Le gouvernement a dévoilé il y a quelques jours son plan d’action pour le tourisme. L’objectif ? Conserver le titre, de première destination touristique au monde. Une démarche ambitieuse à laquelle les Outre-mer, ne semblent pas avoir été associés. Explications.

Le plan d’action pour le tourisme annoncé mercredi dernier par le Premier ministre, Philippe Edouard s’axe sur six domaines prioritaires :

• La qualité de l’accueil et la sécurisation des sites constituant des facteurs essentiels de satisfaction et de fidélisation des touristes ;

• La structuration de l’offre touristique permettant d’attirer un nombre croissant de touristes internationaux ;

• Le soutien étatique en matière d’investissements, volet fondamental de la stratégie du Gouvernement ;

• La formation et l’emploi, domaines clés de la qualité de l’offre de services ;

• Le soutien à la numérisation et au partage d’information permettant de renforcer la compétitivité de la filière ;

• L’accès aux vacances pour le plus grand nombre.

Dans ce plan d’action, les Outre-mer ne sont que « très » peu cités par le gouvernement. Parmi les 11 mesures listées pour renforcer l’attractivité touristique de la France, il n’y a que la onzième qui concerne directement les Outre-mer. La seule, l’unique.

© Capture d’écran – Gouvernement.fr

Les régions ultramarines sont pourtant des destinations très attractives. Exemple en Martinique où les statistiques entre le 1er janvier et le 1er mai 2016 parlent d’elles-mêmes. En 2016 : 220 811 touristes de séjour (+11% vs 2015) ; 17 070 plaisanciers (+15,3%) ; 199 334 croisiéristes (+18,9%). En Guadeloupe, c’est 720 304 touristes, dont 486 000 touristes de séjours et 234.304 croisiéristes, qui viennent en moyenne (Chiffres de 2014).

Les professionnels du tourisme perplexe quant à l’avenir du tourisme dans les Antilles

Sur les réseaux sociaux, le PDG du groupe Karibea Hôtels présent en Guadeloupe et en Martinique, avait déjà attiré l’attention du Gouvernement sur l’importance d’inclure les Outre-mer dans ce plan d’action.

« Les problématiques touristiques des Outre-mer sont différentes. On ne peut pas mélanger les choses« , commente Olivier Roussellier, directeur de l’hôtel et spa Cap Est, ayant eu vent de ce plan d’action.

Véronique Bidault Des Chaumes, présidente de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) Martinique pense elle que « tous les points s’appliquent dans les DOM et devraient d’ailleurs être renforcés dans ces départements. »

La présidente de l’UMIH ne manque pas de citer les maux du tourisme en Martinique et dans les Antilles en passant : « Je suis arrivée en Martinique en 2010. Je vivais à Nice et j’ai vu la différence entre un salarié dans le tourisme en Martinique et dans le sud de la France. On a oublié de faire des formations pour ces salariés. Certains savent à peine parler anglais. Il y a peu de structures, peu de soutiens financiers malheureusement. Ce n’est que depuis 2014 que l’on commence à s’en inquiéter. C’est ce retard qui doit être accompagné et pour cela il nous faut de bonnes écoles pour avoir le même niveau d’information que la métropole. »

Dans ce plan d’action pour le tourisme, Véronique Bidault Des Chaumes pense que le Gouvernement va « nous (les acteurs du tourisme, NDLR) réunir et va tenir compte de nos sollicitations. Avec des ateliers notamment. »

En ce qui concerne la Martinique, Yann Monplaisir aurait convié à une réunion ce lundi 31 juillet, des professionnels du tourisme tels que Frantz Thodiard, Président du Directoire de la SAMAC ou encore Véronique Bidault Des Chaumes. Selon ces professionnels, cette rencontre aurait attrait au plan d’action pour le tourisme.

Une attractivité touristique en France…et en Outre-mer

Avec 83 millions de touristes internationaux accueillis en 2016, la France est la première destination touristique mondiale. Entre 2013 et 2014, la France est passée de la troisième à la quatrième place mondiale derrière les États-Unis, l’Espagne et la Chine. L’objectif du Gouvernement est d’obtenir un nombre d’arrivées touristiques de 100 millions de touristes internationaux à l’horizon 2020. Faire en sorte que les touristes restent plus longtemps, c’est le moyen trouvé par le gouvernement afin d’augmenter les recettes touristiques à 50 milliards d’euros en 2020 (40 milliards d’euros actuellement).

En 2015, l’objectif d’accueillir 100 millions de touristes en 2020 était également défini. Non atteint, le dessein est de nouveau d’actualité.

En ce qui concerne les statistiques servant à démontrer l’accroissement de touristes, les Outre-mer ne sont pas cités non plus : « Sur les cinq premiers mois de l’année, les arrivées sur Paris croissent de +8% et de 2% en régions, soit un total d’environ +7% pour l’ensemble du territoire hors outre-mer. »

Les départements ultramarins sont tout de même cités en termes d’emplois : « Atteindre ce double objectif permettrait de créer 300 000 emplois supplémentaires sur l’ensemble du territoire en métropole comme en outre-mer. » Et indirectement dans les différentes mesures annoncées tel que l’augmentation du nombre de contrats d’apprentissage dans le secteur du tourisme, en concertation avec les professionnels.