(Episode 3/3) Alors que le TGVT vient de s’achever, nous élargissons la perspective et passons à une autre sorte de voile : le windsurf. A 23 ans, le jeune champion de planche à voile de Guadeloupe, mélange le sport de haut-niveau, les études et les ambitions d’un chef d’entreprise. Avec un seul but en tête : faire de sa passion, la planche à voile, sa vie et son métier.

Pas facile de cumuler une vie de jeune personne de 23 ans, un vie de sportif de haut niveau et une vie d’étudiant en école de commerce. Pourtant, c’est le chemin qu’a choisi Tristan Algret, un windsurfer (véliplanchiste) guadeloupéen, qui fait partie du Top 15 mondial, avec deux titres de champions en 2013 et 2014 chez les jeunes de moins de 22 ans.

©Aeroworx

« Je vise pour cette année le top 10« , explique le jeune homme, qui passait en fin d’année scolaire cette année son examen de master à l’ESC Montpellier. En section sport-études il cumule une semaine de cours à 3 semaines d’entraînement. « Entre les cours, les entrainements et les compétitions, je voyage beaucoup » affirme Tristan Algret. Et aussi pour les compétitions. Les étapes de la coupe du monde se déroulent en sept temps différents, allant des pays comme la Corée ou le Japon à l’Allemagne et au Danemark, en passant aussi par l’Espagne ou la Nouvelle-Calédonie.

Survivre plutôt qu’en vivre

Pour financer ses déplacements, son matériel, et les compétitions, il compte sur le développement qu’il fait pour les marques des équipementiers : il teste pour eux du matériel et rend un avis d’expert. Il cherche également de manière permanente des nouveaux sponsors. « Mon premier soutien, c’est l’entreprise de mon père, une mutuelle de Guadeloupe, qui me sponsorise« . A cela s’ajoutent les projets, qui mélangent, voire confondent sport et activité professionnelle. Avec des besoins évalués à 45 000 € pour les déplacements, les compétitions, le matériel, il lui faut être entrepreneur. « Pour l’instant, je survis, plutôt que de vivre de mon sport« , sourit-il, lucide.

Et le jeune homme en meurt d’envie. Avec son ami, Bruno Kancel, afficionado de la planche à voile aussi, ils veulent monter une entreprise d’événementiel autour du windsurf. L’un des premiers événements en date, c’était « L’aftersession » à la mi-juin, ils ont mis en relation, des anciens de la planche et des nouveaux jeunes pratiquant autour d’une seule passion : le windsurf.

Créer des champions

« Ce qu’on veut, c’est faire vivre le sport et créer l’événement autour du nautisme et plus particulièrement de la planche à voile évidemment ». Ils notent tous les deux que la terre de champions qu’est la Guadeloupe célèbre ses judokas, ses footballeurs mais pas ses athlètes du nautisme. « On aimerait aussi ramener tous les Guadeloupéens à la mer, à se tourner vers l’eau » souligne Bruno Kancel. D’ailleurs Tristan entend, sur la prochaine saison emmener avec lui dans ses déplacements et ses compétitions un des jeunes talents du windsurf Guadeloupéen pour le prendre sous son aile et lui donner le goût des championnats internationaux. « J’ai envie de créer des champions », sourit Tristan.

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Et les deux compères ont aussi une autre cause à défendre : l’environnement. « Sur les compétitions et dans les échéance smondiales, parfois les épreuves sont annulées pour cause de manque de vent. On se rend compte que les changements climatiques ont un impact sur l’évolution des vents« .

En attendant l’opération sensibilisation, le jeune homme continue de s’entraîner. Et vise l’entrée au top 10 mondial sur la saison voire la saison prochaine. Ou les suivantes. « Je ne lâcherai rien« .