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Parler de l’histoire de l’industrie sucrière en Guadeloupe c’est inévitablement se concentrer sur l’usine Darboussier, emblématique unité sucrière au développement fulgurant durant la révolution industrielle où une main d’œuvre venue du monde entier constitue l’une des bases de la société contemporaine guadeloupéenne.

Du 1er juillet au septembre, se tient au Mémorial ACTe l’exposition « Darboussier, au coeur des migrations », qui revient sur l’histoire de l’usine sucrière emblématique de Pointe-à-Pitre. « Cette exposition permettra de revenir sur l’histoire post-esclavagiste de la Guadeloupe« , explique Pascal Martial, le président du Mémorial. Et notamment de raconter la constitution de la société contemporaine en Guadeloupe, faite de l’arrivée de milliers d’étrangers, comme main d’œuvre peu chère, venue remplacer la population servile après l’abolition de l’esclavage en 1848.

« Cette époque est celle des premières grandes migrations dans le monde et nous nous sommes posés la question de qui venait en Guadeloupe après 1848« , note Pascal Martial, indiquant que la période entre fin de l’esclavage et la départementalisation de la Guadeloupe en 1946, reste relativement méconnue. Un trou de mémoire que le Mémorial s’emploie à combler.

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A l’époque de cette période de révolution industrielle, les machines à vapeur viennent s’installer dans les usines en tout genre. L’industrie du sucre n’échappe pas à cette logique, notamment sous l’impulsion de Jean-François Cail, un industriel inventeur de machines en tout genre et de Ernest Souques, un usinier créole.

Ensemble, ils mettent au point une usine moderne, capable d’acheminer de mille manières la canne jusqu’aux installations de transformations, elles-mêmes modernisées. L’approvisionnement en matières premières venu du monde entier a facilité les flux de populations. En Guadeloupe, des Indiens, des Syriens, Libanais, Italiens, Madères, des gens du Cap-Vert, du Congo, du Gabon, de Chine, d’Indochine, Japon, Vietnam…. sont venus fournir leur force de travail à l’usine de Darboussier qui fermera 111 ans plus tard.

L’exposition revient donc sur l’origine de chaque population, sur leurs descendants. Elle parle à son public de ces grands mouvements migratoires, retrace le parcours des familles, au travers de portraits, d’interviews, de témoignages. L’exposition revient sur l’histoire de l’usine et de l’épopée de l’industrie sucrière en Guadeloupe grâce à ces histoires individuelles, issues de l’immigration.

Le voyage dans l’histoire fait circuler le visiteur entre panneaux informatifs, photos, écrans mais aussi d’œuvres d’arts allant de la série photo, réalisée dans les quartiers de l’ancienne usine, Darboussier, Carénage et Badlassous à l’exposition de statues créées avec des bandes de fer venues du cerclage des tonneaux venus de l’usine.

Durant toute la durée de l’exposition, des conférences émailleront quelques soirées au sujet de l’usine et de la mémoire du lieu, de ses réhabilitations et autour de l’immigration en Guadeloupe, qui ont construit sa société contemporaine.

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