La compagnie aérienne XL Airways, présente en Guadeloupe depuis décembre 2012, vient d’annoncer la mise en place de nouvelles liaisons aériennes à destination des Antilles françaises, le retour de vols toute l’année depuis Paris et un partenariat avec un centre de formation. Une aubaine pour les Antilles françaises.

Les annonces pleuvaient ce vendredi matin au Spot, à Jarry, en Guadeloupe, constitué pour l’occasion, salle de conférence de presse. Réunies autour de la compagnie aérienne XL Airways, le comité du tourisme des Îles de Guadeloupe et le centre de formation « Caribbean Aviation Center of Excellence » (CACE) se sont réjouis des ambitions de la société de transport pour l’archipel.

Au premier rang des annonces faites par XL Airways, l’installation dès janvier 2018 de liaisons directes entre Pointe-à-Pitre et les villes de Marseille et Lyon avec un tarif de base de 490 € pour un aller-retour. Les raisons de ces ouvertures ? D’une part faciliter les trajets pour les « provinciaux », mais surtout « Connecter l’Europe aux Antilles », selon Laurent Magnin, PDG d’XL Airways, rappelant que les aéroports de Lyon et Marseille sont des aéroports internationaux donnant accès à nombre de destinations européennes.

Casquette à l’effigie de la compagnie vissée sur la tête, polo bleu marine, attitude décontractée, Laurent Magnin s’est fendu durant la présentation des ambitions de sa société, de conseils autour sa vision du tourisme. Entre les suggestions aux voyagistes de devenir des « assureurs de voyages » il propose aussi que « la Guadeloupe et même la Martinique doivent se vendre comme étant des départements européens », rappelant ainsi son objectif de développer le trafic en provenance des capitales régionales.

Accroître le trafic de passagers

Autre annonce du transporteur, la reprise de vols toute l’année dès le 23 mai depuis l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle où la compagnie est la seule française sur le marché des destinations antillaises, toutes les autres ayant placé leur point de départ à Orly. « Nous sommes partis l’année dernière, la faute à une concurrence trop forte, mais nous avons constaté qu’après notre départ, les prix ont augmentés chez les autres compagnies. Nous avons donc décidé de revenir avec des tarifs encore plus attractifs », indique Laurent Magnin, légèrement revanchard.

Un afflux de voyageurs pourrait ainsi se faire sur les Antilles françaises, à la grande satisfaction des organisations et entreprises touristiques. « L’objectif est d’amener un million de visiteurs d’ici à 2020 sur notre archipel », rappelle Louis Molinié, le président du Comité du Tourisme des Îles de Guadeloupe. Il se félicite d’une augmentation de la fréquentation de 20 % en 3 ans, un chiffre qui ne tient compte que du tourisme de séjour, et non les croisiéristes. « Il ne faut pas oublier que l’industrie touristique permet de créer des emploi et plus le dynamisme est fort, plus l’emploi, qui est une de nos priorités, s’améliore », rappelle Louis Molinié.

Former aux métiers de l’aviation

Et pour ce faire, la formation est essentielle. En Guadeloupe, le CACE forme des jeunes gens aux métiers de pilotage longs et moyens courriers ainsi qu’aux métiers de la maintenance aéronautique et bientôt, le président du CACE, Lucien Plaisance l’assure, aux métiers du personnel navigant commercial. « Dans les compagnies aériennes européennes, il y a un déficit de gens formés à ces emplois et une grande demande », précise-t-il.

Avec la compagnie XL-Airways, cet ancien pilote reconvertis dans la formation aux métiers inhérents à l’aéronautique, vient de signer une convention de partenariat visant à faciliter pour les étudiants, l’accès aux stages et à être accompagnés dans ce cadre là. Le CACE qui travaille déjà avec l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile entend montrer, selon les mots de son président « l’excellence caribéenne », à travers des jeunes talentueux.

« Les Domiens ne sont pas vraiment prépondérants dans les formations de ce type  note Laurent Magnin, PDG d’XL Airways. Par cette convention, nous voulons relancer cette bataille. »

Au CACE, les talents sont sélectionnés soigneusement : dossier, entretiens, seules 12 personnes par an sont admises à la formation au pilotage, et 22 dans celle de la maintenance et la mécanique aéronautique. « Nous préférons avoir de petites promos pour garder cette excellence que nous défendons », explique Lucien Plaisance. Les jeunes admis font leurs classes théoriques sur le campus de Saint-Claude et son logés à la cité universitaire. Pour les phases pratiques, ils partent en stage dans le sud-ouest de l’Hexagone, notamment à Toulouse, véritable pôle de l’aviation. Des deux promos déjà sorties des salles de formations du CACE, deux jeunes se sont distingués, selon le dirigeant du centre : « l’un vient d’accéder au poste de co-pilote d’un A380 [l’un des plus gros avions en circulation, ndlr] et l’autre vient de se diplômer en tant que pilote de chasse et pourra piloter un Rafale [avion de l’armée française, ndlr].».

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