Immergée dans la gymnastique depuis l’âge de 9 ans, Elsa Louis est aujourd’hui aux commandes de la sélection de Martinique de gymnastique qui brille à l’échelle nationale. Des performances qui cachent un travail de fond pas toujours aisé sur lequel la technicienne sportive régionale au Comité de Gymnastique de Martinique nous éclaire.

Mediaphore : Avant toute chose, pouvez-vous présenter ?

Elsa Louis : Bonjour, je suis technicienne sportive régionale au Comité de Gymnastique de Martinique. En gros, je conseille cette structure déconcentrée de la Fédération Française de Gymnastique dans le développement des différentes disciplines. D’autre part, je veille au bon fonctionnement du Pôle Outremer Gymnastique et en assure les entraînements en Gymnastique Artistique Féminine.

Mediaphore : Depuis quand pratiquez-vous la gymnastique ? Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours ?

Elsa Louis : J’ai débuté la gymnastique artistique féminine à l’âge de 9 ans. A mon retour en Martinique, de mes études de STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives), j’ai découvert la gymnastique aérobic que j’ai pratiquée également en compétition. J’ai commencé en donnant un coup de main au Comité Régional surtout au niveau chorégraphique sur la sélection de Martinique puis j’en ai eu la charge complètement en 2007. A partir de là, j’ai suivi un longue période de formation où j’ai passé des diplômes fédéraux mais également un Brevet d’Etat Activités Gymniques et un Diplôme d’Etat Performance Sportive.

Mediaphore : Qu’est-ce qui vous a poussé à entraîner les jeunes gymnastes ?

Elsa Louis : D’une part, la passion de la gymnastique qui a été très importante dans ma construction personnelle et l’encouragement de personnes de confiance comme Surtise Bernabe anciennement Présidente du Comité Régional et de Pierre Prunelet qui m’a proposée à ce poste.

Mediaphore : La Martinique comme d’autres DOM font face à un manque d’infrastructures sportives notamment pour la gymnastique pourtant la discipline obtient de bons résultats à l’échelle régionale et nationale, à l’image du dernier titre de champion de France décroché en juin dernier par les filles du « Kréyol Gym ». N’est-ce pas un peu frustrant ?

Elsa Louis : A l’heure actuelle, il y a une seule salle spécialisée sur le territoire pour l’entraînement de performance en gymnastique qui ne répond malheureusement pas à tous les besoins. Des clubs refusent des inscriptions par manque de lieu de pratique de proximité ou de matériel, on peut vraiment parler de frustration !

Mediaphore : Quel regard portez-vous aujourd’hui sur la gymnastique à l’échelle locale ou même régionale ? Que souhaiteriez-vous pour cette discipline ?

Elsa Louis : Après 10 ans, j’en tire aujourd’hui un bilan mitigé. Je m’efforce au niveau du Pôle d’apporter les meilleures conditions possibles pour que ces jeunes qui ont énormément de talent puissent réussir leur double projet sportif et scolaire. Le contexte est difficile par conséquent on constate de moins en moins de bénévoles et professionnels. La gymnastique est reconnue par une majorité de personnes comme un des sports de base, formateur pour toutes les autres activités physiques. J’espère donc que l’ensemble des acteurs trouveront des solutions pour permettre à nos jeunes de s’exprimer pleinement dans leur pratique.

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