On oublie quand même qu’au football, pour pouvoir aimer le football, il faut avoir une identité. Par exemple, la couleur du club pour lequel on joue, la commune qu’on défend et très souvent, on a des jeunes qui cette année jouent dans un club, l’année d’après, il change de club. On ne peut pas avoir une identité.

Mediaphore : Vous êtes l’actuel sélectionneur de la Martinique. Quel regard portez-vous sur les jeunes qui prétendent à intégrer la sélection. L’avenir du football martiniquais est-il assuré ?

JMC : Le football martiniquais a un bon avenir parce que je me dis que ça fait quand même que depuis 2012, avec la sélection de la Martinique, on se qualifie pour les finales de la CONCACAF pour accéder à la Gold Cup. La sélection s’est élevée au plus haut niveau de la CONCACAF et de la Caraïbe. Avec le peu de moyens que l’on a, on arrive à se battre, à rivaliser.

Mediaphore : Lors de la dernière Gold Cup, la Martinique a fait plutôt bonne impression. Pensez-vous que vous démarrez un nouveau cycle ?

JMC : J’ai envie de dire oui mais je pense qu’il faudrait que nos cadres se forment un peu plus. On a constaté que lors de la Gold Cup, c’est là où on pêchait, c’est là qu’on devrait travailler le plus et on a pas cette mentalité là, ici.

Mediaphore : Quel serait votre souhait pour le football local dans les années à venir ?

JMC : Mon souhait serait que tous les clubs martiniquais comprennent qu’au football, il faut toujours un vainqueur et il ne faut pas pour autant que l’on devienne des ennemis. Il faudrait que l’on se rassemble, que l’on échange nos idées et permettre à la jeunesse de profiter de notre expérience, du vécu. Je crois que cette jeunesse n’attend que ça. Avoir des cadres capables de les amener plus haut afin qu’ils puissent rivaliser avec des équipes étrangères ou encore, en Coupe de France. Lorsque l’on rencontre une équipe métropolitaine, à chaque fois après le match on se rend compte que l’on avait le niveau mais on perd toujours. C’est là qu’il faut qu’on travaille pour nous permettre un jour de battre ces gens-là à n’importe quel moment.

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