Voilà maintenant plusieurs jours qu’un épais voile est posé au-dessus de l’arc antillais. Ce voile est en réalité constitué de particules fines en suspension dans l’air. Mais alors, d’où viennent-elles et comment impactent-elles notre quotidien ?

En ce moment, si vous ressentez quelques maux de gorge ou les yeux qui piquent, les brumes de sable de passage sur la zone Antilles y sont peut être pour quelque chose. Depuis près d’un mois, vous êtes nombreux, résidant en Guadeloupe comme en Martinique à vous plaindre de la présence de cet épais nuage constitué de particules fines. Si le phénomène se manifeste chaque année à la même période, il arrive qu’il soit parfois d’une intensité supérieure à la normale.

Ces épaisses brumes de sable proviennent de l’Afrique. Si l’appellation « brumes de sable » est la plus répandue, il reste que ces brumes épaisses sont en fait constituées de terre et d’argile en provenance de plusieurs pays (Mali, Mauritanie, Tchad ou encore, le sud du désert marocain), situés pour la plupart en Afrique de l’Ouest. Ainsi, le vent soulève puis propulse ces particules fines qui sont ensuite transportées par les alizés. Elles survolent ainsi l’Atlantique pour terminer leur course dans la zone Caraïbes et en Amérique du Nord.

© NOAA

Alerte rouge en Guadeloupe et en Martinique

Le phénomène naturel est d’une telle intensité que la procédure d’alerte a été activée depuis plusieurs jours en Guadeloupe et en Martinique. En Guadeloupe par exemple, ce jeudi 25 mai 2017, la concentration en particules fines PM10 dans l’air devrait dépasser les 50 μg/m3 en moyenne sur 24h, valeur correspondant au seuil d’information et de recommandation. Après plusieurs jours consécutifs de dépassement des seuils réglementaires et face à cette prévision, la procédure d’alerte est maintenue conformément à l’arrêté préfectoral relatif à la qualité de l’air.

Selon la Préfecture de Guadeloupe, « le seuil d’alerte correspond à un niveau de concentration de polluants dans l’atmosphère au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé humaine ou de dégradation de l’environnement justifiant l’intervention de mesures d’urgences. »

En Martinique, la brume de sable est la première source de pollution naturelle. Cette année, du fait de son intensité, le niveau de vigilance est élevé et les autorités sanitaires sont sur le qui-vive. Ce jeudi, l’indice ATMO qui permet de mesurer sur une échelle de 1 à 10, la qualité de l’air aux Antilles françaises sera de 8/10 en Martinique et 9/10 en Guadeloupe. Autant dire que les populations de ces deux territoires devront redoubler de vigilance, d’autant plus que le phénomène devrait encore durer.

Quelques recommandations précieuses :

Il est recommandé aux catégories de la population particulièrement vulnérables (femmes enceintes, nourrissons, personnes de plus de 65 ans, personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires, asthmatiques) d’éviter les déplacements sur les grands axes routiers et à leurs abords, aux périodes de pointe.

Les autorités sanitaires recommandent notamment aux enfants d’éviter la pratique de sports en extérieur et privilégier à l’intérieur des locaux les exercices physiques de faible ou moyenne. Chez les adolescents et les adultes, les exercices d’endurance à l’extérieur sont à proscrire.

Pour les personnes sensibles (personnes se reconnaissant comme sensibles lors des pics de pollution et/ou dont les symptômes apparaissent ou s’accroissent lors des pics) : adapter ou suspendre l’activité physique en fonction de la gêne ressentie, suivre les prescriptions médicales et ne pas hésiter à consulter un médecin en cas d’aggravation de l’état de santé.

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