Le Festival de Gwoka de Sainte-Anne en Guadeloupe a célébré ses 30 ans d’existence cette année. Un anniversaire placé sous le signe du développement, de la transmission et de l’éducation artistique de cette musique, culture et danse traditionnelle, classée au patrimoine mondial l’Unesco.

Du 10 au 16 juillet 2017, la ville de Sainte-Anne en Guadeloupe a vibré au son des tambours traditionnels, des chants des danses et traditions culturelles qui confère son caractère unique au gwoka. Cet élément clé de la culture guadeloupéenne tire son origine de la période esclavagiste – où à l’instar du blues dans les plantations américaines – il incarnait à la fois une célébration de la culture de la mère-patrie l’Afrique mais marquait aussi un acte de résistance. Il est ancré dans la tradition guadeloupéenne jusqu’à ce jour. Le tambour et les chants accompagnent les fêtes, les moments importants de la vie, mais aussi les actions militantes, les manifestations, etc…

Ses sept rythmes sont connus par l’ensemble des Guadeloupéens, chantés par les musiciens et écrits et racontés par les écrivains du cru, comme Ernest Pépin ou Simone Schwarz-Bart, et même les chroniqueurs d’antan, venus à l’époque de la colonisation comme le père Jean-Baptiste Labat.

©A. Ascensio

Un festival militant de la conservation de la culture

Depuis 30 ans, le festival de Sainte-Anne puise son âme dans l’acte militant, de la promotion des danses et musiques traditionnelles. « L’ancrage du Festival de Gwoka se trouve dans les idées et réflexions issues de la grande mobilisation culturelle qui a bouleversé la Guadeloupe dans les années 1970-1980. Avec ses thématiques culturelles il a été en 1988 l’un des points de départ d’une approche nouvelle de la résistance culturelle et notamment celle de la diffusion et de la promotion des danses et musiques traditionnelles en terme de développement culturel« , indiquait l’organisation du festival, dans un communiqué.

C’est le sauvetage du patrimoine culturel, entré en 2014 au patrimoine mondial immatériel de l’humanité de l’Unesco qui compte. « Plusieurs milliers de personnes pratiquent régulièrement le gwoka lors de soirées populaires de gwoka en plein air, où le cercle fonctionne comme un lieu de valorisation des talents individuels. La pratique et le savoir-faire liés à la fabrication des tambours ka se transmettent de façon informelle, dans le cercle familial et amical, mais aussi de plus en plus dans des ateliers formels et des écoles de danse et de musique traditionnelles« , détaille l’Organisation sur son site.

©A. Ascensio

Et justement, le festival a permis de faire valoir les actes de transmission, notamment le mercredi soir, pour le jour des enfants. Les jeunes gens adeptes du tambour tendu de peau de cabri sont venus démontrer leur talent et leur amour du gwoka, accompagnés par leurs familles et spectateurs. « Je viens chaque année, sourit Gisela en battant des main. Mais cette année mon petit fils est sur scène« . Elle montre du doigt un des enfants sur la scène. Pas de doute, la relève est assurée et la soirée, animée de chants et danses durera tard dans la nuit.

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