© Mediaphore

Il n’aura passé que vingt quatre heures en Guadeloupe mais il n’est pas venu les mains vides. Patrick Kanner, le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports avait dans ses bagages un « plan de développement des équipements sportifs en outre-mer » accompagné d’une enveloppe de 80 millions d’euros répartis sur quatre années. Que pourrait faire le sport ultramarin avec cette somme ? Notre rédaction a son avis sur la question.

A partir du 1er janvier 2017, le sport en Outre-mer pourra bénéficier d’un coup de pouce financier non négligeable, c’est l’Etat qui le dit par la voix de son ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner de passage récemment dans les DFA dans le cadre d’une visite officielle.

« 20 millions d’euros par an pendant 4 ans, donc 80 millions d’euros qui vont servir de levier pour des financements de la région mais aussi du département en Guadeloupe et dans les autres outre-mer », a -t-il expliqué.

Une enveloppe consistante qui tombe à point nommée pour le sport ultramarin confronté à diverses problématiques dont le manque flagrant d’équipements sportifs. « L’objectif est de remettre à niveau les équipements existants, en créer de nouveaux dans des structures sportives qui n’existent pas et voire même envisager demain de grands équipements sportifs structurants capables d’accueillir des événements nationaux et internationaux », a-t-il précisé, faisant référence à la Coupe Davis, jouée en mars à Baie-Mahault en Guadeloupe.

Une enveloppe conséquente mais pourquoi faire ?

Alors que le sport français peut se targuer de compter depuis des décennies en son sein des centaines de sportifs ultramarins de haut niveau, il sait surtout que ce vivier doit être bichonné afin qu’il puisse continuer à faire briller la nation. Football, judo, athlétisme, tennis, hand-ball, natation et on en passe, autant de disciplines dans lesquelles de nombreux sportifs ultramarins évoluent et pourtant, tous n’ont pas eu la tâche facile pour atteindre leurs objectifs.

En effet, prenons l’exemple du football, une discipline reine dans tous les Outre-mer et pourtant, les conditions dans lesquelles évoluent les joueurs et joueuses ne sont pas les meilleures. Terrain de football en piteux état, stades, vestiaires et équipements sportifs majoritairement vétustes, etc…Malgré cela, chaque année de nombreux jeunes quittent leur département respectif pour rejoindre les centres de formations en France métropolitaine, pour la plupart. Voilà par exemple, une première piste pour les collectivités.

Equiper certains DOM de centres de formation dignes de ce nom permettant aux jeunes de se préparer dans les meilleures conditions, une sorte d’anti-chambre avant d’intégrer un centre de formation en France métropolitaine, ne serait-il pas une priorité ? Un avant-goût du professionnalisme qui serait un atout majeur pour nos jeunes pousses qui débarquent bien souvent en France métropolitaine ou à l’étranger parfois perdus, avec des bases en moins ou encore, insuffisamment préparés physiquement.

La formation récurrente des techniciens toutes disciplines confondues pourrait bénéficier également d’un coup de pouce financier afin d’accompagner et préparer les jeunes sportifs ultramarins dans les meilleures conditions. Mieux former pour professionnaliser toutes les composantes d’une discipline sportive.

Les équipements sportifs, le point faible du sport en Outre-mer ?

Au-delà de structure à proprement parlé, il est évident que le sport en Outre-mer souffre aujourd’hui d’un manque d’équipements et infrastructures sportives de qualité. Entre la natation en quête de piscines dignes de ce nom, l’athlétisme à la recherche de pistes de qualité, le football qui espère des terrains en bon état, les communes des Outre-mer envieuses de fournir aux jeunes des installations sportives opérationnelles, il y a l’embarras du choix en terme de financement.

« J’espère que ces 20 millions feront des petits et qu’ils pourront peut-être devenir 40 grâce à l’action des régions et départements »

L’excellence passe également par les conditions dans lesquelles évoluent les sportifs au quotidien. Habituer les sportifs à évoluer dans de bonnes conditions seraient sûrement un plus afin qu’ils soient plus à l’aise une fois partie. Là où le bas-blesse c’est nos sportifs ultramarins arrivent à travailler et performer dans des conditions parfois difficiles, imaginez un instant le résultat si les futurs champions de demain, bénéficiaient d’installations sportives de qualité entourés de formateurs et formatrices encadrés et mieux soutenus financièrement.

Comme dirait l’un de nos collaborateurs, « des Lilian Thuram, des Teddy Riner ou des Gaël Monfils, on en sortirait tous les mois ! » A vous de faire votre idée sur cette hypothèse. En attendant, pour la répartition de cette enveloppe, financée à parts égales par le ministère du Sport et celui de l’Outre-mer, Patrick Kanner a également indiqué la prochaine « installation d’une conférence territoriale du sport, qui alliera l’Etat, les collectivités territoriales, le mouvement sportif et tous les partenaires qui ont envie de faire un diagnostic », afin de « faire partir des projets à partir des besoins ressentis à la base » sans « répartition arithmétique » entre les différents territoires.

« J’espère que ces 20 millions feront des petits et qu’ils pourront peut-être devenir 40 grâce à l’action des régions et départements », a déclaré le ministre. Les concernés savent désormais, ce qu’il leur reste à faire…

Articles similaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.