Ce mercredi 10 mai 2017 se déroulait la cérémonie de la Journée nationale des mémoires de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions au Jardin du Luxembourg, présidée par le président de la République François Hollande. Le chef de l’Etat a annoncé la création d’une fondation pour la mémoire de l’esclavage en 2018.

Devoir de mémoires et jour d’hommage. Ce mercredi 10 mai, le chef de l’État était de nouveau aux côtés de son successeur, Emmanuel Macron à l’occasion de la cérémonie de la Journée nationale des mémoires de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions. De nombreux ministres, figures politiques et personnalités ont également assisté à la commémoration.

Après son dernier conseil des ministres, François Hollande – accompagné du président du Sénat, Gérard Larcher – s’est rendu au Jardin du Luxembourg et a déposé une gerbe au pied de la stèle commémorative avant de visiter l’exposition « Vie d’esclaves et parcours de résistance XVIème / XXIème siècle ».

Le président de la République a ensuite pris la parole et annoncé la création d’une fondation pour la mémoire de l’esclavage en 2018. « En 2012, je me souvenais des paroles d’Edouard Glissant pour qu’il y ait un jour une fondation pour la mémoire de l’esclavage, je suis fier que cette dernière cérémonie soit consacrée à honorer cette promesse de création de fondation. Cette fondation aura vocation à être un pont entre l’Europe, l’Amérique, l’Afrique & l’Océan indien. C’est le rôle de la France. » Un projet qu’il avait énoncé lors de la cérémonie du 10 mai 2016. Elle devrait être présidée par Jean-Marc Ayrault, une fois qu’il aura quitté ses fonctions de ministre des Affaires étrangères.

Création du GIP mission de la mémoire de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions

Le 3 mai dernier, François Hollande présidait au Palais de l’Elysée, la réunion de signature des statuts du Groupement d’intérêt public « Mission de la mémoire de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions », qui traduit la volonté du gouvernement de donner vie à la Fondation. Cette création met ainsi en œuvre la principale proposition du rapport que Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin, a remis le 8 mars dernier au Premier ministre sur cette question.

Ce GIP réunit l’Etat, représenté par le Premier ministre et neuf ministères, la Banque de France à travers l’institut d’émission des DOM, la Caisse des dépôts et consignations, le Conseil représentatif des Français d’outre-mer (CREFOM), l’Institut du Tout-Monde-Edouard Glissant, la Fondation Esclavage et Réconciliation et l’association « La Route des Abolitions ».

« Doté de moyens nouveaux apportés par l’Etat, le GIP fédèrera les acteurs de la mémoire de l’esclavage. Il mettra en œuvre des actions éducatives, culturelles, citoyennes sur ce sujet. » « Il travaillera avec la Ville de Paris à la création d’un monument et d’un lieu muséal dédiés dans la capitale à cette mémoire et à son héritage. Il se transformera en Fondation en 2018 », précise l’Elysée.

Pour mener à bien cette mission, Jean-Marc Ayrault a accepté de prendre la présidence du GIP à l’issue de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères. Il sera accompagné par cinq personnes qualifiées qui porteront avec lui cette ambition : Doudou Diene, diplomate, initiateur des projets de Routes Interculturelles de l’UNESCO, Olivier Laouchez, PDG d’un groupe de médias, Leïla Sy, réalisatrice, Françoise Verges, politologue, et Lionel Zinsou.