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Pour la première fois et grâce à une modélisation statistique, une étude soutenue par l’Agence Nationale de Recherche sur le Sida fournit une cartographie régionale de l’épidémie du VIH en France. Une fois de plus, les taux propres aux Antilles-Guyane restent élevés notamment en Guyane et en Guadeloupe.

Les résultats de cette étude ont été présentés lors de la 21ème Conférence internationale sur le SIDA (AIDS 2006) qui se tient à Durban (Afrique du Sud) du 18 au 22 juillet 2016. Elle permet d’estimer le nombre de nouvelles infections par le VIH, les délais entre infection et diagnostic du VIH et le nombre de personnes ignorant leur séropositivité pour le VIH, au niveau national et régional en France.

Un nombre de nouvelles infections qui ne diminue pas

Les estimations produites dans cette étude montrent que le nombre de nouvelles infections ne diminue pas en France. Sur les 7 100 nouvelles infections à VIH survenues en 2013, plus de 50% seraient survenues chez des personnes résidant dans trois régions :

  • Ile-de-France (IDF) : 42%,
  • Provence-Alpes-Côte-d’Azur (PACA) : 7%,
  • Rhône-Alpes : 6%.

Rapporté au nombre de personnes vivant dans chaque région, le nombre de nouvelles infections à VIH était le plus élevé en :

  • Guyane (18 pour 10 000),
  • Guadeloupe (7 pour 10 000),
  • IDF (4 pour 10 000)
  • Martinique (3 pour 10 000).

Le nombre de nouvelles infections serait en augmentation dans la région PACA alors qu’il restait stable en IDF.

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© ANRS

Une « épidémie cachée » qui se maintient selon l’ANRS

Le retard au diagnostic se traduit par l’existence et le maintien d’une « épidémie cachée », c’est-à-dire d’un nombre de personnes qui ignorent leur séropositivité. La répartition géographique des personnes ignorant leur séropositivité est similaire à la répartition géographique des nouvelles infections. Sur les 24 800 personnes ignorant leur séropositivité pour le VIH à la fin de l’année 2013, plus de 50% vivaient dans trois régions :

  • IDF (42%),
  • PACA (6%)
  • Rhône-Alpes (6%).

Rapporté au nombre de personnes vivant dans chaque région, le nombre de personnes ignorant leur séropositivité était le plus élevé en Guyane (66 pour 10 000 habitants), en Guadeloupe (27 pour 10 000), en Martinique (13 pour 10 000) et en IDF (9 pour 10 000).

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Deux populations principalement touchées aux Antilles-Guyane

En Guyane et en Guadeloupe, l’épidémie est principalement concentrée chez les femmes et hommes hétérosexuels nés en Amérique Latine ou en Haïti. En Ile-de-France, l’épidémie du VIH est concentrée chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) et les personnes hétérosexuelles, femmes et hommes, nées en Afrique sub-saharienne. En PACA, ces sont les HSH qui sont le plus touchés par le VIH, et l’augmentation du nombre de nouvelles infections dans cette région est essentiellement due à une augmentation du nombre de nouvelles infections chez les HSH résidant dans cette région. En Rhône-Alpes, ce sont les HSH et les femmes hétérosexuelles nées en Afrique subsaharienne qui sont le plus affectés par le VIH.

Cette étude met donc en évidence une répartition géographique de l’épidémie très hétérogène, mais également une épidémie concentrée dans certaines régions, avec plus de 50% des nouvelles infections du VIH et des personnes ignorant leur séropositivité regroupées dans trois régions de la métropole (IDF, PACA et Rhône-Alpes) et des taux très élevés dans les départements français d’Amérique (Guyane, Guadeloupe et Martinique). Cette forte concentration de l’épidémie dans un nombre réduit de régions donne l’opportunité d’intensifier les programmes de prévention et de dépistage dans ces régions pour avoir un impact significatif sur la transmission du VIH en France.

C’est la première fois, en France, mais également au niveau international, que sont produites des estimations au niveau local pour les trois principaux indicateurs épidémiologiques permettant de suivre la progression de l’épidémie et l’accès au diagnostic du VIH. Ces estimations vont permettre d’adapter les réponses aux besoins spécifiques de chaque région, et dans chaque région auprès des populations les plus touchées par le VIH, et par la suite d’évaluer l’impact de ces réponses sur l’épidémie du VIH.

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